Orange is the New Black (Saison 1 à 5) : un milieu carcéral unique en son genre

Cinq ans après tout le monde, grâce aux offres du Black Friday et à un abonnement tout neuf à Netflix, j’ai enfin pu rattraper mon retard sur l’une des séries les plus populaires de ces dernières années : Orange is the New Black. Créée en 2013 par Jenji Kohan à partir du livre autobiographique Orange is the New Black : My Year in a Women’s Prison de Piper Kerman, la série nous montre le quotidien des détenues de la prison pour femmes de Litchfield, une prison basse sécurité où se retrouve Piper Chapman pour une histoire de trafic de drogue.

Après avoir assidument dévoré les soixante-cinq épisodes déjà disponibles (répartis sur cinq saisons de treize épisodes chacune), voici donc venu le temps de vous faire mon compte rendu de chaque saison de cette série qui s’est révélée surprenante à plus d’un titre.

 

Saison 1 : Un milieu carcéral unique en son genre

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Pour toute personne ne s’étant pas renseignée le moins du monde sur Orange is the New Black, la découverte de Litchfield risque d’être plus qu’étonnante. À l’origine de la série, on découvre le personnage de Piper Chapman encore en liberté : rattrapée par une histoire de drogue vieille de dix ans, elle profite difficilement de son dernier jour en compagnie de son mari et de ses amis avant de se rendre à la prison pour y être incarcérée. Tout comme elle, on s’attend donc à entrer dans un milieu froid, hostile et peu fréquentable, une vision somme toute normale que l’on a tous de la prison.

Mais le fait est que, comédie oblige, ce n’est absolument pas le cas. Sans pour autant que la série ne nous apparaisse comme une utopie où tout est beau et tout est rose, le milieu carcéral nous est présenté à travers une vision légère et comique qui contrebalance totalement avec l’aspect sombre et violent que l’on s’attendait à retrouver. Ainsi, à travers le regard de Piper qui incarne le véritable point d’entrée du spectateur à Litchfield, on découvre l’ensemble des détenues, des gardiens et le fonctionnement régissant la prison.

Le premier point qui frappe est sans aucun doute l’ambiance qui y règne. Sans surprise dans un tel milieu, beaucoup de détenues, sans forcément se détester, minimisent les contacts les unes avec les autres et se contentent de se tolérer. À ce titre se dégagent trois groupes en particulier, chacun se trouvant dans des boxes communs séparés : les blancs, les noirs et les hispaniques. L’essentiel des interactions se fait dans chacun des groupes, excepté lors des réunions communes où elles se retrouvent toutes ensemble comme à l’occasion des repas ou des travails qu’elles doivent accomplir. À côté se trouve également le personnel de la prison, composé des divers conseillers, de la direction et bien entendu des nombreux matons.

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Piper à son arrivée à Litchfield, accompagnée de Daya et Janae

Avec autant d’éléments et de personnalités opposés, il n’est ainsi pas surprenant de voir émerger de nombreuses tensions : les filles se tirent dans les pattes, se provoquent, se battent, le tout d’une manière assez épurée cependant pour coller à l’aspect léger de la série. C’est d’ailleurs sur cela que repose principalement le côté comique, ces confrontations étant à l’origine de gags les plus marquants. Néanmoins, il ressort surtout de tout cela une notion de respect mutuel entre les détenues : malgré leurs différences, il leur arrive souvent de s’entraider et de se soutenir pour rendre leur séjour le moins difficile possible. Une vision qui n’est clairement pas celle à laquelle on s’attendait mais qui est agréable à découvrir puisque le milieu carcéral n’a jamais vraiment été montré de cette manière auparavant.

On se plaît ainsi à suivre les histoires de chacun des personnages, y compris du côté du personnel de Litchfield et de ses liens avec les détenues, et on s’attache rapidement à chacun d’entre eux. Cela fait plaisir de voir que malgré le milieu dans lequel se déroule la série, les scénaristes ne sont pas tombés dans le cliché manichéen avec les dominés d’un côté et les dominants de l’autre. Personne n’apparaît tout blanc ou tout noir et ils sont tous capables du meilleur comme du pire pour se défendre ou pour défendre leurs proches. De plus, on ne peut que louer la qualité du système des flash-back qui nous permet d’en apprendre plus sur le passé des personnages les uns après les autres : non seulement il est parfaitement intégré mais en plus il n’étouffe pas l’intrigue principale se déroulant à la prison.

