Critiques en série #1 : entre horreur et thrillers horrifiques

Bonjour à toutes et à tous !

Je vous retrouve aujourd’hui avec un nouveau concept d’article qui ne sera probablement pas récurrent mais qui pourra se montrer de temps à autres. En effet, je ne vais pas vous parler d’un mais de cinq films que j’ai regardés dernièrement. Du coup, chaque critique sera moins développée que d’habitude mais je vais quand même tenter de vous donner le plus d’informations possibles.

Dans le cas présent, tous les films sont à classer dans le genre horreur, même si certains sont davantage du côté du thriller que de l’horreur. Je l’annonce tout de suite, aucun n’est destiné à faire peur et hormis deux-trois scènes de l’un d’entre eux (Haute Tension), aucun n’a la prétention d’être gore ou sanglant. Ainsi, pour les plus frileux en ce qui concerne les films d’horreur, vous n’avez rien à craindre si jamais l’un d’eux a attisé votre curiosité. Commençons donc, si vous le voulez bien, cette rétrospective.

« Haute Tension », film français réalisé par Alexandre Aja en 2003

Marie, une étudiante de vingt ans, se rend avec sa meilleure amie dans la ferme isolée appartenant aux parents de cette dernière. Cependant, la nuit de leur arrivée, un tueur pénètre dans la maison et massacre un à un chaque membre de la famille, exceptée la meilleure amie de Marie qu’il kidnappe. Cette dernière, qui est parvenue à rester inaperçue, va alors se lancer à sa poursuite pour tenter de la sauver.

N’étant pas un grand fan de cinéma français à la base, j’étais un peu réticent à l’idée de regarder ce film. Cependant, je dois avouer avoir été plutôt surpris dans le bon sens du terme. Malgré un jeu d’acteur assez peu convaincant de la part de Cécile de France, qui incarne Marie, il parvient à tirer son épingle du jeu grâce à son scénario. Alors que le synopsis paraît tout à fait banal, le rebondissement final complètement inattendu lui donne toute sa force et parvient à nous faire oublier, grâce à une explication logique, la frustration ressentie tout au long du visionnage face aux réactions incompréhensibles de Marie. Si le film ne restera pas dans les annales, il reste tout de même intéressant à regarder si jamais l’occasion se présente.

« Amityville : La Maison du Diable », film américain réalisé par Stuart Rosenberg en 1979

En novembre 1974, un jeune homme assassine toute sa famille dans une maison bourgeoise située à Amityville, dans la banlieue de New York. Lors du procès, il affirmera qu’il était possédé par une voix lui ayant demandé de le faire. Quelques temps plus tard, la famille Lutz décide de racheter la maison à un prix dérisoire malgré son histoire. Mais au fil des jours, elle va elle aussi être témoin de divers phénomènes paranormaux…

Adapté du célèbre roman éponyme de Jay Anson, lui-même tiré d’une histoire vraie, Amityville faisait partie des films que je voulais voir grâce à son excellente réputation. Cependant, il s’est révélé être une véritable déception. Plat et ennuyeux sont à mes yeux les adjectifs les plus adaptés pour le décrire. Pour cause, les phénomènes paranormaux brillent surtout par leur absence et reposent essentiellement sur le non-dit, ce qui empêche indéniablement d’adhérer à l’histoire. Sans oublier que cela nuit complètement à la fin du film qui apparaît comme étant complètement ridicule alors que s’il avait été bien réalisé, elle aurait eu le mérite d’être cohérente.

Est-ce que cela pourrait être dû au manque de moyens dont disposaient les cinéastes à l’époque ? J’en doute, surtout quand on voit que L’Exorciste de William Friedkin a bénéficié de véritables effets spéciaux alors qu’il est sorti en 1973, soit six ans plus tôt. Peut-être est-ce alors dû à un manque de budget. En tout cas, il vaut sans doute mieux se contenter de regarder directement le remake d’Andrew Douglas sorti en 2005 (que je n’ai pas vu), ou encore d’aller lire le livre, que la réputation précède.

