Parlons-en #1 : The Evil Within, un survival-horror marquant malgré ses défauts

Bonjour à toutes et à tous !

Après de nombreux mois d’attente et de teasing, nous y sommes enfin : ce vendredi 13 octobre marque l’arrivée de The Evil Within 2 dans nos commerces. Pour l’occasion, je souhaiterais revenir sur le premier opus qui m’a, contre toute attente, bien plus marqué que ce que je ne l’imaginais quand je l’ai commencé. Pour cela, j’ai cependant décidé de laisser le format « test classique à la professionnel » de côté au profit d’un format plus personnel et plus fluide avec une chronique que j’appellerai « Parlons-en ». Dans cette chronique, je vous parlerai de jeux (ou de tout autre support culturel) auxquels j’ai joué il y a un moment déjà mais sur lesquels je voudrais revenir pour X raison(s). Mon but sera alors de vous faire part de mon ressenti général sur l’œuvre en question sans forcément m’attarder sur des détails comme je l’aurais fait lors d’un test mais uniquement sur les choses qui font que j’en garde un bon et/ou un mauvais souvenir.

Commençons par une brève présentation. The Evil Within, sorti en octobre 2014, est un survival-horror développé par Tango Gameworks et édité par Bethesda. Dès sa première présentation publique, le jeu s’est immédiatement imposé comme étant LE jeu à suivre. Et pour cause : le concepteur n’est autre que Shinji Mikami, le papa de Resident Evil, soit l’un des maîtres du survival-horror. Il n’en fallait pas plus pour créer la hype auprès des joueurs qui espéraient enfin voir ce genre, relativement maltraité depuis quelques années, renaître de ses cendres.

Alors qu’ils enquêtent sur un horrible carnage survenu à l’asile de Beacon Bay à Krimson City, le détective Sebastian Castellanos et ses coéquipiers se retrouvent confrontés à un mystérieux et puissant individu qui massacre de nombreux officiers avant de s’en prendre à eux. À son réveil, Sebastian se retrouve plongé en plein cauchemar dans un monde malsain rempli de créatures extrêmement dangereuses. Luttant pour sa survie, il se lance alors dans un terrifiant voyage afin de percer à jour l’origine du mal.

 

LE RETOUR DU SURVIVAL-HORROR, LE VRAI

 

S’il y a bien une chose qui m’a marquée dans The Evil Within c’est son univers extrêmement réussi. La promotion du jeu promettait le retour du survival-horror à l’ancienne et il ne fait aucun doute qu’on l’a eu. Il ne faut pas attendre bien longtemps (pour ne pas dire pas du tout, en fait) pour se retrouver au beau milieu d’un univers terriblement malsain, torturé et psychédélique. L’ambiance est clairement la plus belle réussite de ce titre qui nous en fait constamment voir de toutes les couleurs, dont une en particulier : le rouge. Parce que ce jeu est sanglant, violent, crade et glauque à souhait. Excepté de l’autre côté du miroir avec sa douce mélodie du Clair de lune de De Bussy (à l’image de Resident Evil, il s’agit de la salle de sauvegarde où l’on peut également customiser le personnage et ses armes), et encore, on ne se sent en sécurité absolument nulle part. Quand on joue à The Evil Within, on ne se demande pas si quelque chose va finir par nous tomber dessus mais quand, et surtout quoi. Car niveau bestiaire et créatures répugnantes, ce jeu n’est clairement pas en reste, et on a beau améliorer les capacités de Sebastian et son arsenal, cela ne nous empêche pas de nous sentir constamment inférieur. C’est personnellement le premier jeu qui parvient à me placer dans un état de peur, ou au moins de crainte, quasi-permanent, tellement que j’avançais constamment avec la boule au ventre. À ce titre, le chapitre 9 et son manoir détiennent sans aucun doute la palme puisque j’en arrivais à trembler et à sentir mon cœur s’emballer à chaque apparition du Ruvik. J’y suis mort un sacré paquet de fois dans ce manoir…

