Liberation de Christina Aguilera : retour manqué pour la pop star

Après six années de pause musicale suite à l’échec critique et commercial de son dernier album, Lotus, Christina Aguilera a fait son grand retour sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé Liberation. Ce dernier, sur lequel elle avait déjà annoncé travailler en 2014, se sera fait attendre et aura donc suscité l’impatience de ses fans, qui l’attendaient comme le nouveau sésame. Mais le résultat est-il réellement au rendez-vous ? Réponse tout de suite.

 

De la pop à l’urban

En 2012, Aguilera avait misé sur des valeurs sûres pour Lotus en s’entourant de nombreuses pointures de la pop musique afin de produire un album à la fois accrocheur et accessible. Malheureusement, cela s’est retourné contre elle et beaucoup lui ont justement reproché son aspect commercial sans saveur ni personnalité. Qu’à cela ne tienne, la chanteuse a donc décidé de revenir à un style plus personnel avec Liberation, qui s’éloigne de la pop traditionnelle au profit de sonorités plus urban mêlant r’n’b et hip-hop. Ce virage, visible sur la chanson Accelerate qui a servi de lead single pour l’album, semblait plutôt prometteur. En effet, malgré sa production parfois brouillonne et la présence pas forcément indispensable des rappeurs Ty Dolla $ign et 2 Chainz en featuring, elle se révélait être à la fois efficace et entraînante bien que trop peu marquante pour appuyer son retour après six ans d’absence.

 

Un album hétéroclite…

Cependant, une fois l’album écouté dans sa globalité, on réalise qu’il est loin de se cantonner à un seul style et qu’il est même plutôt hétéroclite, à l’image de Stripped (2002). Une aubaine quand on constate que les morceaux les plus urbans sont les moins intéressants de la tracklist. Si Pipe, en featuring avec XNDA (personne dont on ignore l’identité), séduit par son ambiance paisible et particulière malgré une certaine platitude, on ne peut pas en dire autant pour Right Moves, en featuring avec Keida et Shenseea, dont les sonorités reggae, aussi réussies soient-elles, ne plairont qu’aux amateurs du genre, ni même pour Like I Do, en featuring avec GoldLink, qui est le plus gros échec de l’album avec sa production répétitive et inintéressante au possible.

On fera également l’impasse sur Sick of Sittin’, une chanson rock complètement ratée dont la production agressive, brouillonne et répétitive tape plus sur le système qu’autre chose ou encore sur les ballades Masochist et Unless It’s With You, qui sont relativement classiques et ennuyeuses et qui ne plairont, là encore, qu’aux amateurs du genre. Ce n’est en revanche pas le cas de Twice, qui se révèle être une sympathique ballade sur fond de piano dont la mélodie renforce les paroles, où la chanteuse invite à réfléchir sur les difficultés de la vie et, notamment, sur la différence entre le bien et le mal.

Enfin, pour clôturer ce chapitre, il va de soi qu’on ne retiendra pas non plus les trois interludes, Searching for Maria, Dreamers et I Don’t Need It Anymore (Interlude) qui, comme la majorité des interludes sur un album (parce qu’il y a toujours des exceptions), sont totalement dénuées d’intérêt et ne font que prendre la place de potentielles vraies pistes supplémentaires.

 

…où la pop l’emporte

Sur les quinze titres qui composent la tracklist, il en reste alors quatre. Le premier est Liberation qui, à l’image du procédé utilisé sur Back to Basics (2006) et Lotus, sert d’introduction à l’album auquel il a donné son nom. Malgré sa courte durée, on est d’emblée marqué par cette magnifique introduction instrumentale et orchestrale dont la mélodie, ponctuée par les rires d’une enfant qui évoquent la nostalgie, nous transporte. Le deuxième est Maria. Il s’agit sans le moindre doute de l’un des meilleurs titres de l’album puisqu’il est aussi entraînant que puissant tandis que la voix d’Aguilera est magnifiée et va de pair avec celle du jeune Michael Jackson, que l’on entend grâce à l’utilisation du sample de sa chanson Maria (You Were the Only One). Le troisième n’est autre que Fall in Line, single phare en duo avec Demi Lovato, qui est d’une puissance magistrale. Cette chanson féministe et engagée, conséquence du mouvement #MeToo, est portée par deux des plus grandes voix de cette génération, voix qui se marient à merveille et qui nous offrent une fin de chanson plus qu’incroyable. Et enfin, dans une moindre mesure il y a Deserve, une belle et planante chanson d’amour qui se démarque surtout grâce à son refrain aérien dans lequel on retrouve la patte si spéciale de Julia Michaels, qui se cache derrière la production du titre. Hasard ou non, ce sont donc les quatre titres de l’album les plus orientés pop qui resteront en mémoire à l’issue de son écoute

 

On l’aura attendu pendant six longues années et pourtant, Liberation se révèle finalement être une déception. Il est certain qu’Aguilera a retenu la leçon en nous offrant un album à son image, plus personnel et dans lequel sa voix est beaucoup mieux mise en valeur et exploitée qu’elle ne pouvait l’être sur Lotus. Cependant, il en ressort un album hétéroclite manquant cruellement de tubes et de chansons marquantes, à l’exception des morceaux pop qui sont ironiquement les plus réussis. La pause n’aura donc pas été si bénéfique que cela pour la chanteuse qui signe là son album le moins réussi depuis Stripped.


Les incontournables : Liberation ; Maria ; Fall in Line


 

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2 réflexions sur “Liberation de Christina Aguilera : retour manqué pour la pop star

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