Critiques en série #5 : rattrapage estival 2018 de séries

Après un quatrième numéro consacré à la musique, le format « Critiques en série » fait son grand retour pour un nouveau numéro uniquement consacré aux séries, le deuxième déjà.

Je souhaiterais d’ailleurs en profiter pour vous informer qu’après mûre réflexion, je risque désormais de privilégier ce format pour la plupart de mes critiques consacrées aux séries, même si certaines bénéficieront d’un article isolé de temps à autres. En effet, je ne vais pas vous cacher que je me sens de moins en moins à l’aise et « performant » dans l’écriture de ce type d’article, contrairement à mes critiques de jeux vidéo qui, comme vous le savez, sont celles qui m’intéressent et me passionnent le plus.

Mon amour pour les séries reste évidemment d’actualité et je continuerai d’en parler dès que possible sur le blog (et sur les vôtres), mais ce sera donc ici plutôt sous forme de compilation comme dans le cas présent. Il faut croire que le nom « Critiques en série » était bien choisi dès le début, n’est-ce pas ? De ce fait, le rythme de publication dans cette catégorie risque d’être moins soutenu qu’à l’origine.

Il faut dire aussi que le fait que je n’aie regardé que très peu de séries ces dernières semaines n’a pas vraiment aidé. Ceci s’explique par le fait que j’ai désormais choisi de privilégier les jeux vidéo autant que possible (forcément, je souhaite en faire mon métier), et il m’est parfois extrêmement difficile de jongler entre ça, ma vie privée, et ma vie estudiantine/professionnelle qui ne vont pas tarder à reprendre. Donc je fais des concessions là où je peux, et les séries ont tendance à trinquer.

Voilà, cette mise au point étant faite, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture pour cette critique sérielle 4 en 1 !

 


NU (SAISON 1)


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 « En 2026, un changement radical impose à tout le monde de vivre nu dans une France pacifiée et apaisée suite au vote de la loi transparence, destinée à lutter contre le terrorisme. Mais le meurtre de l’instigateur de cette loi, retrouvé habillé, ravive les tensions. L’enquête est confiée à l’inspectrice Lucie, qui collabore avec son ex-partenaire Franck Fish, tout juste sorti de huit ans de coma et devant s’adapter à cette nouvelle situation. »

Créée par Olivier Fox et diffusée sur OCS Max durant l’été, cette série française composée de dix épisodes d’une vingtaine de minutes a de quoi attirer l’attention grâce à un speech aussi original qu’audacieux. Rebondissant sur un fait d’actualité malheureusement majeur ces dernières années, à savoir le terrorisme, elle propose une formule complètement décomplexée d’anticipation pour imaginer, sur le ton de l’humour, ce à quoi pourrait ressembler la France la prochaine décennie.

 

Malgré son format aussi court sur la durée que sur la longueur, Nu parvient à pousser le téléspectateur à s’interroger sur de nombreuses questions. En partant des complexes liés à la nudité (car, soulignons-le, la série ose le full frontal féminin comme masculin) et au regard des autres, elle interroge des thèmes tels que les apparences, la vérité et la protection de soi ou des autres, tout en mettant cela en rapport avec des sujets sensibles comme le terrorisme et la religion.

Elle n’hésite pas, pour cela, à faire de l’humour (parfois noir) afin de dénoncer et de se moquer des mœurs actuelles, dont elle prend un malin plaisir à prendre le contre-pied le plus total. Par exemple, alors que la nudité publique, qu’elle soit totale ou partielle, fait encore beaucoup débat à notre époque, Nu imagine une société où les vêtements sont aussi tabous que répréhensibles. Un marché noir se forme autour de cela et ceux qui refusent de se plier à la loi deviennent alors des « réfractaires », forcés de vivre cachés. Cela donne également lieu à des détournements complètement savoureux, comme lors d’une scène se déroulant dans un club échangiste bien différent de ceux que nous connaissons…

Malheureusement, format court oblige, Nu souffre également d’une écriture rapide et pas toujours très réussie. Beaucoup de sujets sont traités en surface alors qu’ils gagneraient à l’être plus en profondeur et le fil conducteur, à savoir l’enquête, est trop peu maîtrisé pour être captivant, au même titre que le déroulement global des événements. Sans oublier que le jeu d’acteur peut se révéler très inégal par moments.

 

En dépit de quelques faiblesses principalement liées à son écriture, Nu se présente donc comme une série sympathique, inédite mais surtout audacieuse dans le sens où elle ose s’aventurer sur des terrains que l’on ne retrouve que trop peu à la télévision. Si la formule gagnerait à être peaufinée et développée, elle n’en reste pas moins une petite surprise qu’on apprécie découvrir malgré son format court.

