Bonjour à toutes et à tous !

La chronique qui va suivre me trotte dans la tête depuis un long moment déjà et j’estime qu’il est temps pour moi de la partager avec vous. C’est un débat que j’ai déjà eu de nombreuses fois, que ce soit avec des amis, sur le forum du site Captain Alban (site consacré à Tomb Raider) ou encore sur Twitter mais je tenais à écrire cette chronique sur mon blog afin de réunir le fond de ma pensée et, éventuellement, pouvoir en discuter avec un plus grand nombre de personnes aux avis similaires ou différents. Je ne vous cache pas que cette chronique risque d’être longue puisque j’ai énormément de choses à dire car je tiens à aborder le sujet sous tous les angles possibles. Cela me permet également d’écrire autre chose que de simples critiques, ce qui ne me fera pas de mal. Bref, vous l’aurez sans doute compris en voyant le titre de l’article, je vais vous expliquer en plusieurs points pourquoi je n’adhère pas du tout au reboot de la célèbre licence vidéoludique Tomb Raider qui a, selon moi, provoqué la mort du phénomène plutôt que la renaissance attendue.

Tomb Raider et moi : un amour de toujours

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me paraît important de vous parler de mon rapport à cette série. En quelques mots : je suis un fan inconditionnel. Pour cause, c’est avec Tomb Raider que je suis entré dans le monde du jeu vidéo alors que j’avais tout juste un ou deux ans. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Je ne sais plus si c’était pour Noël 1996 ou pour son anniversaire en juin 1997 (ce détail reste flou) mais mon père avait eu en cadeau la fameuse Playstation 1 accompagnée du premier opus de la saga. Il y jouait très souvent et moi j’adorais le regarder, au point parfois de profiter du fait qu’il avait le dos tourné pour m’emparer de la manette et jouer à mon tour (tout en bousillant sa partie – ce fils indigne que je suis). Adorant lui aussi cette licence, il a par la suite acheté chaque opus à leur sortie, année après année.

C’est surtout en 1998 que ma passion pour les jeux vidéo et Tomb Raider s’est avérée avec la sortie du troisième opus, qui reste aujourd’hui encore mon favori : Les Aventures de Lara Croft. J’avais trois ans, je commençais à comprendre un peu mieux le concept, à réfléchir et je m’amusais à faire quelques niveaux (dont le célèbre Manoir des Croft) pour le plaisir, sans véritablement suivre l’aventure. Ceux qui ont tâté la bête comprendront pourquoi : c’est un épisode extrêmement difficile et j’étais encore trop jeune pour y arriver. Enfin, vous l’aurez compris : le geek qui sommeillait en moi s’est réveillé. Après deux autres opus sur PS1, il s’est acheté la Playstation 2 accompagnée du très décrié sixième épisode : L’Ange des Ténèbres. L’un des premiers opus que j’ai réussi à faire dans sa quasi-totalité (je n’arrivais pas à aller plus loin que Boaz) puisque j’étais alors âgé de huit ans.

En 2006 sort Tomb Raider Legend, le premier opus développé par Crystal Dynamics. Tout en permettant à la licence de redorer son blason, il a également été perçu comme un coup de poignard par de nombreux fans qui n’ont pas adhéré au changement. Ce n’est pas mon cas puisque je l’ai tout simplement adoré, au même titre qu’Anniversary et Underworld qui sont sortis les deux années suivantes. À cette époque j’étais dans ce qu’on peut appeler ma « période fan-boy » : ma vie tournait autour de Tomb Raider. Je traînais sur de nombreux forums spécialisés, je tenais un Skyblog que je mettais régulièrement à jour, je produisais des AMV (Anime Music Video) que je postais sur YouTube, je collectionnais tout ce que je pouvais, je remplissais mon ordi de dossiers consacrés à chaque opus de la série (j’y mettais des screenshots, l’intégralité des cinématiques et des trailers, les concept arts, les OST, les photos promotionnelles, etc.).

Puis fin 2010 le drame est arrivé : Square Enix, après avoir racheté le groupe Eidos, annonce qu’un nouvel opus de Tomb Raider verra le jour mais que ce sera… un reboot ! Forcément mes dents ont grincé, d’autant plus quand on a eu les premières informations qui semblaient montrer que le jeu risquait de devenir une sorte de survival-horror en open-world, soit quelque chose qui n’a aucun rapport avec Tomb Raider. Par la suite le concept a évolué, j’ai suivi chaque nouvelle déclaration attentivement et même si je restais relativement frileux je me disais qu’ils n’avaient pas que de mauvaises idées, que le résultat final pourrait donner quelque chose de sympathique. Grave erreur. En mars 2013, le premier opus post-reboot fait son apparition sur Playstation 3 et mon premier constat est le suivant : le résultat final est loin de tenir les promesses qui nous avaient été faites. Si sur le papier certaines idées étaient intéressantes, dans la réalisation cela a donné quelque chose de tout simplement mauvais. Et malheureusement, le dernier opus en date, Rise of the Tomb Raider, n’arrange pas vraiment les choses.

Ces (longues) bases étant posées, je vais maintenant m’attarder à vous expliquer point par point toutes les choses qui, selon moi, ne collent pas depuis le reboot, et ce à travers des exemples plus ou moins précis tirés des deux opus en question.

De la lady britannique à la jeune femme sans charisme

Le premier point que je souhaiterais aborder est l’un des plus importants à mes yeux : il concerne tout simplement Lara Croft elle-même. Qu’on soit un adepte des jeux vidéo ou non, tout le monde connaît le personnage. Elle est l’une des rares personnalités fictives à avoir connu un tel succès en dehors du jeu et du domaine desquels elle provient. Aux yeux du monde entier et par-delà l’aspect physique qu’on lui connaît (son opulente poitrine, sa longue tresse, sa tenue d’aventurière, ses doubles pistolets), elle incarne le modèle idéal féminin : elle est forte, indépendante, charismatique, distinguée, cinglante, courageuse et intelligente, en plus d’avoir été dotée par la suite d’une certaine humanité au cours de son évolution, notamment à travers les adaptations cinématographiques et la première trilogie de Crystal Dynamics. Malheureusement, depuis 2013, cette femme là n’existe plus et a été remplacée par une jeune femme totalement dénuée du moindre charisme.