« Rosemary’s Baby », film américain réalisé par Roman Polanski en 1968

Un jeune couple, Guy et Rosemary Woodhouse, emménage dans un vieil immeuble de Manhattan malgré sa sinistre réputation. Parmi leurs voisins se trouve un vieux couple, les Castevet, qui leur impose rapidement leur amitié et leurs services. Un jour, Rosemary tombe enceinte dans de mystérieuses conditions et voit son état de santé se dégrader. Elle commence alors à se méfier des Castevet, dont les attentions l’oppressent…

Parmi les cinq films, celui-ci est clairement celui qui n’a aucune prétention horrifique et qui se présente surtout comme un pur thriller malgré le fait qu’il soit souvent qualifié de film d’angoisse. S’il bénéficie d’un concept et d’un scénario plutôt intéressants, il souffre cependant de sa durée, 2h16, qui a tendance à faire traîner en longueur les événements par le biais de nombreuses scènes inutiles. Cependant, si on parvient à arriver jusqu’au bout (ce qui n’a pas dû être le cas de tout le monde), on se rend compte que l’histoire possède un certain intérêt et une part d’originalité assez inattendue. Dommage que le traitement et la mise en scène ne lui rendent pas forcément honneur.

« L’Exorcisme d’Anna Ecklund », film britannique réalisé par Andrew Jones en 2016

Un prêtre et un inspecteur du Vatican sont amenés à procéder à un exorcisme dans un couvent, où une femme possédée par un démon a été internée

Préparez vous, pour ce film là je ne vais pas passer par quatre chemins. En plus d’être doté d’un scénario complètement ridicule et sans le moindre intérêt, il bénéficie d’un jeu d’acteur affligeant qui vous placera dans une situation très délicate : vous ne saurez jamais si vous devez en rire ou en pleurer. Quoi que, vous en arriverez certainement à faire les deux devant certaines scènes, en particulier celles où il y a des cascades. Pour vous donner une petite idée, imaginez un enfant de trois ans en train d’apprendre à faire des galipettes et vous aurez un aperçu à peu près fidèle de leur allure. Histoire d’enfoncer un peu le clou, le film n’est pas non plus aidé par son doublage français qui est véritablement mauvais. Ajoutez à cela une bande originale complètement à côté de la plaque et une réalisation catastrophique, mélangez un peu, et vous vous retrouverez avec 1h20 d’ennui mortel. Pour résumer : fuyez, il n’y a rien à voir.

PS : Si jamais vous souhaitez tenter l’aventure tout de même, je peux vous proposer un petit jeu bien sympa à faire entre amis afin d’égayer votre séance cinéma. Préparez des boissons (attention, pour que ce jeu fonctionne il faut qu’elles soient alcoolisées, il est donc réservé aux personnes majeures) et lancez le film : dès que les mots « vermine » et « mécréant » sont prononcés, buvez une gorgée. Si jamais vous êtes venus en voiture, je tiens à vous prévenir tout de suite, vous ne pourrez pas repartir ! Prévoyez donc de dormir sur place ou d’appeler un taxi. Ou si jamais l’un de vos amis n’a pas été sage, punissez le en le désignant comme le Sam de la soirée, ça devrait le calmer pour la prochaine fois.

« L’Exorcisme d’Emily Rose », film américain réalisé par Scott Derrickson en 2005

Emily Rose, une jeune étudiante, quitte sa province pour aller étudier à l’université. Une nuit, alors qu’elle est seule dans sa chambre, elle devient la proie d’hallucinations et d’une rencontre surnaturelle qui la laissera épouvantée. Convaincue qu’elle est harcelée par des forces démoniaques, elle va peu à peu sombrer et être victime de symptômes de plus en plus spectaculaires. Perdue et terrifiée, elle demande au prête de sa paroisse, le père Richard Moore, de l’exorciser. Elle finira par y trouver la mort, ce qui vaudra au père Moore d’être accusé d’homicide par imprudence. Au cœur d’un procès qui va ébranler les convictions de tous et défendu par une avocate, Erin Bruner, qui ne croit pas au surnaturel, le père Moore ne cherche plus à être innocenté : il veut simplement que tout le monde sache ce qui est réellement arrivé à Emily…

Des cinq films mentionnés au cours de cet article, celui-ci est définitivement celui qui m’a le plus enthousiasmé grâce à l’originalité de son scénario. Comme vous pouvez le constater en lisant le synopsis, il ne s’agit pas d’un film de possession comme on a pu avoir l’habitude d’en voir depuis L’Exorciste : il ne donne pas à voir la descente aux enfers (littéralement) d’Emily Rose du long de ses 2h puisqu’au moment où il commence, elle est déjà morte et on sait donc comment son cauchemar s’est terminé. Sa particularité vient en fait du format adopté : il s’agit davantage d’un thriller policier agrémenté de légères touches horrifiques que qu’un film d’horreur à proprement parler.

