Bates Motel (saison 5) : la psychose de Norman Bates à son paroxysme

Bonjour à toutes et à tous !

Le 24 avril dernier, le cinquantième et dernier épisode de Bates Motel était diffusé sur la chaîne A&E aux États-Unis, clôturant le show après cinq ans de bons et loyaux services. Dans ce préquelle contemporain du célèbre film d’Alfred Hitchcock, Psychose (lui-même adapté du roman du même nom de l’écrivain américain Robert Bloch), les créateurs de la série, Carlton Cuse, Kerry Ehrin et Anthony Cipriano réexplorent l’univers de Norman Bates en partant d’un angle différent : celui de son adolescence.

Après la mort de son mari, Norma Bates décide de refaire sa vie loin de l’Arizona, dans la petite ville de White Pine Bay dans l’Oregon. Elle emmène avec elle son fils Norman, âgé de 17 ans, avec qui elle partage une relation fusionnelle compliquée.

Dans Bates Motel, Norman n’est donc pas encore le tueur en série que l’on connaît tous et sa mère n’a pas encore subi le triste sort qui a marqué nombre de téléspectateurs dans les années 1960. De plus, et les showrunners ne l’ont jamais caché, ce préquelle est avant tout une adaptation de l’histoire : réécriture des événements ainsi que des personnages et de leurs histoires sont à la clé même si, à terme, ils ont d’emblée annoncé vouloir rejoindre au plus près les événements initialement contés par l’auteur et par le film d’Hitchcock.

 

RETOUR SUR LES SAISONS 1 À 4

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Cette critique portant sur la cinquième et dernière saison de la série, commençons d’abord par un bref retour sur les quatre premières saisons. Première chose à noter : Bates Motel est une série extrêmement puissante sur le plan psychologique. À travers un univers sombre et torturé, on nous donne à voir des personnages dont la vie est plus que tragique et difficile et pour lesquels on éprouve énormément d’empathie, quand bien même on sait ou on apprend qu’ils ont commis quelques atrocités (à l’image de Caleb), plus encore lorsqu’on comprend qu’ils subissent tout cela bien malgré eux (à l’image de Dylan). Le scénario explore et développe longuement la personnalité de chacun des protagonistes avec une écriture à la fois profonde et cruelle, le tout étant grandement renforcé par un jeu d’acteur tout simplement impeccable et une réalisation parfaitement soignée. L’histoire et les événements qui nous sont racontés le sont avec beaucoup de finesse, si bien qu’on peine à décrocher et qu’on engloutie les dix épisodes de chaque saison les uns à la suite des autres (personnellement, j’ai dévoré les saisons trois et quatre en moins de quarante-huit heures…). À l’image de l’œuvre originale, l’accent est bien évidemment mis sur la relation mère-fils liant Norman à sa mère, une relation qui réussit le tour de force de nous émouvoir par sa beauté et sa puissance au même titre qu’elle nous dégoûtera par son côté malsain en frôlant constamment les limites de l’inceste. Si le roman de Bloch nous dépeint une relation pourtant conflictuelle entre les deux personnages, cette réadaptation nous la présente sous un nouveau jour tout à fait ingénieux et délicieux, mais heureusement rondement maîtrisé.

 

NORMAN BATES LE PSYCHO…TIQUE…PATHE ?

 

Nous y voilà enfin. Tandis que la quatrième saison se clôturait en apothéose sur le meurtre de Norma par son fils, cette ultime saison introduit progressivement la trame narrative du film Psychose, achevant alors à la fois la maturation du personnage de Norman et la série. Plus que jamais centrée sur le jeune homme et sa psychologie, cette saison nous fait assister à la violente détérioration de son état mental, les barrières entre psychose et réalité se faisant de plus en plus floues aussi bien pour lui que pour le téléspectateur qui doute parfois de la véracité de ce qu’il voit. De plus, et c’est en ce point que l’on réalise qu’il est devenu le Norman que l’on connaît, son trouble de la personnalité est désormais concrétisé à l’écran par ces fameuses scènes où il se déguise en Norma lorsque la personnalité de celle-ci prend le dessus sur la sienne. Cela donne lieu à un certain nombre de scènes aussi bien percutantes que déroutantes où le personnage effraie autant qu’il fascine, nous prouvant, une fois de plus, que Freddie Highmore est un acteur accompli disposant de plus d’une corde à son arc. On appréciera d’ailleurs grandement le fait que les scénaristes aient décidé de garder Vera Farmiga dans le rôle de Norma, cette dernière continuant d’apparaître à travers l’esprit de Norman, ce qui n’est absolument pas le cas dans le film. En plus de renforcer la psychose de Norman, cela nous permet de profiter une dernière fois de l’incroyable talent de l’actrice pour le drama tout en nous faisant réaliser que son personnage incarne indéniablement l’un des piliers de la série. En somme, cette dernière saison nous offre un véritable condensé de tout ce qui a fait le succès de Bates Motel depuis 2013 : le duo Highmore/Farmiga continue de crever l’écran et de briller grâce à une narration, une écriture et surtout une réalisation de très grande qualité.