C’est pourtant l’un des points qui m’a le plus enthousiasmé quand le reboot a été présenté. On nous annonçait une Lara Croft plus réaliste et plus humaine que jamais, nous disant qu’on la redécouvrirait en jeune femme inexpérimentée et qu’on suivrait son évolution pour la voir devenir celle qu’on a toujours connue. On nous affirmait qu’on allait souffrir avec elle, qu’on allait éprouver de l’empathie. Et si cela m’intéressait autant c’est parce que j’ai toujours adoré les personnages ayant de la profondeur, sur lesquels un véritable travail psychologique est effectué. Cependant, deux opus plus tard, force est de constater que c’est un échec cuisant. Non seulement le chemin emprunté pour la faire devenir la femme qu’elle devrait être est plus qu’erroné, mais en plus tout l’aspect psychologique est fondé sur un nombre hallucinant d’incohérences qui rend le tout catastrophique. Et c’est d’autant plus grave que toute la promotion du reboot reposait sur ce point.

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L’une des premières images officielles nous montrait une Lara Croft mal en point

Pour la faire courte, le pitch était globalement le suivant : dans Tomb Raider (2013), l’héroïne encore inexpérimentée devait être malmenée jusqu’à devenir, au terme du jeu, une femme plus forte aussi bien mentalement que physiquement. Les nombreux traumatismes subis devaient amorcer sa transformation en aventurière aguerrie qui n’a plus froid aux yeux. Malheureusement, le résultat n’est pas du tout celui escompté (n’est pas Naughty Dog qui veut…). Pour cause, dès les premières minutes de jeu, la fameuse Lara Croft « plus humaine que jamais » se révèle d’ores et déjà être l’équivalent féminin de Terminator. Rien ne peut l’arrêter, en témoigne le fait qu’après avoir finie embrochée au flanc suite à une haute chute elle enchaîne sans (presque) broncher les sauts de cabri et les cascades en tout genre. De plus, piégés par leur volonté de faire une mise en scène héritée des plus gros films d’action hollywoodien, ils sont tombés dans l’excès au point de malmener l’héroïne dans les pires conditions sans aucun temps mort sans pour autant que cela n’ait la moindre conséquence. À partir de ce moment-là, comment espèrent-ils qu’on éprouve de l’empathie pour une jeune femme qu’on sait pertinemment être invincible et pour laquelle on ne ressent à aucun moment la peur qu’elle ne s’en sorte pas ? Niveau auto-sabotage, on ne peut pas faire mieux.

Autre point sur lequel tout un pataquès avait été fait : la scène de son premier meurtre. On nous annonçait un moment fort et éprouvant psychologiquement parlant à la fois pour le personnage et pour le joueur. Pour ma part, j’ai assisté à une scène qui ne tient pas la route et qui frise même le ridicule. La raison principale est que quelques minutes après ce moment crucial, elle n’hésite pas à dézinguer une armée d’hommes à elle toute seule sans éprouver le moindre remord. J’entends bien qu’on puisse répondre à cela : « En même temps elle n’a pas le choix, dans ce contexte il s’agit de tuer ou d’être tué ». C’est tout à fait vrai, mais il y a des manières de traiter un tel sujet et pour moi ils sont complètement passés à côté. Les autres raisons sont surtout d’ordre technique. Non seulement les expressions faciales du jeu sont complètement à la ramasse, mais en plus le doublage, aussi bien français qu’anglais, est un vrai massacre (malgré tout le respect que j’ai pour Alice David et Camilla Luddington en tant qu’actrices). Les émotions sont très mal jouées donc inévitablement, toute la scène tombe à plat.

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Une scène qui aurait dû être puissante mais qui est bien trop mal amenée

À côté de cela, je ne nierai pas que des progrès ont été faits dans Rise of the Tomb Raider, mais le tout reste beaucoup trop léger. On voit bien qu’ils essayent de nous montrer qu’elle a gagné de la confiance en elle, qu’elle est plus forte, qu’elle est plus indépendante, mais le fait qu’ils se servent de stratagèmes pour nous pousser à le penser est une preuve que cela reste assez bancal, d’autant plus qu’ils continuent de tout saboter par derrière. Par exemple, elle passe son temps à clamer haut et fort qu’elle doit se débrouiller seule, qu’elle ne veut mettre personne en danger et qu’elle n’a besoin de personne. Pourtant, les doigts d’une seule main ne suffisent pas pour compter le nombre de fois où elle finit par demander de l’aide ou par être sauvée in-extremis par quelqu’un. De plus, là où un simple regard ou une simple action suffisaient à la vraie Lara Croft pour prouver qu’elle déborde de charisme, la nouvelle est obligée de balancer tout un tas de grossièretés ou de remarques auto-suffisantes pour nous pousser à y croire mais cela ne trompe personne. Ce n’est pas en balançant des « Approchez je vais tous vous buter ! » (grosso-modo) ou des « Va te faire foutre ! » (aussi bien placé soit-il) qu’elle va être convaincante. Pour conclure sur le sujet, je dirai simplement que je cherche toujours où est la Lara Croft qu’on connaît parce que ce n’est clairement pas celle qu’on nous présente (à moins qu’il ne faille encore attendre un épisode pour la voir pointer le bout de son nez ?).

Écrire avec ses pieds, c’est possible !

Vous l’aurez compris, il y a selon moi un véritable défaut d’écriture en ce qui concerne l’aspect psychologique du personnage. Le problème étant que cela se ressent tout autant sur le scénario des deux opus et en particulier sur celui de Tomb Raider (2013). Loin de moi l’envie d’être grossier envers Rhianna Pratchett, la scénariste des jeux, mais au bout d’un moment il faut se rendre à l’évidence : elle n’a aucun talent pour l’écriture. Pour modérer très légèrement cette constatation, j’accepte de lui laisser un tout petit bénéfice du doute puisque selon les « on dit » que j’ai entendus ici et là, une grande partie de son travail aurait été tronquée par les exigences de Crystal Dynamics et/ou Square Enix, l’empêchant ainsi d’aller au bout de ses idées. Néanmoins, cela ne justifie aucunement le fait qu’elle nous ponde des scénarios aussi mauvais, contraintes ou non.

