Top Albums #3 : Madonna

Dans toute juste une semaine maintenant, Madonna va faire son grand retour sur le devant de la scène avec son quatorzième album, Madame X, déjà illustré par les singles Medellín (feat. Maluma) et Crave (feat. Swae Lee), ainsi que par les singles promotionnels I Rise, Future (feat. Quavo) et Dark Ballet. C’est donc l’occasion parfaite pour revenir sur son immense carrière avec ce nouveau numéro de Top Albums, qui va assurément être plus fourni que les précédents.

Depuis le lancement de sa carrière en 1983, la chanteuse a fait énormément de chemin. Elle s’est approprié le monde de la pop musique, elle l’a façonné, et il est évident qu’il ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans son influence colossale. Cela lui aura même valu le titre de Reine de la pop, aux côtés de l’unique autre artiste dont l’influence aura été tout aussi importante : Michael Jackson. Madonna est une artiste engagée, créative et avant-gardiste : elle n’a jamais eu peur de défendre ses idées et ses convictions, ni même de s’opposer aux diktats de la société pour faire changer les mentalités. Un combat de toute une vie qui s’est inévitablement retranscrit dans son travail et dans sa musique.

Son influence semble peut-être moins puissante à l’heure actuelle, la société la forçant entre autres à lutter contre le diktat de l’âge, mais il n’empêche qu’elle reste une artiste unique en son genre bien déterminée à faire ce dont elle a envie. À 60 ans, elle continue à se réinventer, à se renouveler, et ainsi à diversifier sa carrière. Car c’est l’une de ses marques de fabrique : les albums s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Elle essaye, elle explore, quitte à s’y casser les dents ou à faire face aux critiques.

C’est d’ailleurs pour cela qu’il a été particulièrement difficile d’établir ce top – qui reste bien évidemment subjectif – : sa carrière est si hétéroclite qu’il est parfois difficile de comparer deux albums, qui ont chacun leurs bons comme leurs mauvais côtés mais qui sont surtout très différents, trop différents même. Mais c’était le but de l’exercice, et il a été mené à son terme. Trêve de bavardage, donc, et en route pour cette rétrospective musicale qui va nous faire traverser ensemble pas moins de 40 ans de pop musique !

 


#13 : Like a Prayer (1989)


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Après trois albums remplis de tubes pop intemporels, Madonna a misé sur un album plus mature et plus personnel pour mettre fin à sa première décennie de règne dans la pop musique. Traitant de thèmes comme le féminisme, la famille (la mort de sa mère, sa relation avec son père) ou encore la religion, Like a Prayer puise son inspiration dans de nombreux genres tels que le funk, le gospel ou même la soul. Cependant, en dépit de son succès commercial, il reste un album manquant cruellement de saveur dans l’ensemble, gâchant de potentiels morceaux intéressants par une production monotone et parfois trop longue et répétitive pour donner envie d’y revenir (Till Death Do Us Part). Mention spéciale tout de même à Supernatural, chanson B-Side de Cherish qui aura eu la visibilité qu’elle mérite en cette année 2019 grâce à l’édition anniversaire des 30 ans de l’album.

Les incontournables : Like a Prayer, Oh Father, Keep It Together

 


#12 : MDNA (2012)


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L’entrée dans les années 2010 aura été plutôt fastidieuse à plus d’un titre pour la pop, qui a été largement contaminée par une surproduction EDM sans âme et ultra répétitive. Une artiste réputée pour son avant-gardisme comme Madonna n’est pourtant pas à l’abri de céder à l’appel de la mode, et MDNA le prouve. S’entourant de DJ comme Martin Solveig et Benny Benassi pour la production, la Reine de la pop nous a offert un douzième album électro, certes très efficace et loin d’être mauvais, mais aussi dénué d’âme et largement oubliable. Heureusement, certains morceaux sont là pour nous rappeler qu’elle reste une artiste créative capable d’apporter sa touche personnelle à une soupe musicale pourtant déjà usée jusqu’à la moelle.