…comme dans tout le jeu, finalement. En effet, le côté survival-horror se ressent également sur la difficulté. The Evil Within apparaît comme étant un jeu extrêmement punitif où la moindre petite erreur rime bien souvent avec fatalité, ou presque. Et ne comptez surtout pas sur le gameplay pour vous venir en aide, bien au contraire. À l’image des Resident Evil, là encore, il est relativement rigide et peut rapidement en venir à nous faire défaut dans les moments de panique qui, malheureusement (ou heureusement), sont nombreux. De même, petit conseil, ne vous fiez surtout pas aux énormes paquets de munitions qui traînent par terre devant vos yeux, vous risqueriez d’être déçus en voyant qu’en les ramassant, vous n’avez obtenu qu’une seule balle. Comme tout bon survival-horror, le jeu n’hésite pas à se montrer extrêmement avare en termes de ressources, histoire de vous pousser à revoir certaines de vos stratégies et à préférer la fuite ou la discrétion à l’action. Ainsi, on se retrouve bien souvent face à un choix difficile : explorer la zone à la recherche de ressources, quitte à risquer de se mettre en danger pour pas grand-chose, ou avancer en prenant le risque de passer à côté de ressources qui, même si elles sont peu nombreuses, feront défaut plus tard. Sachant qu’en plus, certains ennemis sont parfois très résistants et risquent de vous demander plus de ressources que vous n’en récupérez derrière…

 

UN SCÉNARIO RUINÉ PAR SON ÉCRITURE

 

Malheureusement, si l’ambiance du titre semble parfaitement maîtrisée, on ne peut pas en dire autant de sa réalisation et de son écriture qui laissent à désirer. Je vais vite passer sur la réalisation car ce n’est pas le détail qui m’intéresse le plus. D’un point de vue pur et dur, on peut dire qu’elle est réussie. Comme je l’ai longuement évoqué ci-dessus, l’univers du jeu fait son boulot avec succès : le côté psychédélique de la mise en scène fait son effet, le bestiaire est bien fourni et glauque à souhait, les environnements sont variés, inventifs et tortueux, aucun soucis de ce côté-là. En revanche, on se rend rapidement compte que le titre n’est graphiquement pas génial, il est même bien en deçà de ce qu’on est en droit d’attendre de nos consoles, en particulier sur PS4, Xbox One et PC. C’est terne, les textures sont parfois moches et baveuses, les personnages sont peu expressifs, etc. Heureusement, ce n’est pas cet aspect qui définit un bon jeu et bien que cela puisse être un atout non négligeable pour une ambiance efficace, le jeu n’en pâtit pas vraiment. Pour moi, ce qui empêche à The Evil Within d’être un véritable hit c’est son scénario qui ne parvient pas à s’en sortir comme il le faudrait. Au cours du jeu, bien qu’on en comprenne les grandes lignes, on reste très souvent dans le flou à cause de nombreux détails qui nous échappent. Et c’est encore pire à la fin, j’imagine (je sais, à vrai dire) que je ne suis pas le seul à avoir eu cette réaction : « Da fuq ?? ». Du coup, comme tout le monde, je suis allé voir sur internet pour trouver des réponses à mes questions et en lisant certaines explications, je me suis rendu compte qu’en réalité, l’univers du jeu est intensément plus riche que ce que je ne le pensais. Les bonus présents dans le jeu m’ont également beaucoup aidé en me faisant comprendre que le niveau de détails est tel que même l’apparence des ennemis a habilement été pensée dans un sens précis et n’a pas uniquement été faite pour le côté sensationnel du visuel. Mais malgré les excellentes bases sur lesquelles il repose, le scénario a malheureusement été complètement gâché par une écriture désastreuse qui tend à porter préjudice au jeu et à l’expérience qu’il procure. Finalement, on en vient presque à regretter que l’ambiance ait pris le pas sur le développement de l’histoire qui, lorsqu’on en découvre tous les enjeux, se révèle être terriblement passionnante et bien pensée. Et ce n’est pas les personnages qui risquent de me faire penser le contraire puisqu’ils sont tous totalement dénués de charisme, en particulier Sebastian dont les réactions et les remarques sont parfois ahurissantes de débilité. Néanmoins, puisque je vous parlais d’explications : si jamais vous n’avez pas tout compris ou si vous souhaitez vous replonger dans le bain (admirez le jeu de mot) avant de commencer le deuxième opus qui, je l’espère, continuera d’étoffer tout cela de manière plus claire et détaillée, je vous conseille de lire cet article de Cara (du blog PopHour, que j’apprécie beaucoup) qui résume et analyse tout de manière parfaitement claire et structurée.