Avant d’aller plus loin, remettons quand même les choses dans leur contexte. Je sais que les Tomb Raider n’ont jamais été réputés pour leur scénario. Soit parce qu’ils n’avaient pas la prétention de faire quelque chose d’extraordinaire, à l’image des cinq premiers opus, et qu’ils se contentaient de faire le minimum syndical (une héroïne, un artefact, une destination, un vilain et c’est tout), soit parce qu’il y a eu de véritables cafouillages dans leur développement, à l’image de L’Ange des Ténèbres ou d’Underworld. Quoi qu’il en soit, le fait est qu’il n’y a jamais eu la volonté de proposer un scénario ultra élaboré, mais ce qu’on nous offrait était suffisamment convaincant (ou presque). Ce n’est absolument pas le cas de Tomb Raider (2013) et de Rise of the Tomb Raider qui ont pour origine une histoire bien plus développée mais qui la racontent de la mauvaise manière.

Dans le cas du premier jeu, il faut quand même avouer que la prétention était assez élevée si on se fie à tout ce qu’ils avaient annoncé vouloir faire lors de la promotion. Leur bateau se retrouve au cœur d’une terrible tempête au beau milieu du Triangle des Dragons et s’échoue sur une mystérieuse île peuplée d’autochtones sordides et violents. Avec une première partie axée survie (on cherche à se réunir pour s’échapper) et une deuxième plus axée « Tomb Raider » (étude du mythe lié à cette île), il y avait largement de quoi faire quelque chose de passionnant même si rien de tout cela n’est très original dans le fond. Seulement Pratchett, plutôt que de s’approprier l’histoire, s’est contentée de multiplier les références cinématographiques et vidéoludiques au point de frôler les limites du plagiat tout en enchaînant tous les clichés possibles et imaginables. Il n’y aucune surprise, tout est prévisible des heures à l’avance et chacun des personnages représente un stéréotype sur pattes. On avance donc tristement sans grand enthousiasme puisqu’on sait pertinemment comment tout va finir et on se contente d’apprécier la partie mythologie qui, elle, s’en sort plutôt bien.

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Voici l’une des nombreuses références cinématographiques du jeu

On ne peut pas dire que Rise of the Tomb Raider fasse beaucoup mieux que son aîné mais on ne va pas nier qu’il est moins consternant dans le sens où les prétentions semblent avoir été revues à la baisse (à moins que ce ne soit mes attentes suite à la déception du premier opus ? – possible). Pratchett continue d’enchaîner les références en tout genre, les personnages, bien que moins clichés, ont toujours aussi peu de saveur, les divers rebondissements et autres coup de théâtre ne parviennent toujours pas à faire leur effet tant ils sont prévisibles ou mal écrits. Bref, peu d’évolution mais on s’en accommode plus facilement parce que la narration se veut clairement moins ambitieuse et qu’on savait à quoi s’attendre, c’est-à-dire pas grand chose. À contrario, là où cet opus se casse véritablement la gueule c’est sur les documents facultatifs à collecter. Alors que dans Tomb Raider (2013) ils permettaient d’étoffer le background en nous apprenant des choses très intéressantes sur l’île et son histoire, il ne s’agit ici que d’une flopée de journaux intimes remplis de détails inintéressants sur la vie des personnages concernés, ce qui n’apporte absolument rien à l’histoire. Le pire étant tous ceux que l’on trouve dans le DLC Les Liens du sang et qui sont destinés à développer l’histoire de la famille Croft. Pour le coup je ne vais pas mâcher mes mots : c’est à gerber. Ils ont réussi à décrédibiliser les parents de Lara, un couple emblématique malgré le peu de choses qu’on savait à leur sujet par le passé, avec une histoire à l’eau de rose pathétique digne d’une série pour adolescentes. Et ce ne sont pas les histoires chaotiques de succession de patrimoine ou les commentaires horriblement mielleux de Lara qui arrangent les choses.

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Le célèbre Manoir des Croft fait un retour plus que mitigé dans un DLC de Rise of the Tomb Raider

Tomb-Charted-Far-Creed-Of Us-Duty, ou le jeu sans identité

Mais là encore, un autre problème survient. Si les jeux post-reboot peinent à se créer une identité propre à travers leur scénario, il en est de même pour le gameplay qui n’est devenu qu’un melting pot de ce qui se fait ailleurs… en moins bien. Soyons clair, le fait de s’inspirer de ce qui marche dans les autres licences n’est pas un problème en soi. C’est une pratique qui a toujours existée et qui a encore de beaux jours devant elle. Cependant, quand on s’en sert, le minimum reste quand même d’adapter les mécaniques de gameplay en question dans l’esprit du jeu concerné. Les améliorer, les modifier, les perfectionner est indispensable si on veut éviter de passer pour de simples voleurs n’ayant aucune imagination. Or Crystal Dynamics semble être complètement passé à côté de cette étape et s’est contenté de tout intégrer presque tel quel dans leurs jeux, ce qui donne forcément un résultat peu abouti et donc peu convaincant en plus d’être parfois assez inutile. C’est d’autant plus flagrant que les inspirations sont diverses et variées : Uncharted, Assassin’s Creed, Far Cry, The Last of Us, Call of Duty et probablement quelques autres encore, ces dernières pouvant être importantes comme discrètes.

Je peux en voir certains arriver concernant la comparaison avec Uncharted, qui est pourtant la plus visible jeu en main, à coups de : « De toute façon c’est Uncharted qui a pompé sur Tomb Raider à la base ». Alors oui, mais non en fait. C’est justement le cœur de mon propos. On est d’accord que le principe est le même : on suit les aventures d’un chasseur de trésors qui explore des contrées reculées et oubliées dont l’histoire mêle faits historiques et mythologiques. La différence repose néanmoins sur le fait que Naughty Dog est parvenu à s’approprier la formule dans un esprit qui leur est propre, aussi bien d’un point de vue scénaristique que du côté du gameplay. Là où Tomb Raider a toujours assumé son côté sérieux et exploration avec une héroïne qui ne fait cela « que pour le sport » (cf. le tout premier jeu), Uncharted a immédiatement pris le contre-pied pour être un jeu d’action léger et rempli d’humour avec un côté hollywoodien pleinement assumé et un héros qui ne fait cela que pour l’argent. Puis soyons honnête, si on peut targuer Uncharted d’avoir tout pompé sur Tomb Raider, on peut également targuer Tomb Raider d’avoir tout pompé sur Indiana Jones. Or dans le deuxième cas la comparaison n’est jamais faite dans un sens péjoratif contrairement au premier… Pourquoi ?