Les incontournables : Girl Gone Wild, Gang Bang, I Don’t Give A (feat. Nicki Minaj), Masterpiece, Beautiful Killer

 


#11 : Music (2000)


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Pour ce premier album à paraître dans le nouveau millénaire, c’est au producteur français Mirwais Ahmadzaï que Madonna a fait appel. Avec ses sonorités électro-pop jouant à fond la carte du synthétique et de l’autotune tout en s’autorisant quelques compositions acoustiques ambiance country, Music se présente comme un album frais et léger mais pas toujours transcendant. En effet, si on pourra être agréablement surpris par la manière dont le mélange électro/country peut fonctionner, on ne pourra que regretter le fait que certains titres sont plus anecdotiques qu’autre chose (Nobody’s Perfect) et moins percutants que le reste. L’album aura tout de même rencontré un grand succès commercial, notamment grâce à son indémodable single éponyme.

Les incontournables : Music, Impressive Instant, I Deserve It, Paradise (Not For Me)

 


#10 : Bedtime Stories (1994)


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Emboîtant le pas au très décrié et sulfureux album Erotica, le sixième album de la Reine de la pop joue cette fois-ci la carte de la sobriété pour célébrer l’amour et la romance avec chaleur et sensualité. Très encré dans le charme des productions pop des années 1990, parfois teinté de sonorités R&B, Bedtime Stories fonctionne parfaitement malgré une formule qui peine à se démarquer des autres productions de l’époque dans l’ensemble. Il présente néanmoins d’incontestables atouts qui donnent largement envie d’y revenir, tout en se montrant malicieusement annonciateur de la direction musicale que la star s’apprête à prendre pour son prochain album (Sanctuary, Bedtime Story).

Les incontournables : Secret, Inside of Me, Human Nature, Sanctuary

 


#9 : Erotica (1992)


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Madonna n’a jamais été du genre à avoir peur de la controverse, et ce cinquième album en est la preuve. Si la sexualité n’est plus vraiment taboue de nos jours, elle l’était encore très largement à l’époque où Erotica paraît. Prenant la même direction que la sulfureuse chanson Justify My Love sortie deux ans plus tôt, il s’agit d’un album indéniablement créatif et unique en son genre qui traite de manière totalement débridée la question de la sexualité sous toutes ses formes. Mais ses morceaux mêlant pop-dance, house et hip-hop sur fond de sonorités érotiques renforcées par le très sensuel chanté-parlé de la chanteuse souffrent malheureusement de leur longueur, en plus d’être moins inspirés dans la deuxième moitié de l’album. Ceci dit, qu’on l’aime ou non, il est certain qu’Erotica reste un des piliers de la carrière de la pop star d’un point de vue créatif et avant-gardisme.

Les incontournables : Erotica, Deeper and DeeperThief of Hearts, Why’s It So Hard

 


#8 : Madonna (1983)


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Le premier album d’un artiste est, avec le recul, rarement le plus intéressant de sa carrière. Il contient le ou les tube(s) ayant contribué(s) à sa découverte s’il y en a, mais le reste n’est pas forcément marquant. Celui de Madonna déroge un peu à la règle. En huit morceaux seulement, Madonna a réussi à hisser la chanteuse aux sommets de la pop musique grâce à ses productions diablement accrocheuses caractéristiques des années 1980. Cependant, et ce sera un défaut régulier dans sa carrière, certaines chansons souffrent de leur longueur, qui les rend répétitives voire monotones. Cela n’empêche pas à cet album de présenter les premiers grands tubes intemporels de celle qui est destinée à devenir la Reine de la pop, tubes qui seront largement remis en valeur et même parfois sublimés grâce aux nombreuses réorchestrations scéniques effectuées durant ces quatre décennies de règne.