 


CAMERON BLACK, L’ILLUSIONNISTE (SAISON 1)


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« Cameron Black, l’un des plus grands illusionnistes du monde, voit sa carrière être détruite après que son plus grand secret soit révélé au monde entier. Persuadé qu’il s’agit d’un coup monté, il met ses compétences sur la tromperie et l’illusion au service du FBI afin de les aider à attraper les criminels les plus insaisissables et de rétablir la vérité. »

Créée par Chris Fedak (Chuck), cette série américaine (intitulée Deception en VO) diffusée sur ABC aux États-Unis et TF1 en France est une série policière au format tout ce qu’il y a de plus traditionnel, à la différence que l’illusion y occupe une place prépondérante.

 

En effet, proposant à ses débuts une histoire relativement classique avec une composante « magique » qui, il faut le dire, apporte tout de même un vent frais suffisamment important pour lui permettre de se démarquer de ses consœurs, Cameron Black gagne peu à peu en intérêt et en identité grâce à son fil conducteur qui tire partie des spécificités du protagoniste, de son histoire et de ses compétences particulières. Ainsi, en parallèle des habituelles « affaire du jour », la série développe un véritable côté thriller chasse aux trésors qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des épisodes.

Si comme dans toute série qui se respecte certains épisodes sont moins intéressants que d’autres, la plupart demeurent admirablement bien écrits, montés et mis en scène, de sorte que l’on ne voit absolument pas le temps passer. Les rebondissements et les surprises se multiplient tandis que la dynamique entre les personnages, assez décevante au début, se peaufine et s’améliore. Des profils à l’origine beaucoup trop clichés gagnent en profondeur et deviennent même attachants, avec une mention particulière tout de même pour l’antagoniste et son charisme quasi-immédiat, même si certains d’entre eux (Gunter, Jordan et Deakins) peinent à gagner en intérêt.

 

Malheureusement, tout cela n’aura pas suffit à sauver cette série pourtant si prometteuse qui a été annulée à l’issue du treizième épisode. Bien que l’on ne connaîtra jamais le fin mot de l’histoire de notre cher Cameron Black, précisons tout de même que les scénaristes sont parvenus à boucler l’arc narratif entamé avec une fin, certes frustrante, mais néanmoins largement valable en tant que series finale.

 


HAPPY! (SAISON 1)


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« Nick Sax est un ancien policier devenu tueur à gage, sans domicile fixe, drogué et cynique. Après avoir été blessé par balle et laissé pour mort, il est pris en charge par des ambulanciers qui lui prodiguent des soins d’urgence. Mais en revenant à lui, il est interpellé par Happy, une petite licorne bleue volante particulièrement bavarde qu’il est le seul à voir. Cette dernière lui dit être l’ami imaginaire d’une petite fille nommée Hailey, kidnappée par un fou déguisé en Père-Noël. Lorsque Nick découvre la nature de son lien avec la fillette, il accepte d’aider Happy à partir à sa recherche, et ainsi d’affronter les pires gangsters de la ville. »

Créée par Grant Morrison et Darick Robertson, cette série américaine est l’adaptation télévisée du comic book éponyme dont les deux hommes sont également les auteurs. Diffusée sur la chaîne SyFy et disponible sur Netflix France depuis avril, il s’agit d’une série policière aux allures de comédie noire dans laquelle on retrouve Christopher Meloni, aka Elliot Stabler dans New-York Unité Spécial, toujours dans le rôle d’un flic, mais dans un registre bien différent…

 

En lisant le synopsis ou tout simplement en lisant l’expression « comédie noire », on comprend qu’Happy! est une série reposant sur le principe de dichotomie. Et c’est quelque chose que l’on retrouve tout au long des huit épisodes qui composent la saison. Alors que dans la culture américaine, la période de Noël est constamment représentée de manière festive et utopique, comme la période où la « magie » de l’événement fait des miracles, ici ce n’est absolument pas ce à quoi il faut s’attendre.

Pour cause, il est ici question d’une histoire criminelle reposant sur un trafic d’enfants impliquant notamment un déséquilibré déguisé en Père-Noël et une organisation liée à la mafia. L’univers de la série est donc mature, mais surtout très dérangeant, violent et vulgaire. Paradoxalement, il n’y a néanmoins que très peu de violence visuelle. Il y a du sang, il y a des bagarres, il y a des accidents, mais la série s’attache à maintenir un côté prude et édulcoré. C’est sur ce point qu’Happy! surprend et trouve sa force, sur sa capacité à mettre un scène un univers malsain où une forme d’innocence perdure, une innocence incarnée par l’adorable licorne Happy.