Bref, passons sur cette petite digression qui est à mes yeux un éternel débat qui n’a pourtant pas lieu d’être. Enfin, qui n’avait pas lieu d’être parce qu’aujourd’hui la question se pose réellement. Je me plais à définir les nouveaux Tomb Raider avec l’expression suivante : « Uncharted bas de gamme ». Parce que pour moi, ils ont clairement voulu en reprendre les mécaniques mais ils le font très mal. Je n’aurais pour meilleure preuve à cette affirmation qu’un aspect que j’ai déjà abordé dans la partie traitant de la psychologie de Lara : le côté hollywoodien. Avec Tomb Raider (2013), ils ont voulu nous proposer un jeu au scénario travaillé entremêlé de très nombreuses séquences explosives dignes des plus gros films d’action hollywoodien à l’image d’Uncharted. Seulement, non seulement cela apparaît excessif dans la réalisation mais en plus cela paraît plus que ridicule quand on sait qu’ils avaient pour objectif premier de faire de Lara Croft une héroïne humaine, une sorte de madame-tout-le-monde loin d’être la super héroïne qu’elle était jusqu’en 2008. C’est bien dommage parce qu’en voulant jouer sur deux tableaux contradictoires le seul résultat qu’ils ont obtenu c’est de se planter sur les deux, la faute à des raisons purement marketings. Faire un jeu profond et bien écrit aurait probablement attiré un public bien moins important (à moins d’être Naughty Dog) qu’un jeu où ça explose de partout et où on en prend plein les mirettes. Mais dans la vie il faut savoir faire un choix ou bien maîtriser ses prises de risque, chose qu’ils n’ont absolument pas su faire.

Pour conclure définitivement le point concernant le manque cruel de créativité dont fait preuve la licence depuis son reboot, je vais évoquer un phénomène qui m’a tout simplement fait mourir de rire (bon en vérité j’ai beaucoup hurlé aussi) tout au long de Rise of the Tomb Raider : l’auto-plagiat. Parce que oui, comme si piocher à la pelle ce qui se fait de mieux à droite et à gauche pour nous le recracher de manière indigeste ne suffisait pas, la brave équipe de Crystal Dynamics en a tellement gros sur le melon qu’ils n’hésitent pas à repomper des morceaux entiers du travail effectué sur le premier opus. Que ce soit au niveau de la mise en scène, de la réalisation, du game design voire même de la motion capture, de nombreuses séquences de Rise apparaissent extrêmement similaires à certaines déjà vues dans Tomb Raider (2013). Par exemple, après avoir frôlé la mort une énième fois de manière in-extremis dans la séquence d’introduction en Syrie, Lara se tient le flanc et longe le bord de la falaise de la même manière que lors de sa sortie de la grotte au début du premier jeu. On peut également citer toute la séquence finale qui comprend l’extraordinaire escalade d’une tour glacée suivie d’un assaut de vagues d’ennemis dans une zone sous forme de cercle, soit le même parcours que pour rejoindre Himiko dans le premier opus. Enfin, et c’est sans doute l’un des pires à mes yeux : comparez la disposition du complexe soviétique traversé au début du jeu en Sibérie à celui traversé sur l’île de Yamataï. Vous ne rêvez pas, ce sont bel et bien des jumeaux à quelques textures près !

« Tomb Raider », un concept dont il ne reste que le nom

Passons maintenant au dernier grand point de cette chronique qui découle logiquement de tous les autres abordés précédemment et que je vais introduire avec la question suivante : où est « Tomb Raider » dans tout cela ? La licence a perdu son héroïne emblématique, elle a perdu son identité mais plus grave encore, elle a perdu son essence. Vous le savez, je l’ai déjà évoqué mais je vais le rappeler une dernière fois. Tomb Raider est un jeu d’aventure dans lequel Lara Croft, une archéologue avertie, parcourt le monde à la recherche de reliques et de mythes anciens qui lui font traverser des environnements aussi grandioses que magnifiques ainsi que des temples dangereux jonchés d’énigmes, de pièges et de phases de plates-formes en tout genre. Or depuis le reboot il ne reste quasiment plus rien de tout cela. Sans doute Crystal Dynamics (et/ou Square Enix ?) n’ont-ils pas la bonne définition du mot « reboot », qui ne signifie pas qu’on repart de zéro pour créer une nouvelle licence mais qu’on repart de zéro en en gardant les bases fondamentales pour raconter l’histoire différemment. Personnellement je vois dans leur pratique une simple question de facilité : ils avaient clairement la volonté de créer quelque chose de nouveau mais ils ont souhaité garder les marques Tomb Raider et Lara Croft parce que ce sont des valeurs sûres et qu’ils y ont vu un moyen de minimiser les risques commerciaux et financiers entrepris. Sauf que ça ne fonctionne pas et Tomb Raider ne méritait pas de subir un tel sort.

Le fait est que la licence est devenue une sorte de survival-aventure raté dont le concept n’est déjà plus légitime. Dans le cadre du premier opus sorti en 2013 il était logique que la survie ait un rôle important puisque le principe même du jeu reposait là-dessus. Lara ne s’est pas retrouvée sur l’île de Yamataï de son plein gré, elle n’était pas là pour jouer les archéologues, en conséquence elle n’avait donc pas de matériel adapté. Sur ce point il n’y a pas de problème. Excepté dans la réalisation même. Tomb Raider (2013) est un survival raté puisqu’à aucun moment il n’implique dans son gameplay une quelconque dynamique de survie. Dès le début du jeu les ressources coulent à flot, la difficulté est inexistante, le côté RPG permettant à l’héroïne d’acquérir des compétences dépasse l’entendement tant il rend le jeu encore plus facile, sans oublier cet infâme instinct de survie qui, heureusement, peut être désactivé. À côté de cela on peut, certes, déplorer l’inexistence de véritables tombeaux et énigmes au cœur de l’aventure, mais on est quand même un peu forcés de passer outre parce que les bases du jeu sont avant tout de survivre. Il y a bien ces fameux tombeaux facultatifs qui sont disséminés ici et là sur la map mais ce sont plus une insulte faite aux fans de Tomb Raider qu’autre chose. Dépourvus du moindre piège, ils sont aussi grands qu’une chambre de cité universitaire et composés d’une énigme ridicule qui se résout au premier coup d’œil dès qu’on y met les pieds. Et je me passerai d’épiloguer sur le fait qu’au cas-où les affreux gribouillis présents tout autour de l’entrée n’auraient pas suffis, le jeu n’hésite pas à pourrir l’écran avec un énorme message accompagné d’un signal sonore pour nous avertir qu’un tombeau se trouve dans les parages. Bref, tout cela pour dire que dès la fin de cet opus, Lara est censée être devenue cette fameuse archéologue qui part en expédition de son plein gré. Dans ce cas, pourquoi Rise of the Tomb Raider repose-t-il encore sur ce même principe de survie qui, en plus d’être toujours aussi foireux, n’a plus aucune légitimité ?