 

Saison 2 : Plus sombre, moins équilibrée, une identité en perdition

Malheureusement, la deuxième saison rompt rapidement avec tous les éléments cités précédemment pour adopter une vision plus commune du monde carcéral, au détriment de l’identité si particulière que la première saison avait su créer. En effet, la légèreté disparaît petit à petit au profit d’un ton bien plus grave évoquant les thématiques du trafic de drogue, des abus autoritaires des gardiens ou encore de la guerre des races qui oppose les détenues. Orange is the New Black voit alors apparaître son premier personnage véritablement manichéen, la détestable Vee, tandis que l’évolution de certains autres prend la mauvaise direction, à l’image de Taystee, Healy mais surtout de Pornstache, qui tombe progressivement dans l’excès. Heureusement, d’autres bénéficient d’un meilleur traitement, comme Piper, dont les effets de la prison sur la personnalité sont très nets puisqu’elle apparaît plus fermée, plus méchante mais paradoxalement plus drôle.

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Red et Vee, une querelle de longue date

Tandis que l’humour et les situations comiques se font de plus en plus rare, on remarque également qu’un changement de rythme a été opéré dans la narration. En plus d’avoir un début de saison bien trop long à mettre les choses en place, nous donnant ainsi l’impression qu’il n’y a pas vraiment de fil conducteur, on peut regretter le fait que certains personnages et certaines intrigues soient mises à l’écart ou carrément absentes de certains épisodes sans qu’aucune justification ne soit donnée. De même, les flash-back apparaissent dans l’ensemble bien moins intégrés puisqu’on entre dans la formule « un épisode, un personnage », ce qui tend davantage à casser le rythme.

En bref, cette saison 2 se révèle être bien moins équilibrée que la première sur tous les plans et donc dans l’ensemble plus décevante. Sans doute cela est-il dû au fait que Piper n’est plus vraiment le personnage principal, ce qui implique un traitement à parts égales de tout le casting et donc un nouveau rythme à maîtriser.

 

Saison 3 : Une identité retrouvée pour une véritable avancée scénaristique

Mais le tir est rapidement corrigé avec la troisième saison qui est là pour relever le niveau grâce à une intrigue beaucoup plus captivante. En effet, outre les détenues, la prison en tant que structure et son personnel sont désormais eux aussi au cœur de l’histoire à travers un possible rachat par une nouvelle entreprise, ce qui tend à mettre en péril la gestion de la prison telle qu’on la connaît ainsi que le sort des gardiens. Ces changements sont l’occasion de renouveler une partie du casting grâce à l’intégration d’un nouveau personnel totalement inexpérimenté, ce qui permet à la série de retrouver sa légèreté et son humour dans un rythme beaucoup plus fluide grâce à tout un lot de situations cocasses et de dialogues bien placés. De plus, on appréciera le fait que les erreurs de la précédente saison, à savoir la disparition soudaine de certains personnages ou encore l’intégration moins réussie des séquences flash-back, soient désormais corrigées.

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Une bonne partie du casting lors d’une séquence forte en émotions

Néanmoins, on ne peut s’empêcher de remarquer qu’à force de multiplier les différentes intrigues pour un certain nombre de personnages –parmi lesquels des personnages qu’on découvre plus en profondeur alors qu’ils n’étaient que secondaires jusque là–, les scénaristes ont parfois tendance à en bâcler certaines ou, au contraire, à en étirer d’autres. Par exemple, là où la question du rachat de la prison et de ses conséquences ainsi que le développement de l’aspect psychologique d’Alex Vause auraient gagné à être plus longuement traités, l’intrigue concernant le personnage de Norma, marrante au début, finit par perdre en saveur et devenir plus ridicule qu’autre chose à force d’être étirée tout au long de la saison. Heureusement, d’autres sont là pour relever le niveau telles que celle de Folle Dingue, qui est probablement la plus savoureuse de cette saison 3.

 

Saison 4 : Une saison engagée avec finesse et subtilité

Cependant, on a le plaisir de découvrir que les scénaristes n’en avaient pas réellement terminé avec l’intrigue du rachat de la prison, qui se retrouve ainsi à nouveau au cœur de cette quatrième saison. De quoi développer plus longuement la question, qui ne l’était clairement pas assez dans la précédente. Mais s’il y a bien un aspect sur lequel elle se démarque plus que les autres c’est sur les thèmes qui sont abordés. Depuis le début, Orange is the New Black a l’habitude d’évoquer divers thématiques engagées et c’est encore plus flagrant ici. Avec subtilité et profondeur, la série se permet d’aborder des sujets inédits et puissants avec un traitement mettant en valeur le côté cru, pour en montrer la gravité, et le côté léger, imposé par l’aspect comique de la série, qui parvient alors à perdurer contrairement à la deuxième saison.

