Le Rebel Heart Tour de Madonna : un cœur rebelle en toute simplicité

Bonjour à toutes et à tous !

Un peu de musique, ça vous dit ? Je l’espère parce que c’est sur ce thème que va porter l’article du jour. Cependant, ce n’est pas un album qui va être à l’honneur aujourd’hui mais un concert : le Rebel Heart Tour de Madonna. Cette tournée, débutée en septembre 2015 et terminée en mars 2016, a servi de promotion au treizième album studio de la pop star américaine, Rebel Heart, sorti en 2015. Sa sortie en DVD et Blu-Ray le 15 septembre dernier m’a donc enfin permis d’y jeter un œil, à défaut d’avoir eu la possibilité d’y assister en direct lors de son passage à Paris il y a près de deux ans.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je me permets une petite digression pour vous parler de mon rapport à Madonna. Il n’est pas surprenant pour un fan de pop musique comme moi de vous dire que c’est une artiste que j’apprécie énormément tant son travail a influencé le monde de la pop tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ma préférence a beau aller à Britney Spears, je reconnais parfaitement que comme le dit si bien Nicki Minaj dans la chanson I Don’t Give A (MDNA, 2012) : « There’s only one queen, and that’s Madonna ». Elle reste à ce jour la seule artiste à avoir exploré l’univers pop comme personne à travers ses quatre décennies d’activité et elle incarne probablement la meilleure show-girl que j’aie jamais vue. Son dixième album studio, Confessions on a Dance Floor (2005), demeure l’un des meilleurs albums qu’il m’ait été donné d’écouter et la tournée qui l’accompagne, le Confessions Tour, la meilleure tournée qu’il m’ait été donné de voir.

Pendant que j’y suis, un bref petit mot sur l’album que soutient la tournée. Après un MDNA relativement décevant dans l’ensemble puisqu’il s’est révélé être une compilation de titres électro sans saveur et sans originalité, la chanteuse parvient à relever le niveau avec Rebel Heart, qui reste néanmoins en deçà d’une partie de sa discographie. C’est un album qu’on prend beaucoup de plaisir à écouter et qui, contrairement à MDNA, joue davantage avec les sonorités : électro, urban, raggae, pop actuelle, pop 90s, tout y passe, ce qui permet à un certain nombre de titres de tirer leur épingle du jeu. Malheureusement, un cruel manque de véritables hits se fait ressentir et l’album souffre de son trop grand nombre de pistes (vingt-quatre, quand même) qui tend à nuire à sa cohésion musicale. Finalement, ce Rebel Heart apparaît comme étant l’album où toutes les facettes de Madonna sont réunies, de la chanteuse électro d’aujourd’hui à la chanteuse pop naïve, forte et érotique des années 80-90. Un album, donc, qui semble fait pour contenter tous les fans, mais qui ne marquera probablement pas le monde de la pop musique.

Trêve de bavardage, revenons au sujet de cet article. Que vaut donc ce Rebel Heart Tour ? Réponse tout de suite.

 

RETOUR AUX SOURCES : BACK TO THE 80S

 

Commençons par évoquer l’un des aspects principaux : la setlist. Alors que ses trois dernières tournées faisaient la part belle aux titres les plus récents de sa discographie, le Rebel Heart Tour nous fait replonger dans les années 80 en tirant une grande partie de ses chansons des trois premiers albums de la chanteuse : Madonna (1983), Like a Virgin (1984) et True Blue (1986). En effet, alors que douze des vingt-six titres présents sont directement extraits de Rebel Heart (dont trois servant d’interlude), neuf proviennent des années 80, certains étant réinterprétés pour la première fois en live depuis longtemps : de Burning Up à True Blue en passant par Like a Virgin, Dress You Up, Into the Groove, La Isla Bonita ou encore Material Girl, aucun des tubes ayant conduit Madonna au statut de pop star mondiale ne semble manquer à l’appel. On retrouve même pour la première fois le titre Love Don’t Live Here Anymore (cover du groupe Rose Royce parue sur l’album Like a Virgin), malheureusement absent de la captation pour des raisons de droits d’auteur. Cela ne laisse alors que peu de place aux trois décennies suivantes qui ne sont représentées que par quatre titres : Vogue et Deeper and Deeper pour les années 90 et Music et Candy Shop (oui, encore, et ce n’est même pas un single !) pour les années 2000. Un choix relativement élitiste et risqué qui semble parfaitement assumé par la chanteuse qui désire vraisemblablement renouer avec ses fans de la première heure et qui, dans le fond, colle avec la volonté qu’a Rebel Heart de renouer avec les sonorités pop d’antan. En ce sens, on n’est absolument pas de surpris retrouver le méga-tube Holiday en tant que numéro final pour la quatrième fois en l’espace de dix tournées. Nostalgie, quand tu nous tiens… Mention spéciale tout de même à sa reprise de La Vie en rose d’Edith Piaf, qui est chargée d’émotions.

 

CONCERT, COMÉDIE MUSICALE OU SHOWCASE ?