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Le slogan promotionnel de Tomb Raider (2013), finalement bien éloigné de la réalité

Je l’ai dit au début de cette chronique, Lara Croft est censée être une femme intelligente. Il faut croire que même ça c’est du passé parce que je ne vois pas quelle abrutie (à part la nouvelle version, du coup) irait s’aventurer dans une dangereuse zone sibérienne sans le moindre équipement, se retrouvant ainsi à devoir chercher et ramasser des ressources toujours aussi abondantes pour se crafter des munitions, des améliorations d’armes, des vivres et d’autres choses dans le genre. Où sont passés les doubles pistolets acquis à la fin du premier opus ? C’est vrai que c’est tellement plus marrant d’aller affronter une armée d’hommes suréquipés et de violentes bêtes sauvages avec un ridicule petit arc et ses flèches. C’est plus dans l’ère du temps dirons-nous (vous savez, Hunger Games, tout ça…). Il faut croire que le coup des doubles pistolets était un énième clin d’œil fait aux fans de la première heure. Sauf qu’à force de multiplier les clins d’œil de toutes sortes, parce qu’ils sont désespérément nombreux, le fan que je suis a de plus en plus tendance à prendre cela comme une provocation pleinement assumée de leur part visant à se foutre de notre gueule. C’est un peu comme s’ils nous disaient : « On sait quels sont les codes que vous attendez et quelles sont les choses que vous voulez voir. On sait ce que ‘Tomb Raider’ veut dire. Mais on n’en a rien à foutre. Prenez les miettes qu’on daigne vous donner par-ci par-là, contentez-vous en et fermez-là ». Désolé mais tout cela me reste en travers de la gorge.

Et bien qu’il y ait eu des progrès non négligeables sur ce point, le travail sur les tombeaux reste beaucoup trop léger. Il est vrai que Rise of the Tomb Raider nous donne l’occasion d’en traverser au cours de l’aventure, qu’ils contiennent quelques pièges (si on peut utiliser ce terme pour définir un mécanisme visible des kilomètres à l’avance et agrémenté d’un bullet time histoire qu’ils soient certains qu’on n’en meurt pas –ne frustrons pas les joueurs en leur imposant une mort inattendue hein–) et des énigmes un peu plus élaborées bien que toujours relativement faciles, mais il en faut bien plus pour rentrer dans l’esprit de la série. Puis surtout, il faut absolument qu’ils arrêtent de tout faire exploser après le passage de Lara pour contenter les joueurs en quête de spectacle hollywoodien. Quel archéologue digne de ce nom aurait aussi peu de considération pour de tels vestiges ? Les anciens Tomb Raider n’avaient pas besoin de toutes ces fioritures pour nous offrir une expérience exceptionnelle dans tous les sens du terme. Où sont les mécanismes qui permettaient d’avancer doucement et sans encombre plutôt que de pénétrer de force à coups d’explosions parfois contrôlées, trop souvent non contrôlées ? Personnellement, ce que j’attends de trouver tout au long de l’aventure ce sont des tombeaux comme celui que l’on traverse en Syrie ou comme une grande partie de ceux qui demeurent toujours tristement facultatifs. Ils sont grands, ils sont beaux, ils parviennent à mêler énigmes, pièges et agilité, mais malheureusement ils ne servent à rien si ce n’est débloquer des éléments permettant de rendre un jeu déjà affligeant de facilité plus facile encore.

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Le premier tombeau de Rise of the Tomb Raider : simple mais plutôt efficace

Enfin, pour en finir sur ce point et sur cette chronique, où est passé le côté globe-trotter ? Tomb Raider est censé être un jeu d’aventure dépaysant multipliant les panoramas à couper le souffle, ce que ne fait aucun des deux opus depuis le reboot. Je comprends tout à fait que Tomb Raider (2013) n’ait pas misé sur ce détail parce qu’après tout, l’île de Yamataï n’a jamais eu la volonté d’être un endroit chaleureux ou accueillant dans lequel on aimerait jouer les touristes ou poser ses valises. Après, cela ne les empêchait pas non plus de proposer ne serait-ce que deux ou trois endroits assez paradisiaques, comme la plage par exemple. Mais soit, on peut leur pardonner. En revanche, ils auraient dû commencer à nous proposer des endroits plus dépaysant et plus impressionnants avec Rise of the Tomb Raider. Ce deuxième opus aurait pu, aurait dû même, être le premier à nous pousser à nous arrêter quelques minutes pour profiter de la vue. Mais non. Excepté quelques rares décors intérieurs ou encore la Syrie, ils nous ont dans l’ensemble proposé un endroit aussi peu idyllique que l’île de Yamataï composé de panoramas sur lesquels on n’a même pas envie de s’arrêter parce qu’aucun ne fait rêver. Et pourtant on ne peut pas dire que le jeu soit moche, bien au contraire. Sans être une claque non plus, il représente de gros progrès techniques par rapport à son aîné qui me paraissait déjà dépassé pour un jeu datant de 2013, et ce malgré toutes les louanges faites par les professionnelles que je n’ai ainsi jamais comprises.

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La Syrie, un endroit prometteur dont on ne profite pas assez

Voilà, il était temps me direz-vous mais cette chronique touche à sa fin. Sachez tout de même que cet article n’a pas du tout été écrit dans le but de jouer les haters qui ne veut pas qu’on touche à sa licence préférée. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est aussi long. Je voulais argumenter, prouver que je ne démonte pas les jeux pour le plaisir mais uniquement parce qu’il y a de nombreux aspects qui ne correspondent pas à mes attentes en tant que fan de Tomb Raider. Même si je suis fondamentalement contre le principe de reboot parce que j’estime que toute chose doit avoir une fin et qu’il s’agit avant tout d’un processus de facilité qui permet de se faire de l’argent sans avoir à se creuser les méninges pour innover, je ne demandais qu’à adhérer à ce nouveau changement. Contrairement à beaucoup de fans je n’ai pas été déçu par Legend, Anniversary et Underworld malgré le fait qu’ils modifiaient déjà les codes de la licence. Seulement là, le virage a été plus que mal négocié et de Tomb Raider et Lara Croft ne subsistent à mes yeux, en tant que fan depuis toujours, que les noms.