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Les prémices d’une grosse tempête…

On regrettera néanmoins de voir que la question d’entraide entre les détenues, qui était pourtant l’un des points forts de la première saison, a complètement disparu depuis le passage de Vee qui a laissé derrière elle une guerre des races permanente. S’il était intéressant et surtout logique d’aborder la question à un moment ou à un autre, cela risque rapidement de tourner en rond s’ils ne cherchent pas à évoluer dans les propos que ce genre d’intrigue peut véhiculer. Malgré tout, on appréciera le fait que tout cela permet à de nouveaux personnages, souvent en retrait dans les saisons précédentes, d’être mis sur le devant de la scène pour bénéficier du même traitement que les autres. On se plaît ainsi à découvrir leurs histoires, toujours habilement développée et soignée grâce à une écriture de qualité. En bref, on tient sans aucun doute la saison la plus complète et la plus intéressante depuis la première. Une vraie réussite !

 

Saison 5 : Une mutinerie aussi captivante qu’interminable

Pour finir, passons maintenant à la cinquième et dernière saison à ce jour. Après un épisode de reprise aussi intense que n’était fort en émotions le season final de la précédente, l’intrigue est lancée : une mutinerie est mise en place par les détenues qui veulent faire entendre leurs revendications suite à la dégradation de leur niveau de vie en conséquence du rachat de Litchfield par MCC. Un nouveau thème intéressant fait ainsi son apparition parmi de nombreux autres : la volonté des détenues d’être respectées et traitées comme des êtres humains. Un sujet aussi intéressant qu’il est permanent dans notre société mais qui souffre malheureusement d’une écriture et d’un développement parfois décevants.

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En effet, et c’est le principal défaut de cette saison, elle est remplie de bonnes idées qui ne sont pas toujours correctement exploitées. Pour cause, la mutinerie perd peu à peu en crédibilité au fur et à mesure que les épisodes avancent à cause d’une temporalité bien trop étirée : les treize épisodes se déroulent sur trois jours uniquement. Autant dire que cela semble très long pour le spectateur qui en vient à espérer que les choses évoluent enfin. C’est d’autant plus problématique que cela entraîne un certain éparpillement chez les scénaristes qui frôlent parfois la parodie en tombant dans le too much, la faute à un humour moins bien maîtrisé.

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Quand la technologie entre à Litchfield, rires garantis !

Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas et qu’il est mauvais : les situations et les dialogues comiques ne manquent absolument pas à l’appel et sont même nombreux, en particulier lorsque les filles se retrouvent confrontées aux évolutions de la société qu’elles ne maîtrisent pas, conséquence de leur absence de contact avec le monde extérieur. Cependant, certaines intrigues peinent à captiver et nous font regretter la disparition de certains personnages qui sont trop souvent absents durant cette nouvelle saison, effacés par les mêmes qui sont constamment mis en valeur. Une bonne chose dans certains cas, en particulier avec Taystee, Piscatella ou encore Blanca, une mauvaise chose dans d’autres cas, comme avec Angie et Leanne qui deviennent imbuvables et qui tendent à faire tâche dans le paysage de la série.

 

En conclusion, il ne fait aucun doute que la production de Netflix mérite sa reputation. Drôle, émouvante, touchante, engagée, elle n’hésite pas à évoquer des thèmes forts avec une violence relative et beaucoup de légèreté, soit un moyen presque ludique et agréable pour les spectateurs de prendre conscience de certaines réalités présentes dans le milieu carcéral. Malgré un niveau parfois fluctuant, Orange is the New Black place la barre à un haut niveau et nous donne envie, saison après saison, de retourner en prison afin de suivre les aventures de toutes ces détenues auxquelles on s’attache sans difficulté. Un rendez-vous annuel que je ne me permettrai plus de manquer et qui, aux vues du final de la saison 5, promet d’être haut en couleur cette année !

14 réflexions sur “Orange is the New Black (Saison 1 à 5) : un milieu carcéral unique en son genre

  1. Hum j’suis partagée sur cette série, j’ai aimé les trois premières saisons, puis un peu la quatre et pas du tout la 5…Je trouve que dans cette dernière on s’éparpille, on est dans un cliché constant, bref c’est lourd par moment. Je pense que je regarderais la suivante quand même mais j’ai moins « d’envie » qu’auparavant..

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    1. On est d’accord pour la 5, je n’ai pas toujours compris leur délire même si dans l’ensemble j’ai plutôt bien apprécié la saison. Mais ça reste celle que j’aime le moins avec la saison 2, ce que je trouve dommage parce que le thème de la saison était hyper fort.