Les incontournables : Holiday, Think of Me, Everybody

 


#7 : Rebel Heart (2015)


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Trois ans après un MDNA unanimement critiqué pour son manque d’ambition, il semblerait que Madonna ait voulu montrer avec son treizième album qu’elle était toujours une artiste créative et ambitieuse. C’est ainsi qu’est né l’album le plus conséquent de sa carrière. Du long de ses 25 titres, Rebel Heart enchaîne les chansons de grande qualité qui s’inscrivent sans difficulté dans l’ère du temps, sans pour autant tomber dans la même facilité que MDNA, tout en rendant hommage à plusieurs moments clés de sa carrière par des ambiances, des samples ou tout simplement des paroles et thématiques traitées. Le message est passé, l’artiste que l’on connaît est toujours là, et elle est reste capable de passer d’un genre musical à l’autre avec la plus grande aisance : pop, dance, électro, R&B, rap, house, gospel et même reggae, rien ne lui échappe. Mais difficile de ne pas voir que cette ambition est également responsable du principal défaut de Rebel Heart : son manque cruel de cohésion musicale. L’album part dans tous les sens, et c’est un peu dommage.

Les incontournables : Living for Love, Devil Pray, Ghosttown, Illuminati, HeartBreakCity, Holy Water, Beautiful Scars

 


#6 : Hard Candy (2008)


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Avant même de voir le jour, le onzième album de Madonna partait avec une difficulté de taille : passer après Confessions on a Dance Floor et son succès planétaire. Pas étonnant, donc, que la chanteuse se soit entourée des artistes du moment pour la production en faisant appel à The Neptunes (Pharrell Williams et Chad Hugo), Timbaland, Danja et Justin Timberlake. Hard Candy n’est peut-être pas l’album le plus novateur et le plus créatif de sa carrière, mais sa pop sucrée aux composantes dance/R&B n’en reste pas moins un pur délice pour les oreilles malgré sa simplicité. Il est dansant, festif, les titres s’enchaînent, se complètent mais surtout ne vieillissent pas. En bref, c’est un album plus que réussi. Malheureusement, cela ne suffira pas à convaincre la critique qui se montrera plus que mitigée, si ce n’est parfois quelque peu injuste.

Les incontournables : 4 Minutes (feat. Justin Timberlake & Timbaland), Heartbeat, Miles Away, She’s Not Me, Devil Wouldn’t Recognize You

 


#5 : Like a Virgin (1984)


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Moins d’un an et demi après son premier album qui lui a apporté une véritable consécration, Madonna a rempilé pour offrir à son public un deuxième album, qui lui a ainsi permis de continuer à surfer sur son succès. Dans la continuité directe de Madonna (à tel point que les deux n’auraient pu faire qu’un seul album), Like a Virgin se présente comme un album pop typique des années 1980 grâce à ses productions cette fois-ci plus mélodieuses et variées mais surtout toujours aussi accrocheuses et intemporelles. En apparence moins puissant, il n’en demeure pas moins efficace et marquant. On appréciera surtout le fait que la chanteuse y exploite davantage sa puissance vocale, en particulier sur ses premières ballades, ce qu’elle ne fera malheureusement que trop peu dans la suite de sa carrière.

Les incontournables : Like a Virgin, Love Don’t Live Here Anymore, Dress You Up, Into the Groove, Pretender

 


#4 : True Blue (1986)


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Le talent musical de Madonna était déjà incontestable à l’écoute de ses deux premiers albums, qui étaient de belles usines à tubes. Toutefois, c’est avec son troisième album qu’elle a passé un nouveau cap en montrant un aperçu de ses capacités créatives. Tout en restant largement ancré dans la pop des années 1980, True Blue montre qu’il est possible d’aller puiser dans diverses influences musicales pour alimenter la pop musique et la compléter. Le résultat n’en reste pas moins cohérent et accrocheur, bien au contraire. C’est ainsi qu’est né cet album de grande qualité qui enchaîne à la perfection les morceaux frais et festifs donnant inévitablement envie de se déhancher et de s’amuser. Il reste d’ailleurs l’un des plus gros succès de sa carrière, à juste titre.