Dans un souci de justesse et d’objectivité je terminerai néanmoins sur quelques notes un peu plus positives. J’ai beau avoir mis l’accent tout au long de cette chronique sur les choses qui n’allaient pas, cela ne veut pas dire que ce sont de mauvais jeux. Je n’irai pas jusqu’à dire non plus que ce sont de bons jeux, je dirai simplement que ce sont des jeux moyens, le genre sur lesquels on prend un minimum de plaisir lors de la découverte mais sur lesquels on ne reviendra que peu ou pas du tout ultérieurement, l’expérience n’en donnant pas forcément l’envie. En revanche, et cela je le maintiens, ce sont de très mauvais Tomb Raider, les pires depuis la création de la franchise. Même L’Ange des Ténèbres qui malmenait déjà sévèrement l’essence de la série à l’époque de la sortie mérite davantage le titre de Tomb Raider que ces deux opus post-reboot.

J’espère que toutes les personnes avec qui j’ai déjà eu des débats à ce propos comprendront plus clairement mon point de vue grâce à cette chronique. De votre côté, n’hésitez pas à me faire part de votre avis sur la question ou même à réagir à certains de mes propos en particulier car cet article a également pour vocation de créer un débat, dans la joie et la bonne humeur bien entendu. Je me ferai un plaisir de vous répondre et d’en discuter plus longuement avec vous.

Histoire de finir sur une petite touche d’humour après une chronique à tendance dramatique, je citerai cette phrase très philosophique prononcée par Clint Eastwood dans un de ses films : « Les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un ». Le principal c’est que chacun y trouve son compte et s’amuse parce qu’au fond nous partageons tous la même passion et c’est la seule chose qui importe !

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55 commentaires sur « Reboot de Tomb Raider : chronique d’un fan désabusé »

  1. Merci pour cette belle chronique sur les aventures de la chère Lara Croft ! Cela a été aussi le premier jeu avec lequel j’ai commencé les jeux vidéos (FFVIII étant en même temps, ceci dit). Je regardais mon frère jouer à Tomb Raider II, je reprenais le clavier pour aller jouer dans le manoir (et noyer Lara que je ne parvenais pas à faire remonter à la surface, xd) puis j’ai enfin commencé l’aventure. Pareil, j’étais pas bien âgée.

    Globalement, je te rejoins énormément dans ta critique de tous les jeux. Je ne pense pas avoir jamais fait de fond en comble les 4 premiers opus, soit à cause de bugs, soit parce que je trichais quand je n’y arrivais pas. Mais à partir du 5 (et j’ai peut-être refait le 4 quand même) je les ai tous faits en entier. Même si Lara était un objet de fantasme au tout début, elle est quand même classe, aventureuse, déterminée, et ses aventures dépaysaient totalement. J’adorais la Lara des six premiers épisodes, et particulièrement celle de l’Ange des Ténèbres. J’ai toujours regretté qu’ils ne fassent pas cette fameuse trilogie sombre, où elle évoluait psychologiquement, et j’avais été un peu déçue par le côté réchauffé du Tomb Raider Legend, mais j’avais bien aimé quand même. Maintenant qu’on en reparle, c’est vrai que dans Anniversary, sa scène de culpabilité où elle tue un des antagonistes, était bien mieux réussie que celle dans Tomb Raider Reboot. En tout cas, j’en ai plus de souvenir alors que j’ai dû faire Anniversary une seule fois y a des années, et Tomb Raider 2013 y a quelques mois, xd.

    Oui, les reboots manquent de charme. Après, je n’ai pas fait Rise of Tomb Raider, je le ferai sans doute, mais…Tomb Raider 2013, même si c’est un jeu sympa à faire, manque effectivement de charisme, de force, et cette nouvelle Lara est très geignarde mine de rien. Sans compter que niveau masochisme, vu ce qu’elle subit, c’est pas du tout réaliste. Et ça aurait été bien qu’ils la fassent travailler sur autre chose que son histoire de famille, ce qui était déjà le cas dans le Tomb Raider Legend et Underworld. (J’ai très peu de souvenirs d’Underworld, en revanche, j’ai l’impression de ne pas l’avoir beaucoup aimé). Mais tu as raison, la Lara qu’on connaît n’existe plus du tout, à part quelques clins d’oeil, et c’est à la fois triste et dommage. Je préférerais toujours l’ancienne. Tu situes très bien le côté travail qui manque de développement, et le pompage sur Uncharted (même si je ne suis pas très fan d’Uncharted). J’y ai assez pensé en faisant le reboot, notamment pour les scènes de combat et les mises en scène spectaculaires, complètement à l’opposé des lentes progressions et des pièges des premiers Tomb Raider. Et ce n’est pas que de la nostalgie…c’était des jeux dans un style très différent, tout simplement, avec une exploration significative. Je ne sais pas ce que donnera le prochain opus, on verra, mais je ne suis pas pressée, j’attends d’autres jeux plus impatiemment.

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    1. Je pense qu’on a tous eu la même initiation plus ou moins : on commençait dans le Manoir, on arrivait quand même à la faire mourir, et après on se lançait dans l’aventure pour de vrai haha !

      Je suis assez d’accord pour Anniversary, même si dans cet opus aussi la scène est somme toute assez bancale puisqu’elle tombe comme un cheveux sur la soupe. Mais elle est clairement plus réussie en termes d’émotions (aussi peu présentes soient-elles) que dans le reboot où c’est too much et mal joué/doublé.

      En tout cas merci pour ton commentaire, d’autant plus que visiblement tu es d’accord avec moi. Tu verras quand tu le feras mais n’attend pas grand chose de plus de Rise, qui se contente de reprendre la même formule trait pour trait avec quelques (très) légères améliorations sur certains points. Et visiblement, Shadow est parti sur le même chemin, à la différence qu’on peut d’ores et déjà constater quelques régressions (graphiques notamment).

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    2. C’est exactement ça pour le manoir Croft, xd.

