Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter, une licence qui progresse mais pas trop

Bonjour à toutes et à tous !

Il y a presque deux ans maintenant, après l’avoir déjà côtoyé à travers la littérature, le cinéma ou encore la télévision, je découvrais le célèbre Sherlock Holmes via un nouveau support : le jeu vidéo, avec Sherlock Holmes : Crimes & Punishments. Une découverte qui fut plutôt concluante bien que l’expérience n’ait pas été extraordinaire non plus. Récemment, j’ai replongé dans l’univers du personnage avec le dernier jeu en date à son effigie, Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter, sorti en juin 2016 toujours sous la coupe de Frogwares (mais édité par Bigben Interactive).

Si Crimes & Punishments accusait un certain retard technique sur tous les niveaux, il tirait sa force de ses six enquêtes qui impliquaient volontiers le joueur dans un gros travail de recherche, d’analyse et de réflexion malgré sa simplicité et son côté parfois un peu trop dirigiste voire enfantin lors des mini-jeux. Une formule plutôt sympathique qui, bien retravaillée, pourrait donner d’excellents résultats. Ainsi, la question du jour est la suivante : The Devil’s Daughter est-il parvenu à faire mieux que son aîné ? Réponse tout de suite.

 

L’UNREAL ENGINE 3 A CONNU DES JOURS MEILLEURS

 

Développé avec le même moteur graphique que son prédécesseur, ce nouvel opus peine toujours à briller pour sa technique qui continue d’accuser un certain retard. Alors que d’indéniables progrès ont été faits sur les environnements (qui sont par ailleurs plus nombreux et plus variés), les jeux de lumière, la mise en scène ou encore le soin apporté aux personnages principaux, en particulier Sherlock, le tout reste relativement inégal dans l’ensemble et fait parfois preuve d’un certain manque de finition : textures baveuses, environnements fades, luminosité qui peine à s’adapter et visages ratés sont encore de la partie. De plus, The Devil’s Daughter souffre d’une très mauvaise optimisation qui entraîne régulièrement un sévère clipping et de gros ralentissements sans la moindre raison apparente, sans compter les nombreux et interminables temps de chargements qui n’ont toujours pas été supprimés depuis Crimes & Punishments. Finalement, seul le gameplay s’en sort assez bien puisqu’il n’a bénéficié d’aucune amélioration : toujours relativement rigide, il reste néanmoins facile à appréhender, encore plus pour ceux ayant joué à l’opus précédent.

 

DES ENQUÊTES PLUS DYNAMIQUES

 

D’ailleurs, malgré son gameplay, The Devil’s Daughter parvient à tirer son épingle du jeu sur le déroulement des enquêtes qui bénéficient d’un traitement relativement différent. Toujours fondées sur le même concept que par le passé, c’est-à-dire la recherche d’indices, l’interrogation de divers témoins et suspects et la mise en relation des indices récoltés via le système de déduction afin de pouvoir progresser, elles intègrent aussi désormais des phases d’action, d’infiltration ou même de plates-formes qui permettent de dynamiser le jeu. Malheureusement, si les idées sont là, l’effet a tendance à tomber à l’eau à cause d’une réalisation qui manque de rythme et de fluidité et d’un système de QTE très peu intuitif, ce qui n’aurait pas été le cas si le gameplay avait permis au joueur de garder le plein contrôle lors de l’action. Parmi les autres nouveautés fortement appréciables, on notera des mini-jeux plus originaux et moins enfantins mais surtout l’apparition de véritables énigmes qui sont, contre toute attente, particulièrement réussies et parfois assez difficiles à résoudre. Cependant, le jeu continue de pêcher en se montrant toujours aussi permissif face aux erreurs du joueur, si ce n’est plus que par le passé. Pour cause, en fin d’enquête, le choix du suspect ainsi que le choix moral ne sont plus du tout mis en valeur (ils n’auront qu’une minuscule répercussion à la fin du jeu), ce qui a tendance à laisser le joueur dans l’indifférence totale quant à une possible erreur de déduction et donc à faire perdre une partie de son intérêt au jeu. Songer à faire en sorte qu’une simple erreur de notre part puisse complètement biaiser l’enquête et avoir des répercussions sur son déroulement permettrait de rendre le tout bien plus captivant. Reste alors l’une des plus grosses interrogations de ce nouvel opus : la possibilité de circuler dans les rues de Londres qui sont désormais semi-ouvertes. Non seulement cela n’a aucun intérêt, mais en plus on y perd plus de temps qu’en utilisant bêtement la carte en passant par le menu.

 

UN FIL ROUGE ? QUEL FIL ROUGE ?

 

Passons maintenant à la principale nouveauté annoncée pour ce nouvel opus : celle de la présence d’un véritable background, là où Crimes & Punishments se contentait de proposer des enquêtes indépendantes les unes des autres. Comme le titre du jeu l’indique, le scénario tourne autour de la fameuse « devil’s daughter », qui apparaît d’entrée de jeu comme étant la fille de Sherlock. Cela suscite forcément beaucoup d’interrogations et donne envie d’avancer dans le jeu pour en savoir plus. Malheureusement, si l’idée était très prometteuse sur le papier, la réalisation ne lui rend pas honneur et le résultat n’est finalement pas au rendez-vous. Pour cause, si le jeu est composé de cinq enquêtes indépendantes au scénario captivant et bien mené, le fil conducteur est quant à lui constamment effacé et uniquement rappelé au joueur à travers chacune des enquêtes par de petites séquences disséminées de part et d’autres mais dont l’intérêt n’est que minime. Il faudra alors attendre la dernière enquête du jeu pour que ce background soit replacé au premier plan, ce qui fait que toutes les révélations nous sont faites coup sur coup et que le scénario, pourtant très intriguant, perd toute son ampleur à cause d’un développement trop peu conséquent. On termine ainsi le jeu avec un arrière goût de déception et surtout dans l’incompréhension la plus complète quant au réel intérêt de cette nouvelle formule, d’autant plus que tout s’achève brusquement sur les chapeaux de roue sans même crier gare. Néanmoins, on appréciera tout de même le fait que la personnalité de Sherlock soit toujours relativement bien respectée, contrairement à un Watson toujours trop en retrait qui n’apparaît finalement que très peu. Sans oublier une autre nouveauté fort bienvenue : la présence d’un doublage français réalisé par les doubleurs de la série britannique Sherlock, rien que ça ! Sans surprise, la qualité est donc au rendez-vous sur ce point.

 

En conclusion, The Devil’s Daughter reste dans la lignée de son prédécesseur et ne prend pas trop de risques en apportant que quelques changements mineurs dans la formule initiée par Crimes & Punishments. Cependant, il semblerait que cela suffise à le rendre un peu plus captivant, notamment grâce à ses enquêtes plus originales, plus inattendues et surtout plus dynamiques. Cela n’empêche qu’on reste loin d’un jeu d’enquête mémorable, la faute à un gameplay trop convenu et à une réalisation peu brillante. Avec un système plus proche de celui de L.A. Noire, rapidement devenu LA référence du jeu d’enquête, et un gameplay mêlant plus librement action, exploration, réflexion, infiltration et même plate-forme, il ne fait aucun doute que le célèbre détective parviendrait à s’imposer au sein du jeu vidéo comme il a si bien su le faire sur les autres supports.

Une réflexion sur “Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter, une licence qui progresse mais pas trop

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s