Crash Bandicoot N. Sane Trilogy : un petit plaisir rempli de nostalgie

Note : Bien qu’il s’agisse d’un remake, ce test tiendra également compte des jeux en eux-mêmes par-delà la refonte des graphismes et du gameplay.

 

Bonjour à toutes et à tous !

Au programme d’aujourd’hui : moment de nostalgie et bref retour en enfance pour un grand nombre d’entre nous avec ma critique de Crash Bandicoot N. Sane Trilogy. Tout gamer ayant commencé sa « carrière » avant les années 2000 a forcément déjà eu affaire à ce célèbre marsupial orange apparu dans nos consoles en 1996 grâce au studio américain Naughty Dog (également à l’origine des licences Jak and Daxter, Uncharted et The Last of Us). Jeu de plateforme conçu pour être le principal concurrent de Sonic, Mario et Rayman, Crash Bandicoot va connaître un énorme succès à sa sortie sur Playstation 1 et reste encore à ce jour l’un des jeux les plus vendus de la console. Le premier opus comme ses nombreuses suites (qu’elles soient canoniques ou non) sont ainsi parvenus à séduire les petits et les grands pendant une longue période avant que la licence ne disparaisse de nos écrans.

Cependant, elle a fait son grand retour le 30 juin dernier grâce au studio américain Vicarious Visions qui a relevé le défi de faire un remake des trois premiers opus : Crash Bandicoot (1996), Crash Bandicoot 2 : Cortex Strikes Back (1997) et Crash Bandicoot 3 : Warped (1998). En effet, les développeurs ont fait le choix de nous offrir un véritable remake plutôt que de surfer sur la mode des remaster, ce qui signifie que le jeu a intégralement été recréé à partir d’un tout nouveau moteur. Du coup, nouveaux graphismes en haute résolution, cinématiques et bande son remastérisées et nouveau doublage sont à la clé. Plus encore, ils ont été jusqu’à reproduire presque à l’identique l’intégralité des trois jeux afin que les joueurs puissent vivre ou revivre l’aventure comme dans les années 1990. De quoi replonger dans cet univers de nombreuses heures pour notre plus grand plaisir !

 

UN BON COUP DE POLISH ET ÇA REPART

Commençons par le point le plus évident quand il s’agit d’un remake : les graphismes. Autant le dire tout de suite, Crash Bandicoot et le monde qui l’entoure n’ont jamais été aussi beaux qu’en 2017. Dites adieu aux énormes pixels des versions Playstation 1 qui vous arrachent les yeux tant elles ont mal vieilli. Désormais, chaque opus et chaque niveau bénéficient de nouvelles textures superbement retravaillées qui nous permettent de redécouvrir cet univers cartoon sous un tout nouveau jour. Et une chose est sûre, vingt ans après sa première apparition, il n’a absolument rien perdu de son charme et il continue de nous faire voyager à travers une très grande quantité de niveaux aux décors variés et au level design bien pensé, le tout avec des sensations identiques à celles de l’époque. Que ce soit en pleine forêt, entouré de lave ou de glace, sur l’océan ou dans ses profondeurs, dans un château sombre, dans une pyramide égyptienne, dans une usine industrielle ou dans bien d’autres environnements encore, le jeu brille par sa finesse et son sens du détail, y compris dans ses jeux de lumière ou dans ses nombreux effets. Cela se ressent également dans les cinématiques et dans les animations de Crash et de Coco dont le lifting a permis de donner un bon coup de jeune à l’ensemble. Même la bande son, qui est de très bonne facture soit dit en passant, y est passée et se révèle être bien plus agréable à l’oreille qu’elle ne pouvait l’être par le passé. Sans oublier la qualité du nouveau doublage qui évite de tomber dans la surenchère malgré le fait qu’il s’agisse d’un univers cartoon. Finalement, le seul reproche que l’on pourrait faire à cette réédition concerne les temps de chargement, qui sont bien trop nombreux et parfois assez longs. Si ce point là avait pu rester sur Playstation 1, on s’en serait bien mieux portés.