 

Probablement les trois. À la manière de l’album qu’il défend, le show se présente de manière hétéroclite et tend à jouer sur divers tableaux aux mises en scène radicalement différentes, ce qui permet à Madonna de se montrer sous tous ses aspects. Alors que les titres de Rebel Heart bénéficient d’une mise en scène extrêmement poussée et travaillée donnant parfois l’impression d’assister à une comédie musicale plus qu’à un concert, les titres les plus anciens se présentent généralement avec une mise en scène très minimaliste qui n’est pas sans rappeler les premières tournées de la chanteuse : un micro, un instrument, quelques danseurs, et c’est tout. Ainsi, le premier acte, où sont interprétés les titres Iconic, Bitch I’m Madonna, Burning Up, Holy Water/Vogue et Devil Pray est de loin le plus impressionnant avec son ambiance combats de samouraï sur les deux premiers titres, sa performance de guitare endiablée sur le troisième et son ambiance outrageusement religieuse sur les deux derniers. En dehors de cet acte, seul Living for Love bénéficiera d’une mise en scène aussi poussée, à l’exception de Like a Virgin qui donne à voir une Madonna déchaînée à la manière de Let It Will Be au Confessions Tour ou de She’s Not Me au Sticky & Sweet Tour, de façon beaucoup moins convaincante cependant. Par la suite, la chanteuse oscillera entre mise en scène théâtralisée sur des titres comme Body Shop, HeartBreakCity/Love Don’t Live Here Anymore ou encore Music, Candy Shop et Material Girl et leur ambiance années 30, et ambiance showcase sur des titres comme True Blue, La Vie en rose ou sur la moitié du troisième acte, placé sous le thème latino/gypsy (encore…), acte comprenant notamment la chanson star éponyme : Rebel Heart.

 

UN SHOW QUI MANQUE DE PUNCH

Malheureusement, il en ressort un show qui manque quelque peu d’énergie au regard de ses précédentes tournées, bien qu’il ne laisse pas non plus vraiment de place à l’ennui. Parmi les moments forts, on retiendra surtout l’explosive version rock de Burning Up, l’outrageuse mise en scène sexo-religieuse d’Holy Water/Vogue, les dynamiques performances de Like a Virgin et Unapologetic Bitch, la délicieuse mise en scène inspirée des années 30 de Music et Candy Shop ou encore les émouvantes performances de True Blue (au ukulélé, s’il-vous-plaît) et HeartBreakCity/Love Don’t Live Here Anymore. Cependant, même parmi ces titres, la pop star ne propose pas vraiment de nouveautés et semble avoir atteint ses limites par le passé, à un tel point que finalement, seule la performance de Living for Love marque l’esprit avec son génialissime remix. D’ailleurs, sur ce point aussi la tournée pêche un peu : là où les autres nous faisaient redécouvrir la majeure partie des chansons interprétées sous un nouveau jour avec des remixes de grande qualité, le Rebel Heart Tour se contente du minimum syndical. Même les trois titres servant d’interlude, Messiah, S.E.X. et Illuminati n’ont pas été remixés. De la même manière, on regrette amèrement la disparation de la « dancing queen » qui est aux grands abonnés absents sur ce show : déplacements millimétrés liés à la mise en scène, manque de finition des pas et mouvements de bras viennent remplacer les impressionnantes chorégraphies auxquelles elle nous a pourtant habitués. En revanche, on apprécie le fait qu’elle continue année après année à se montrer très proche de son public malgré son statut de star internationale. Toujours accessible, elle multiplie les communications avec ses fans et n’hésite pas à aller à leur rencontre lors de certaines performances, pour les faire chanter comme pour leur prendre la main, voire même à discuter avec eux entre deux numéros pour faire ses habituels discours engagés remplis de bonnes intentions. À ce titre, on apprécie d’autant plus la performance festive d’Unapologetic Bitch, où elle fait monter un fan (ou une star) chaque soir, qui aurait bien plus mérité la position de numéro final que la tristement fade performance d’Holiday.

 

Ce Rebel Heart Tour se révèle donc être à l’image de l’album qu’il soutient : on prend du plaisir à le regarder mais il ne parvient pas vraiment à marquer l’esprit, et on ne reviendra qu’occasionnellement dessus. Moins impressionnant et moins explosif qu’un Confessions Tour, qu’un Sticky & Sweet Tour ou même qu’un MDNA Tour, il semble mettre de côté le show à l’américaine comme sait si bien le faire Madonna pour un show plus posé et intimiste. Est-ce un choix délibéré ou la pop star a-t-elle déjà atteint le paroxysme de son côté show-girl ? À moins que cette dernière ne commence à être rattrapée par son âge, qui ne lui permet plus de faire les mêmes folies qu’avant ? Peut-être un peu des trois, mais seule la prochaine tournée pourra nous fournir la réponse.

Avant de conclure cet article déjà relativement long, je tiens quand même à faire un petit retour sur la qualité de la captation. À l’image de celle réalisée par Epix pour le MDNA Tour, elle s’avère être plutôt décevante. Entre changements de plans incessants, surdose d’effets visuels qui sont à la limite de nous provoquer une crise d’épilepsie et nombreux faux-raccords à cause d’un montage effectué sur la base de plusieurs dates différentes, notre expérience de spectateur s’en retrouve grandement affectée. Il serait peut-être temps qu’ils comprennent que ce qu’on veut, c’est pouvoir regarder le show presque comme si on y était, et pas avoir affaire à un concert complètement retravaillé qui change radicalement l’expérience. Qu’ils utilisent certains effets pour dynamiser les performances, d’accord (sur Music c’est très réussi par exemple), mais qu’ils en abusent au point de les ruiner (à l’image de Bitch I’m Madonna ou Burning Up), non.

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