Jak and Daxter : The Precursor Legacy, un héritage vidéoludique décevant

Bonjour à toutes et à tous !

Au programme du jour : un peu de retro gaming. En effet, la critique portera sur Jak and Daxter : The Precursor Legacy, un autre jeu de Naughty Dog sorti en 2001 qui a été offert à tous les joueurs ayant précommandé Uncharted : The Lost Legacy (lire ma critique). Jeu d’action-aventure et de plateformes situé dans la lignée de Crash Bandicoot, la licence Jak and Daxter est considérée comme l’une des licences phares du catalogue du studio américain. Personnellement, je ne l’avais jamais approchée de près ou de loin et me faisais donc une joie de découvrir cette saga que je ne connaissais que de nom et de réputation. Malheureusement, il semblerait que l’héritage du précurseur ait beaucoup moins de choses à offrir que l’héritage perdu après lequel on court dans le dernier opus d’Uncharted

 

UNE HISTOIRE ININTÉRESSANTE…

Jak and Daxter : The Precursor Legacy nous met aux commandes de Jak, un jeune garcon vivant dans le Village des Sables et passant la majeure partie de son temps avec son meilleur ami Daxter. Malgré les avertissements du sage du village, Samos Hagaï, les deux se rendent sur l’Île de la Brume, une île voisine réputée pour sa dangerosité. Après avoir assisté à un rassemblement de Lurkers, un groupe de monstre, ils tentent de s’échapper. Mais lors de leur fuite, Daxter tombe dans un puits rempli d’Éco noire, une sorte de mixture faisant de lui un beloutre, un petit animal mi-belette mi-loutre. De retour au village, Samos leur explique alors que le seul moyen d’inverser la malédiction est de trouver l’un des sages des villages voisins. Cependant, on apprend que les commandants des Lurkers, Gol et sa sœur Maïa, les ont tous kidnappés pour pouvoir mettre en place leur sombre dessein : déverser de l’Éco noire sur le monde entier. C’est là que commence le périple de nos deux héros, qui vont devoir traverser les villages et braver tous les dangers pour retrouver les sages kidnappés et stopper le plan machiavélique des Lurkers. Rien de nouveau sous le soleil donc puisque le scénario se contente de reprendre une formule déjà vue et revue. Le problème, en revanche, c’est qu’il occupe une place tellement secondaire qu’il en devient presque inexistant, ce qui ne rend pas vraiment justice à une histoire déjà extrêmement basique. De plus, le fait de se retrouver avec un Jak totalement muet et un Daxter des plus irritants tant sa personnalité tombe dans la surenchère ne fait que détourner davantage notre attention, qui se reporte alors essentiellement sur le gameplay.

 

…QUI MET L’ACCENT SUR UN GAMEPLAY TROP RÉPÉTITIF

Mais là encore, ce n’est pas vraiment tout rose. Si les premières heures de jeu sont sans aucun doute amusantes car accompagnées du plaisir de la découverte, cette tendance finit par s’inverser au fur et à mesure jusqu’à ne laisser place qu’à de l’ennui et de la lassitude, la faute à un gameplay qui dévoile rapidement ses limites et ses défauts. En effet, le jeu se découpe en plusieurs zones semi-ouvertes dans lesquelles le joueur doit explorer les environs afin de remplir certains objectifs, dont un en particulier : récupérer un nombre défini de piles pour que Keira Hagaï, la fille de Samos, puisse nous concocter un appareil suffisamment résistant pour pouvoir passer à la zone suivante. Pour cela, il faut alors récupérer un certain nombre d’orbes à échanger auprès des PNJ, remplir certains contrats ou encore surmonter le défi que représentent les phases de plateformes. Car malheureusement, la difficulté de ces dernières est fortement accrue par une jouabilité très capricieuse : manque de réactivité, refus de Jak de s’accrocher à l’endroit voulu, gestion des sauts et gestion de la caméra sont autant d’éléments qui pourront faire de votre expérience de jeu un véritable calvaire. Du coup, cela ne motive pas toujours à continuer une aventure qui commence à tourner en rond dès la deuxième zone (ce que j’appelle le syndrome Assassin’s Creed (2007) : chaque zone n’est qu’une duplication de la première) malgré la présence, de temps à autres, de phases relativement sympathiques telles que les combats de boss, les séquences en véhicule ou même certaines phases de plateformes plutôt élaborées qui ne sont pas sans rappeler les mécaniques de gameplay qu’on trouve dans Crash Bandicoot.