 

LE GAMEPLAY : UNE BONNE DOSE DE FUN AVEC BEAUCOUP DE RAGE

Crash Bandicoot étant un jeu de plateforme, on sait déjà à quoi s’attendre lorsque l’on pose ses mains dessus : agilité et de nombreux défis sont forcément à la clé. La plupart du temps, cela se traduira par beaucoup d’amusement grâce à une flopée de niveaux au level design bien pensé et parfois original. Il apparaît d’ailleurs très clairement que bien que la formule ne soit plus vraiment d’actualité aujourd’hui, elle n’a rien perdu de sa force et se montre toujours aussi efficace. Cependant, sans surprise, ce point sera également responsable d’un grand nombre de crises de nerfs, et le gameplay y sera souvent pour quelque chose. En effet, malgré le fait qu’il soit identique à celui de l’époque et qu’il soit en apparence facile à prendre en main, il montre rapidement ses faiblesses lorsqu’on en arrive aux niveaux nécessitant à la fois agilité et rapidité. Que ce soit à cause du manque de réactivité du marsupial, des nombreux problèmes de collision, de l’imprécision de certains sauts à cause de mauvais plans de caméra et d’une (fausse) 3D rendant l’évaluation des distances difficile, d’une hitbox plus que douteuse ou encore de la maniabilité souvent calamiteuse des véhicules, vous n’en finirez plus d’insulter ce pauvre Crash de tous les noms. Surtout si vous cherchez à platiner les jeux, ce qui vous contraindra à faire chacun des niveaux en contre-la-montre. Sans compter que Vicarious Visions a affirmé avoir rendu les jeux plus difficiles, nouveauté dont on se serait parfois bien passés. Cela se traduit notamment par l’arrondissement des bords des plateformes, ce qui implique que Crash en glissera automatiquement pour peu que vous en soyez trop près. D’autant plus qu’il apparaît clairement qu’ils ont réduit la proportion de certaines plateformes, ce qui oblige à avoir un timing parfait et à faire des sauts de manière beaucoup plus millimétrée. À ce propos, le premier opus est sans aucun doute le pire des trois tant sa difficulté est parfois surdosée, encore plus sachant qu’il est extrêmement punitif car les checkpoints sont parfois très mal placés voire pas assez nombreux. Heureusement, Cortex Strikes Back corrige légèrement le tir tandis que Warped se révèle être le plus facile des trois et peut aisément se faire sans voir apparaître une seule fois l’écran de « game over ».

 

LE HÉROS, LE MÉCHANT ET LES LARBINS

C’est un fait avéré, le scénario n’est généralement pas un élément essentiel dans les jeux de plateforme et sert généralement de prétexte pour introduire et justifier le gameplay, sur lequel repose l’intégralité de l’intérêt du jeu. Les Crash Bandicoot n’échappent bien évidemment pas à la règle mais ils ont le mérite d’établir une narration continue plutôt que de reposer sur la formule : un jeu = un scénario indépendant. Ainsi, on apprend dans le premier opus que Crash et Coco sont le résultat d’une expérience menée par deux docteurs, Neo Cortex et Nitrus Brio, d’où le fait que ce soit des marsupiaux anthropomorphes. Après avoir réussi à leur échapper, Crash va alors devoir traverser la totalité des niveaux pour stopper la quête de domination du monde de ses deux créateurs, tout en se débarrassant de certains boss qui lui sont envoyés pour l’arrêter. Suite à sa défaite, Cortex revient vers lui dans le deuxième opus afin de lui demander de l’aide. Il affirme avoir changé et vouloir sauver le monde, menacé de destruction par l’alignement des planètes. Pour cela, il lui demande de récupérer un certain nombre de cristaux. Nitrius Brio, quant à lui, tente de le convaincre de récupérer des gemmes dans le même but. En parallèle, Cortex nous demande également de combattre ses anciens collaborateurs qui cherchent à l’arrêter pour que la planète soit détruite. Mais univers cartoon oblige, on se doute bien que tout cela n’est qu’un vaste piège mis en place par le grand méchant de l’histoire. Cependant, ce Cortex Strikes Back se démarque du premier opus grâce à sa narration plus présente, davantage maîtrisée et plutôt bien mise en scène. Enfin, dans Warped, Cortex est rejoint par l’entité maléfique Uka Uka, libérée suite à l’effondrement des ruines de la station spatiale Cortex Vortex sur Terre. Accompagnés du docteur Nefarious Tropy et de nombreux autres boss, ils cherchent encore une fois à récupérer des cristaux et des gemmes pour pouvoir dominer le monde, à la différence cette fois-ci qu’ils doivent être récupérés à différentes époques, allant de la préhistoire au futur, en passant par le Moyen-Âge, l’Égypte antique ou l’Atlantide. Ce sont donc des scénarios tout ce qu’il y a de plus banal mais qui offrent néanmoins un univers travaillé et dans l’ensemble maîtrisé, ce qui est amplement suffisant pour un jeu de cette trempe.

 

TROIS JEUX UN PEU TROP SIMILAIRES ?