Les incontournables : Papa Don’t Preach, White Heat, Live to Tell, True Blue

 


#3 : Ray of Light (1998)


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Si la Reine de la pop avait déjà tenté les cartes de la maturité et de la sobriété sur ses précédents albums (Like a Prayer, Bedtime Stories), elle va cette fois-ci les pousser à un niveau bien supérieur pour son septième album, co-produit avec le producteur de musique électronique William Orbit. Malgré son nom, Ray of Light est ironiquement l’album le plus sombre et le plus mature de sa carrière, si ce n’est l’un des plus transcendants. Proposant une direction artistique exceptionnelle en faisant un album unique en son genre, il nous transporte de sa première à sa dernière piste dans un univers à la fois froid et savoureux, dans lequel il faudrait presque uniquement s’immerger au casque pour en saisir toutes les subtilités. Ce n’est peut-être pas l’album sur lequel on reviendra le plus régulièrement, ni même celui qui propose le plus de tubes au sens commun du terme, mais c’est incontestablement l’un des albums les plus travaillés et les plus marquants de sa carrière. Avec Ray of Light, Madonna a atteint l’un des sommets de son art, et le succès critique extrêmement positif en est la preuve.

Les incontournables : Skin, Nothing Really Matters, Sky Fits Heaven, Frozen, The Power of Good-Bye

 


#2 : American Life (2003)


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Sans doute motivée par le grand succès rencontré par Music, Madonna a de nouveau fait appel au producteur français Mirwais Ahmadzaï pour la production de son neuvième album. Et aussi surprenant soit-il, le résultat n’est absolument pas le même. Si American Life continue de surfer sur la vague électro synthétique et autotune, il le fait de manière beaucoup plus sérieuse, mesurée mais surtout maîtrisée. Proposant ce même combo électro/guitare sur certains titres, l’album se démarque grâce à son ambiance électro/rock des plus jouissives, parfois très agressive ou même symphonique, qui semble servir le propos défendu par chacun des titres. Chaque chanson semble ici à sa place : le tout s’enchaîne à la perfection, (presque) sans temps mort ni moment superflu. En résumé, American Life est un véritable bijou musical et condensé de la culture américaine qui, malheureusement, aura fait l’objet d’un important rejet de la part des américains… Du beau gâchis.

Les incontournables : American Life, Hollywood, I’m So Stupid, Mother & Father, Die Another Day

 


#1 : Confessions on a Dance Floor (2005)


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On dit souvent que la perfection n’existe pas. Mais le dixième album de la Reine de la pop est la preuve du contraire. Presque intégralement produit avec Stuart Price, Confessions on a Dance Floor est un diamant pop aussi brut que pur rendant hommage au disco grâce à ses productions d’une qualité plus qu’extraordinaire. Avec ses sonorités dance-pop électro, l’album nous plonge dans un univers brillant, grandiose et entraînant où chaque morceau s’inscrit littéralement dans un tout. Rarement un album n’avait témoigné d’une telle cohésion musicale, artistique et visuelle de bout en bout : les morceaux s’enchaînent comme si l’album n’était qu’une seule et unique piste de près d’une heure. Un pur bonheur qui ne prend pas la moindre ride avec les années et qui, malgré d’incalculables écoutes, reste une véritable claque à chaque fois qu’on y revient. Avec Confessions on a Dance Floor, Madonna a réellement atteint le summum de sa créativité et de son talent, en plus d’avoir plus que jamais confirmé son statut d’icône de la pop et, plus généralement, d’icône de la musique. Et ce n’est pas la tournée qui a accompagné l’album qui va contredire ça.

Les incontournables : Hung Up, Sorry, Get Together, Let It Will Be, How High, Isaac, Like It or Not

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