 

Ainsi, je dois l’avouer, The Evil Within a réussi à marquer mon esprit contrairement à ce que je pensais au moment même où j’y jouais. J’en retiens surtout l’ambiance qui signe effectivement le retour du survival-horror à l’état pur, comme promis, de même que son gameplay très punitif et difficile, bien que le tout ait légèrement tendance à dévier sur les derniers chapitres. Cependant, je reste profondément déçu par les défauts scénaristiques qui éreintent quelque peu l’expérience de jeu, même si l’objectif principal a été couronné de succès : il m’a fait peur. Malgré tout, le chasseur de trophées que je suis n’a pas trouvé le courage de refaire le jeu encore et encore dans le but de le platiner (la difficulté n’a pas vraiment aidé, je l’avoue) et j’ai même pris la décision de le revendre car je savais que je n’y rejouerai pas, du moins pas avant longtemps.

En somme, je garde quand même un avis plutôt positif sur cette nouvelle licence qui, si elle corrige les défauts du premier opus, peut devenir une nouvelle référence en matière d’horreur. D’ailleurs, à l’heure où vous lisez ces lignes, je suis probablement en train d’aller chercher mon exemplaire du deuxième opus, qui aura eu raison de mon envie d’attendre quelques semaines voire quelques mois avant de me le procurer.

6 réflexions sur “Parlons-en #1 : The Evil Within, un survival-horror marquant malgré ses défauts

  1. Ahah, moi j’étais trop fière d’avoir mené un jeu d’horreur jusqu’au bout, du coup j’avais refait le jeu 2 ou 3 fois derrière -KAMIKAZE!- (j’avais commencé en facile à cause de la flipette, donc j’étais passée en normal après en avoir fait le tour, et je m’étais ensuite lancée dans la Nouvelle Partie +. Et quelques mois plus tard, j’avais aussi refait le jeu sur PS4 une fois que j’avais la console).

    J’ai reçu le 2. J’ai trop hâte de le commencer (je sens que je vais bien stresser, lol). Mais d’abord, faut que je finisse Horizon, histoire de pas faire n’importe quoi avec les commandes (déjà que sans faire deux jeux dans la même période, je fais n’importe quoi avec les commandes…). Je sens que ma première partie va être assez risible 😛

    Merci pour la mention, c’est sympa 🙂

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    1. Ah mais je l’ai refait plusieurs fois aussi pour quelques trophées hein, seulement j’ai pas eu le courage de m’aventurer dans les trophées les plus difficiles (genre faire le mode cauchemar, faire le jeu sans rien améliorer, etc.).

      J’ai le mien aussi depuis vendredi, je pense le commencer ce soir. Je vais attendre la nuit histoire de me mettre à fond dans l’ambiance, au risque de le regretter haha !
      Éclate toi bien sur Horizon, c’est l’un de mes coups de cœur de l’année, pour le coup j’ai vraiment hâte que le DLC sorte pour replonger dans cet univers ! 😍

      Et de rien 😊 Merci à toi pour ton commentaire !

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