      Ça me donnerait presque envie de refaire tous les Tomb Raider, en tout cas. Faire un long marathon en faisant tous les niveaux, pour retrouver cette sensation de voyage, d’évasion, d’énigmes retorses, de pièges et d’abysses qu’on surplombe de très haut. De toute manière, il y a beaucoup d’émotions et de nostalgie ancrées aux premiers jeux auxquels on a eu accès.

      Rise of Tomb Raider se fera, mais je l’admets, je ne suis pas plus pressée que ça, ni pour Shadow…il y a bien d’autres jeux à faire avant. Mais c’est vraiment dommage qu’ils n’aient pas pris plus de risques, de parti pris pour la nouveauté, un véritable renouveau.

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    3. J’avais commencé à le faire il y a quelques années, mais par manque de temps je n’ai pas dépassé le début de TR3 (qui est pourtant mon préféré). Je m’étais lancé ce défi parce que mine de rien, je n’avais jamais fait les cinq premiers opus sans tricher (c’est-à-dire sans regarder la soluce et/ou utiliser des codes), et je voulais y parvenir. L’avantage de les avoir découverts petit c’est qu’aujourd’hui je n’ai pas forcément de souvenirs précis de tous les niveaux, donc j’ai toujours ce sentiment de découverte par-ci par-là. Après avoir fait TR1 et TR2 (+ leur extension sur PC) ainsi que l’extension de TR3, je me suis arrêté. Il faudrait que je songe à le reprendre un jour ce défi… Ne serait-ce que pour retrouver ces émotions et cette nostalgie dont tu parles.

      Je te comprends tout à fait. C’est pareil de mon côté, les Tomb Raider ne sont plus ma priorité, loin de là. J’ai eu la chance de faire Rise peu après sa sortie sur PS4 grâce à un concours que j’ai gagné, sinon il est fort probable que je ne l’aurais pas encore découvert. Et ce sera pareil pour Shadow, je n’y jouerai probablement pas avant plusieurs mois au plus tôt, un ou deux ans au plus tard…

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    4. De plus, le 3 est tout de même assez difficile dans mes souvenirs, avec beaucoup d’ennemis. Ce n’est pas un mince défi, en effet. Et puis il y a le plaisir de redécouverte qui joue…je crois que j’avais les extensions du 3, mais je n’avais jamais été jusque-là. En tout cas, bonne chance, et surtout bonne exploration, si tu les retentes ! Et je suis sûre que tu y retourneras.

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    5. Le 3 est connu pour être le plus difficile de la saga effectivement. Pas forcément à cause du nombre d’ennemis puisque c’est le 2 qui en comporte le plus si mes souvenirs sont bons, mais surtout à cause de la surface des niveaux et des énigmes qui peuvent donner envie de s’arracher les cheveux.
      Merci en tout cas ! 😀

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  2. Bonjour,
    J’ai 49 ans et je suis un amoureux de la première heure de Lady Lara Croft. J’ai fait tous les Tomb Raider jusqu’à underworld, qui est pour moi le dernier. Ma déception est immense quand je vois ce qui a été fait d’une de mes licences préférées (la deuxième est Resident Evil qui a aussi été massacré) pour coller aux « standards du moment ». Je me console en rejouant avec mes « vieux » Tomb Raider qui n’ont rien perdu de leur magie… Je n’en ai pas acheté une seule des « nouvelles aventures de lara croft » et n’en achèterai probablement jamais puisque ce n’est plus le même jeu ! J’appel ça de l’usurpation d’identité, bande de voleurs, rendez-nous notre Lara Croft !!! Escrocs !!!

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    1. Bonjour,

      Je vous comprends et je pense que vous avez eu raison. J’ai joué à l’opus de 2013 par curiosité, ça a été un échec. J’ai voulu laisser sa chance au deuxième, idem. Je viens de terminer le troisième et dernier pour boucler la boucle, même résultat. Je pense que ce sera bel et bien mon dernier et que si d’autres venaient à sortir, l’aventure continuera sans moi.
      Shadow était le plus prometteur mais il a malheureusement échoué comme les deux autres à faire revivre Lara Croft, même s’il est parvenu à faire revivre l’esprit Tomb Raider durant quelques heures. Ma critique devrait sortir prochainement, si ça peut vous intéresser.

      Merci pour votre visite et votre commentaire en tout cas !

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    2. Bonjour,
      J’ai vu des extraits du dernier « Lara Croft » et ça n’a toujours rien à voir avec Tomb Raider… Je suis tombé amoureux d’une superbe archéologue pleine d’assurance et de sang froid, qui parcourait le monde à la recherche de vestiges archéologique et devait de ce fait explorer des temples, déjouer des pièges, résoudre des enigmes, affronter des ennemis, avec un pistolet dans chaque mains… Ils ont complétement dénaturé une Licence Mythique ! Je suis un joueur de la première heure qui a donc vu naître cette licence, qui ne l’a jamais laché depuis et ne supporte pas du tout ce qu’ils ont fait.
      Ceci ne m’amuse vraiment pas du tout, je suis réellement écoeuré…
      Je ne sais pas comment vous dire mais Lara Croft fait partie de ma vie depuis plus de vingt ans et c’est devenu plus qu’une amie…

      Merci de m’avoir répondu !

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    3. Bonjour,

      Sachez que je vous comprends totalement. J’ai grandi avec Lara Croft, c’est grâce à elle que je suis arrivé dans le monde du gaming et c’est avec elle que j’ai fait une grande partie de mon parcours. Donc forcément, je suis aussi écœuré de voir ce qu’ils en ont fait. Malheureusement il n’y a plus de retour en arrière possible, du moins d’un point de vue créatif. Nous pourrons, de notre côté, toujours retourner sur ses anciennes aventures pour y retrouver notre plaisir d’antan. Ce sera notre seul moyen de consolation face à cette nouvelle Lara Croft qui appartient désormais à une nouvelle génération de joueurs…

      Je vous en prie, n’hésitez pas à revenir et à commenter, je suis toujours là pour répondre ! 😉