En effet, tout au long du film, on assiste simplement au procès du père Moore, à l’image de nombreuses séries policières comme celles du producteur américain Dick Wolf (New York : Police Judiciaire et tous ses dérivés). Et nous, spectateurs, prenons la place du public présent à l’audience : on apprend l’histoire d’Emily Rose au fil des divers témoignages grâce à des flash-back. En soit, cela suffit déjà à rendre l’approche tout à fait accrocheuse dans le sens où, comme tout le monde, on sait comment l’histoire se termine mais on ne sait pas par quels moyens elle en est arrivée là. Notre curiosité va donc nous tenir en haleine jusqu’à la fin du film.

Mais en plus, là où il parvient à se démarquer des autres films traitant du thème de l’exorcisme, c’est qu’il ne se focalise pas uniquement sur le point de vue religieux puisqu’il évoque aussi celui des sceptiques. L’un étant représenté par la défense, l’autre par l’accusation, le format du procès va permettre aux deux points de vue de s’entremêler et de se détruire l’un l’autre jusqu’à réussir à nous faire douter, nous, spectateurs : faut-il absolument croire que les symptômes de la jeune femme ont une origine médicale ou doit-on penser qu’une part de spiritualité peut en être la cause ? Vous ne pourrez pas vous empêcher d’adhérer aux arguments des uns et des autres, que vous soyez croyants ou non. Cependant, ne vous attendez surtout pas à ce que le film tranche pour vous : grâce à sa fin parfaitement maîtrisée, il laisse le spectateur user de son libre arbitre le plus total.

En somme, même si j’avoue regretter un peu le manque de sensationnalisme durant les scènes de possession (comme je le disais, il n’y a absolument rien qui puisse choquer les âmes sensibles, sauf si un peu de contorsion vous fait vraiment peur), je ne peux que conseiller à tous les amateurs de policier de regarder ce film, d’autant plus si la thématique de la possession vous intéresse.

 

Voilà, cette rétrospective touche à sa fin. Si jamais vous avez de bons films d’horreur à me conseiller, n’hésitez surtout pas, je suis preneur. À bientôt pour un nouvel article !

7 réflexions sur “Critiques en série #1 : entre horreur et thrillers horrifiques

  1. Ca faisait un petit moment que je n’étais pas venue par ici ! Chouette concept d’article qui permet une belle vue d’ensemble. Ca fait trèèèès longtemps que je n’ai pas regardé de film d’horreur mais celui qui m’avait beaucoup marquée reste « Martyrs » de Pascal Laugier (bon le film est franco-canadien mais je me souviens qu’il ne m’avait pas laissée de marbre, ceci dit je n’étais pas bien grande ^^)

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    1. Merci ! 🙂 Je connais « Martyrs » je l’ai vu, plus jamais de ma vie je ne le regarderai haha ! Il est super bien réalisé mais franchement niveau psychologique il est très dur à regarder, on se sent vraiment pas bien après…

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  2. J’adore tous ces films mais encore plus Haute tension, que je conseille dès que je le peux. Ce film est juste une magnifique surprise et depuis je voue un culte à Alexandre Aja.

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    1. Je t’avoue que je ne me suis pas intéressé plus longuement à sa filmographie, mais si les autres sont de ce niveau là, pourquoi pas après tout ! Quelques films à me conseiller ? ☺️

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    2. Je te conseille grandement Horns, adaptation d’un roman de Joe Hill (je suis aussi fan de cet auteur. Des fois j’ai l’impression d’aimer tout le monde ^^). Sinon si tu aimes les films de série B il y a Piranhas 3D, hommage barré au cinéma de genre.

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