 

UN UNIVERS MARQUÉ DE LA PATTE NAUGHTY DOG

De ce côté-là, il n’y a pas de doute possible : il s’agit bien d’un jeu signé Naughty Dog. Pour cause, on se retrouve avec un jeu doté d’un univers visuel bien particulier arborant fièrement la patte du studio. À mi-chemin entre cartoon et dessin animé, il nous offre un casting mêlant humains, être anthropomorphes et animaux, le tout dans un grand nombre d’environnements variés mais non dénués de charme. D’ailleurs, si le jeu se présente comme un simple remaster, on ne peut qu’apprécier le travail effectué sur les graphismes et les effets de lumière qui sont plutôt propres malgré le fait que certains décors semblent être un peu plus ternes que d’autres. On peut également souligner la qualité de la bande sonore qui nous accompagne au cours de notre exploration, qui est diffusée de manière continue et répétée tout en étant suffisamment discrète pour ne pas en arriver à nous sortir par les oreilles. D’autant plus qu’ils ont eu la bonne idée d’attribuer une musique différente à chaque lieu. En ce qui concerne le doublage, il est sans surprise délibérément très infantilisé pour correspondre à l’univers visuel, ce qui n’est pas vraiment gênant, hormis en ce qui concerne Daxter puisque sa voix et sa façon de parler accentuent fortement l’irritation provoquée par le personnage. On pourra quand même noter quelques saturations de temps à autres, qui résultent probablement de la remasterisation.

 

Malgré sa réputation, Jak and Daxter : The Precursor Legacy se révèle donc finalement être une expérience relativement décevante, la faute à un scénario et à un gameplay dans l’ensemble trop peu inspirés. Malgré sa courte durée de vie, le jeu nous apparaît ainsi comme étant trop long à cause de sa répétitivité qui entache rapidement le fun éprouvé lors des trois premières heures. S’il ne fait aucun doute qu’un enfant ou un adulte nostalgique pourront y trouver leur compte, la formule risque d’avoir plus de mal à fonctionner sur un adulte qui découvre cet univers pour la première fois. Mais bon, pour un jeu gracieusement offert, on ne va pas non plus cracher dans la soupe n’est-ce pas ?

4 réflexions sur “Jak and Daxter : The Precursor Legacy, un héritage vidéoludique décevant

  1. C’est dommage à l’accoutumé les studios Naughty Dog sont très exigeants! Je pense à Uncharted qui visuellement est extrêmement intraitable quant à sa qualité et fluide, d’ailleurs le dernier achevait complètement les autres jeux ps4 de part son rendu réaliste et limpide.

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    1. C’est clair que j’ai été surpris aussi ! Après personne ne peut-être parfait tout le temps, tout le monde peut faire des erreurs. Puis ce jeu remonte à 2001 donc l’équipe et les exigences n’étaient sans doute pas les mêmes, surtout à l’époque. Et sans doute que le public visé a joué un rôle également (parce que je doute que ce jeu ait été destiné à un public très âgé).

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  2. Je t’ai trouvé vachement dur avec ce jeu tout le long de ton article, puis finalement ta conclusion vient de nous mettre d’accord. J’ai adoré ce jeu car je suis une enfant nostalgique de cette époque bénie par Sony et sa Playstation ! Quand bien même il est répétitif, à l’époque il était bon. Je suis surprise de voir qu’il a été offert avec un Uncharted. C’est pas mal du coup mais comme tu dis, ça risque de ne pas « convaincre » celui qui découvre.

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    1. Je pense que c’est pour ça qu’il a été offert en fait, Naughty Dog voulait probablement faire un petit cadeau à leur public le plus ancien (à moins que ça ne cache quelque chose ?). En tout cas même s’il ne m’a pas plu, je suis sûr que si je l’avais découvert étant enfant mon ressenti n’aurait pas été le même. Malheureusement ce n’est pas le cas. Mais j’aurais essayé, et s’il a pu plaire à certains nostalgiques c’est super, d’autant plus que c’est gratuit ! 🙂

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