      Ceci dit j’ai de bons espoirs pour la 6, à mon avis il va y avoir du renouvellement et j’ai hâte de voir ce que ça va donner !

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  2. Au contraire de toi, j’ai totalement décroché sur la saison 3 avant de rattraper les wagons à la 4. La 5 était bien too much, je ne l’aurais pas mieux dit. C’est marrant parce que ton ressenti de la série est totalement différent du mien alors qu’on commence un peu pareil… Je pense que le mode de visionnage joue beaucoup, tout voir d’un coup doit aider à rester dedans !

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    1. Effectivement j’ai eu l’avantage d’enchaîner les 5 saisons à la suite sans rien regarder d’autre à côté.

      En tout cas, à défaut d’être unanimes sur les saisons 2 à 4 qui divisent pas mal (en tout cas j’en ai l’impression), je vois qu’on est tous d’accord pour la 5. Il suffit de voir le pourcentage sur Rotten Tomatoes et Metacritic qui s’est cassé la gueule par rapport aux autres saisons.
      J’espère que la saison 6 parviendra à retrouver un meilleur équilibre, j’ai bon espoir qu’il y ait un véritable renouvellement vu le season final de la 5 !

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    2. Et en même temps, j’ai encore préféré certaines intrigues de la 5 à la 3 ; mais bon, le coup de la piscine là, je m’en suis jamais remis. Qu’est-ce que c’était mauvais !

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    3. C’est vrai que moi aussi j’ai bugué sur cette partie, au début je comprenais pas où elle était et quand j’ai su qu’elle avait aménagé tout ça j’ai trouvé que c’était un peu gros. Le pire c’est qu’à un moment y a la moitié du casting qui s’y trouve et personne se demande pourquoi la prison se vide… 😂

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    4. Oui, c’est vraiment le truc qui m’a fait décrocher de la saison, bien plus que Leanne et sa pote que j’ai limite trouvé plus sympa qu’avant tellement j’étais déçu lol

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    5. Ah non moi j’ai eu beaucoup de mal à les supporter. Elles deviennent de vraies gamines et je trouve ça ridicule parce qu’avant tu sentais qu’elles étaient débiles mais ça restait drôle. Que là franchement l’humour pipi-caca j’ai trouvé ça limite…

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    1. On est d’accord pour la 5 ! Ceci dit vu la fin je pense que c’est encourageant, ça promet du renouvellement je pense 🙂

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  3. Hello ! J’aime aussi énormément Orange is the new black, et ça fait plaisir d’en voir une critique positive, qui ne nie pas ses défauts pour autant. Et ça remet bien les choses en place de la critiquer, saison par saison. Dans l’ensemble, je suis assez d’accord avec toi. Ca fait drôle de voir quelqu’un qui ne déteste pas Piper et a été surpris qu’elle soit mise à l’écart, pour davantage voir les autres lol ! Mais bon, je n’ai rien contre elle non plus. Je crois que j’ai vu toutes les saisons d’un coup, il y a environ deux ans. J’ai vu la dernière quand elle est sortie, et c’est vrai qu’elle a un concept original que j’adore. Mais le revers de la médaille est effectivement des longueurs. Pour ce qui est de la parodie de soi-même, ou le fait que, quand il y a beaucoup de personnages, les plus populaires soient mis en avant, au détriment des autres ; je crains que ce soit le lot de toutes les séries, à partie de 5 ou 6 saisons…

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    1. Hey ! 😀 Ravi que ma critique te plaise ! J’ai effectivement vu que beaucoup de monde avait du mal à supporter Piper, moi ce n’est pas vraiment mon cas. Je trouve que c’est la seule sur laquelle la prison a eu de véritables effets, et c’est d’ailleurs un aspect que j’aurais aimé voir être plus développé. J’étais hyper enthousiasmé quand ils l’ont fait avec Alex à son retour en prison dans la saison 3, mais c’est malheureusement avorté bien trop rapidement…
      Pour la mise en avant, on ne peut pas dire que ce soit une question de popularité je pense. Blanca n’était pas l’une des plus populaires, c’est bien la première saison où elle a un rôle aussi important alors qu’on la voit depuis le début. Seulement je trouve dommage qu’ils aient parfois du mal à jongler avec les autres personnages et qu’ils limitent leur apparition à l’écran. Qu’ils mettent en avant des nouveaux à un moment ou à un autre c’est bien, seulement il faudrait faire la part des choses et éviter de négliger une partie du casting à chaque fois. Mais comme tu dis, dans les séries avec un casting important c’est assez courant malheureusement. Grey’s Anatomy commence à en faire les frais depuis les saisons 11 et 12 par exemple.

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