 

ENTRE PARIS RISQUÉS ET DÉCEPTIONS

 

Cependant, on peut tout de même ressentir un peu de déception en ce qui concerne le traitement de certains des autres personnages principaux qui auraient mérité d’être davantage mis en valeur mais qui semblent un peu trop effacés au profit de Norman, qui est la grande star de cette saison. On peut notamment penser à Dylan qui, malgré son rôle capital dans la série et surtout en cette fin de saison, est beaucoup trop effacé dans la première partie, ou encore à Romero dont l’intrigue et la personnalité n’ont aucun véritable intérêt si ce n’est de créer quelques longueurs dont on aurait aisément pu se passer. On s’interrogera également sur la pertinence du bond dans le temps effectué entre le dernier épisode de la quatrième saison et le premier de celle-ci : non seulement il est relativement anecdotique, mais en plus il manque un peu de clarté. Certes, les principales informations à savoir sur tout ce qui s’est produit durant ce laps de temps nous sont données, mais on aurait aimé qu’il ait un enjeu nécessaire à l’intrigue, ce qui n’est décemment pas le cas. Néanmoins, à côté de ces quelques défauts, on ne peut que saluer l’audace des scénaristes qui se sont laissés aller à de nombreuses prises de risques qui feront sans doute grincer les dents des puristes. Ne l’oublions pas, il s’agit d’une adaptation et ils n’ont jamais caché leur volonté de réécrire certains éléments de l’histoire à leur manière, ce qui leur permet notamment de parvenir à surprendre le public. À ce titre, on retiendra notamment le traitement qui a été réservé à la célèbre et très attendue scène de la douche, point culminant de la saison qui survient de manière assez inattendue après une montée progressive de la tension, ou encore le season final qui a le mérite d’offrir une véritable fin digne de ce nom à la série, un final par ailleurs non dénué d’émotions à l’image de la série complète. Avant de conclure, petit mot quand même sur l’une des décisions qui a fait polémique, à savoir choisir Rihanna pour incarner Marion Crane : plus de peur que de mal, la chanteuse se révèle être plus que convaincante dans ce rôle.

 

C’est donc sur une cinquième saison largement à la hauteur des précédentes que Bates Motel tire sa révérence. Alors que s’attaquer à l’adaptation d’une œuvre ayant obtenu le statut de « culte » est souvent très casse-gueule, on peut sans aucun doute affirmer, cinq ans plus tard, que nos trois showrunners sont parvenus à relever le défi avec brio en nous offrant une série maîtrisée de bout en bout. Que ce soit au niveau de l’écriture, de l’ambiance, de la réalisation ou même du choix des acteurs, tout le projet respire la réussite et la qualité. On en vient même à regretter le fait que le show soit déjà terminé. Mais au moins, on ne pourra pas leur reprocher d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre : ils avaient un plan depuis le début et ils s’y sont tenus. En bref : une série dont la légitimité par rapport au roman de Bloch et au film d’Hitchcock n’est pas à remettre en question, et donc à ne surtout pas manquer !

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2 réflexions sur “Bates Motel (saison 5) : la psychose de Norman Bates à son paroxysme

  1. Un must-see, l’evolution des protagoniste est tellement bien faite, la realisation est superbement orchestré… peu de choses a dire de negatif sur la serie. Une des plus belles réussite télévisuelle, d’autant plus complexe avec le personnage de Norman Bates d’hitchcock

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