En revanche, ces derniers semblent être à l’origine d’un point assez regrettable, bien qu’il n’entache en rien le plaisir de jouer : on se retrouve avec une certaine répétitivité et un certain manque d’innovation d’un opus à l’autre, en particulier entre Crash Bandicoot et Crash Bandicoot 2 : Cortex Strikes Back, qui se repose beaucoup sur les acquis de son aîné. Pour cause, si chaque jeu est composé d’un grand nombre de niveaux aux environnements variés et, pour certains, au concept original (les niveaux de boss étant ceux les plus originaux en terme de mise en scène), on a souvent affaire à un level design relativement similaire ne laissant que peu de place à la nouveauté et ainsi à la surprise. Pour cela, il faudra attendre Crash Bandicoot 3 : Warped, dont le scénario permet d’apporter son lot de nouveauté du côté des environnements mais qui a également le mérite d’introduire de nouvelles particularités au gameplay. En effet, après chaque combat de boss, Crash débloque une nouvelle capacité à utiliser pour parcourir les niveaux, ce qui contribue à apporter des défis supplémentaires lors du parcours des mondes suivants : un tourbillon prolongé, le double saut, une rapidité accrue ou encore la possibilité d’avoir une arme sont autant d’ajouts qui permettent de renouveler quelque peu l’expérience de jeu. On regrettera également que Naughty Dog n’ait pas opté pour la formule associant un univers particulier à un monde en mélangeant tous les types de niveaux d’un monde à l’autre dans le sens où cela contribue un peu à casser l’immersion et la cohésion du jeu, en particulier dans le dernier opus. Plutôt que de mettre un cristal par niveau, peut-être aurait-il été préférable d’en mettre un par monde et de faire un univers qui aurait été évolutif au fur et à mesure de l’avancement dans chaque niveau.

 

C’est donc avec beaucoup de nostalgie et de plaisir qu’on se replonge dans l’univers de Crash Bandicoot, qui semble n’avoir pris aucune ride sous la lumière d’un remake de grande qualité. Malgré ses quelques imperfections, il reste aujourd’hui encore l’un des maîtres des jeux de plateforme et nous rappelle avec émotion une époque où nous étions nombreux à être enfants (ou jeunes pour certains) et où les jeux vidéo commençaient enfin à se démocratiser. L’occasion pour tous les joueurs de faire un bilan du chemin effectué depuis et de constater que même les jeux les plus anciens parviennent toujours à nous procurer autant de plaisir que lorsqu’ils sont sortis.

Publicités

6 réflexions sur “Crash Bandicoot N. Sane Trilogy : un petit plaisir rempli de nostalgie

  1. Très bon article ! Cependant, j’ai une petite question pour toi. Ne possédant pas de PS1 à l’époque (j’étais dans la team N64), conseillerai tu le jeu à quelqu’un n’ayant jamais touché cette franchise et ne possédant donc pas l’effet nostalgique liée à celle-ci ? 🙂

    J'aime

    1. Merci ! ☺️ Et oui, je ne peux que te le conseiller quand même, ça n’empêche pas qu’aujourd’hui encore ça reste un jeu très fun à faire et à découvrir. Même si je parle de nostalgie, il faut savoir que dans le fond je n’avais que très peu de souvenirs des trois jeux, voire presque aucun en fait. J’avais seulement dû jouer au 1 et au 2 et sans les faire en entier. Donc tu peux y aller les yeux fermés quand même ! 😉

      J'aime

  2. Au début, je n’étais pas trop tentée, et puis, après avoir vu des vidéos, j’aurais presque envie de sauter le pas. Peut-être par nostalgie…
    J’aimais énormément Crash Bandicoot, même si je n’ai pas fait tous les jeux à l’époque. En fait, je n’ai fait que le 3 (que j’adorais pour la diversité de ses mondes). Et puis, plus tard, on m’a fait tester certains niveaux du 1 et du 2 (mais je préférais forcément le 3 😛 ).
    Sauf que dans tout ça, je trouve que la difficulté a l’air atroce (et je me souviens que je galérais déjà sur certains passages du 3). Du coup, le côté « recommencer 20 fois d’affilé un passage » pourrait vraiment me gonfler royalement (pourtant, je suis très patiente en vrai 😛 ).

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai que le 3 est en général le plus apprécié dans le sens où c’est le plus diversifié et surtout le moins difficile, donc celui sur lequel on se prend le moins la tête. Après honnêtement je te conseille de sauter le pas si tu en as l’occasion, même s’il est vrai que certains niveaux sont assez difficiles (surtout dans le 1, c’est le pire à ce niveau là, c’est pour ça que c’est le seul que je n’ai pas cherché à platiner…), tu te rendras compte que c’est moins difficile que dans tes souvenirs parce que tu as dû évoluer depuis ☺️ Et puis tu pourras toujours faire comme moi : privilégier les sessions courtes pour éviter de faire un craquage nerveux sur les niveaux les plus difficiles haha !

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s