Si ce décalage est souvent à l’origine de situations comiques, ne serait-ce que durant les scènes d’action où la violence est souvent commise sur fond de chansons de Noël, on regrettera cependant une écriture parfois difficile à suivre et perfectible, ce qui n’aidera pas ceux qui n’accrochent déjà pas plus que cela à cet univers à adhérer au show. En effet, l’enquête est contée d’une manière si particulière qu’elle peut parfois nous perdre et nous dérouter, au point qu’on en arrive à se demander s’il s’agit réellement d’une enquête ou non. Du côté des personnages, le déception est également au rendez-vous puisque Nick a parfois tendance à tomber dans le too much tandis que l’un des antagonistes, Blue, se montre antipathique au possible. Quant à ce brave Happy, son rôle est finalement très secondaire malgré le fait que la série porte son nom…

 

Happy! est donc une série très particulière qui ne plaira certainement pas à tout le monde. Si on ne peut nier le fait qu’elle propose un univers, une mise en scène et une photographie aussi uniques que maîtrisés, il peut être difficile d’y adhérer, surtout que le format de narration choisi n’est pas toujours évident à suivre. En tout cas, il est clair qu’on ne verra plus jamais Christopher Meloni de la même manière et on espère que la saison 2, d’ores et déjà annoncée, saura davantage mettre en avant le personnage d’Happy, trop sous-exploité jusqu’ici.

 


TAKEN (SAISON 2)


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En dépit d’une première saison qui fut un véritable échec critique, l’adaptation télévisée de Taken, qui revient sur les origines du célèbre Bryan Mills incarné par Liam Neeson au cinéma, a fait son retour pour une seconde saison composée de seize épisodes. Toujours diffusée sur NBC aux États-Unis et sur les canaux d’SFR en France, elle sert de nouveau départ pour la série dont elle renouvelle l’intégralité du casting, à l’exception de Mills et de Christina Hart, selon la volonté du nouveau showrunner Greg Plageman (Person of Interest). Tous ces changements lui ont-ils été bénéfiques ? Réponse tout de suite.

 

Lorsque l’on découvre le premier épisode, on remarque que Plageman a pour volonté de repartir sur de nouvelles bases. Si le season premiere fait directement suite aux événements de la saison précédente, on comprend rapidement qu’il ne faut pas s’attendre à y retrouver les mêmes choses. Autant dire que cela donne envie de lui offrir une chance, pour voir où cela va bien pouvoir mener. Mais rapidement… on déchante. Les premiers épisodes s’enchaînent et ne font que proposer des intrigues dénuées d’originalité, extrêmement prévisibles, partant dans tous les sens et se servant de formes narratives particulières de manière totalement inadaptée et ratée. Sans parler du développement des personnages qui apparaît toujours aussi brouillon.

Tout cela dure jusqu’à la mi-saison environ. Par la suite, on ne peut que constater un léger progrès qui, évidemment, est loin de relever du miracle non plus. Tout en continuant de proposer un enchaînement d’épisodes à la trame floue, pour ne pas dire inexistante, avec un Bryan Mills au charisme relativement inégal (malgré un talent indiscutable de Clive Standen pour ce genre de rôle) et des intrigues parfois invraisemblables et peu rigoureuses, la série tend à prendre une direction plus personnelle qui lui est bénéfique. C’est surtout au niveau du casting que des progrès sont à noter puisque le profil et l’histoire de chacun sont davantage développés, ce qui donne naissance à une équipe dynamique à laquelle on a envie de s’attacher.

 

Cependant, ces légers progrès n’ont pas suffit à NBC qui a pris la décision d’annuler la série à l’issue du seizième épisode, qui, comme par hasard, semblait orienter le show vers quelque chose de plus intéressant. Mais quoi qu’il en soit, Taken ne sera pas de ces séries que l’on gardera en mémoire après l’avoir visionnée, ni même que l’on regrettera. L’annulation était inévitable, et on peut dire qu’il était déjà bien surprenant qu’elle ait réussi à obtenir une deuxième saison…

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6 réflexions sur “Critiques en série #5 : rattrapage estival 2018 de séries

  1. J’ai beaucoup entendu parler de Happy, mais je ne pense pas du tout que ce soit pour moi, un peu trop WTF ^^’
    C’est pas mal aussi ce format d’article ça permet de découvrir plusieurs séries sans que tu sois obligé de faire un énorme article dédié 🙂

    J'aime

    1. Effectivement c’est très WTF. Ce n’est pas trop mon style non plus, c’est pour ça que j’ai eu un peu de mal. Mais je regarderai quand même la saison 2 par curiosité… et pour Happy qui est vraiment trop mignon haha !

      Content que ça plaise aussi, merci 😊

      Aimé par 1 personne

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