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  3. Je dirais que niveau décor c’est pire encore dans rise of the tomb raider… Franchement, depuis quand la neige sibérienne offre t-elle le rêve ? D’un autre côté l’opus est encore plus sidérant du fait que le prologue syrien était enthousiasmant : Lara saute toujours des gouffres mais on retrouvait aussi l’ambiance avec des panoramas magnifiques mais aussi des pièges vicieux dissimulés dans les ruines (le retour des piques mortelles et autres)… A part quelques scènes ou les piques reviennent (rare), dès l’arrivée en Sibérie, c’est vraiment la zone !
    Signalons cependant que si le jeu reste dans le gameplay le même jeu que 2013, il est hors de question pour Lara de « survivre »… En pratique, elle est décidée à botter des culs pour restaurer l’honneur bafoué de papa qui s’est soit disant suicidé de honte (en fait, on l’a suicidé ce qui n’est pas pareil). Du coup yamatai, c’était :
    Lara, fille innocente, apprends à survivre au milieu d’éléments hostiles et d’autochtones décidés à la butter qu’elle apprendra petit a petit a déssouder.
    Dans rise c’est :
    Lara, fille a la limite du sadisme mais arborant l’air sainte nitouche, décide d’aider les autochtones locaux dans un bute égoïste de prouver les théories de son défunt papa à botter le cul d’une armée entière menée par une organisation secrète quasiment paramilitaire en plus de sectaire parce qu’elle a envie de dessouder une armée pour le fun, le sport et ses intérêts persos.
    Ce n’est plus un jeu d’aventures.. En plus, ils nous ont même sorti des zombies dans un dlc… on est vraiment dans un style survival raté mais surtout vraiment dans un jeu typé shoot vu qu’on doit tirer sur tout ce qui bouge (animaux même ceux qui n’attaquent pas et les ennemis qui sont souvent entre 2 a 15 sur l’écran). Je veux bien que Lara dessoude à l’occasion des ennemis humains mais jamais plus d’une trentaine dans un jeu (et a partir de tomb raider II) alors que sur le yamatai on doit compter entre 500 a 600 cadavres et environ 1000 dans le second opus… J’ai peur avec le troisième que je n’ai pas encore touché à l’heure où j’écris.

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    1. En termes d’ennemis humains, des opus comme l’Ange des Ténèbres ou encore Legend se défendent quand même plutôt bien. Cela dit on était encore loin des armées qu’elle descend à elle toute seule depuis le reboot, c’est certain. Et en soit ça ne me dérange pas, je comprends l’idée d’un point de vue vidéoludique. Mais ce n’est absolument pas cohérent avec le développement du personnage par contre, surtout dans l’opus de 2013 où dès le début elle assassine des dizaines de mecs surarmés à elle toute seule alors qu’elle est censée être inexpérimentée, sous le choc et surtout blessée.
      Pour Shadow of the Tomb Raider, c’est le meilleur des trois à mon sens. Il gomme légèrement certains défauts des deux précédents, surtout au début qui prend davantage l’allure d’un Tomb Raider. Par contre arrivé à Paititi (le plus grand hub du jeu), tout se casse la gueule et le titre retombe dans tous les travers possibles et imaginables. C’est vraiment dommage.

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  4. Bonjour Matthieu,

    Moi, tout ce que je vois, c’est que mon aventurière vidéoludique préférée, Lara Croft, qui était l’héroïne d’un jeu qui s’appelait Tomb Raider, a été enterrée depuis des années et qu’elle est victime d’une usurpation d’identité !
    J’ai vraiment mal au cœur quand je vois le sort qui lui est réservé, alors qu’elle m’a offert tant de si belles aventures…
    Nous les fans, n’avons aucun droits ! Si je m’amusait à faire une copie d’un Picasso et que je la présentait à des regards avisés, tout le monde me dirait que ce n’est qu’une pâle copie, qui n’a aucun intérêt !!! Mais pour un chef d’œuvre Mythique du jeu vidéo, personne ne s’offusque que la licence soit travestie, dans un but commercial, pour faire plaisir au premier ado boutonneux en mal de testostérone … Je cris au scandale !!! Protégeons les chefs d’œuvre du jeu vidéo comme le son les autres œuvres d’art !!! Ils n’ont
    pas le droit de faire ça !!! Nous sommes tous responsable de ce qui se passe par notre désinvolture… Toutes les licences subiront le même sort, tant que les fans ne se réveilleront pas pour exiger d’être respectés ! Il n’y a pas de fatalisme, il n’y a que des renoncements… YLT

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    1. Nous sommes bien d’accord sur ce point : Lara Croft, la vraie, celle que nous aimions, n’existe plus. Aujourd’hui, c’est une autre version qui a pris sa place pour un public différent. Malheureusement, on est forcés de faire avec. Même si ça fait mal au coeur, ça fait partie d’un processus récurrent depuis bien des années : la relecture des œuvres sous forme de reboot.
      Ceci dit, je pense quand même que beaucoup s’en sont offusqués. D’ailleurs, le succès n’est pas vraiment au rendez-vous pour cette nouvelle version. Le jeu de 2013 a peut-être séduit la critique par sa « nouveauté », mais les ventes étaient bien en deçà des espérances de Square Enix. Et les suivants sont loin d’avoir fait mieux, surtout Shadow qui, sans mauvais jeu de mot, a eu bien du mal à sortir de l’ombre puisque la formule avait déjà lassé le public cible. Comme quoi…

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  5. Bonjour Matthieu,
    Je constate que tu ne souhaites pas prendre position sur le fait que je conteste le monopole qu’ont les industrielles du jeu vidéo, sur le développement d’une licence devenu mythique, véritable œuvre D’art, et que j’estime, de ces faits, appartenir aussi à ces fans. Tu dis que nous sommes « forcés de faire avec », et effectivement, actuellement, je ne peux que constater cet état de fait, puisque je n’ai aucun pouvoir pour peser dans les décisions. Mais tout le monde est-il forcé de faire avec ? Tu penses vraiment que personne ne peut influer dans les processus décisionnelles ? Il existe des communautés de gamers, des fans, des chroniqueurs, des testeurs, des journalistes du jeu vidéo et bien d’autres… Il ne tiendrait qu’à nous d’essayer de peser dans la balance si nous le voulions vraiment ! Pour ma part, je ne pense pas que les résultats des ventes, « moins bon qu’espérés », vont changer quoi que ce soit. .. Alors oui, j’ai très mal au cœur parce qu’il n’y a personne pour défendre Lara Croft !!! Et encore une fois, Lara nous a offert de si belles aventures que je vous trouve tous bien ingrat ! Vous dites l’aimer, mais vous ne savez pas ce que ce mot veut dire… Vous méritez bien finalement ce qui nous arrive ! YLT

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