Crash Team Racing Nitro-Fueled : le retour du roi

Il y a un peu plus de deux ans maintenant, les joueurs (re)découvraient les aventures de Crash Bandicoot à travers la N. Sane Trilogy. La célèbre mascotte de PlayStation faisait en effet son grand retour grâce à Activision et Vicarious Visions, qui s’étaient donnés pour objectif de faire un remake des trois premiers jeux de plateforme développés par Naughty Dog à la fin des années 1990. Face au succès de ce retour, ce n’était évidemment qu’une question de temps avant que le très apprécié Crash Team Racing, qui demeure aujourd’hui encore l’un des principaux concurrents de Mario Kart, subisse le même sort. C’est ainsi que Crash Team Racing Nitro-Fueled est paru sur nos consoles le 21 juin, développé cette fois-ci par le studio québécois Beenox. Mais alors, que vaut le Mario Kart-like de Sony en 2019 ? Ce remake mêlant respect au jeu d’origine et nouveautés parvient-il à faire ses preuves ? Réponse tout de suite.

 

Un charme visuel et sonore sublimé

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Étant développé à partir du même moteur graphique que celui utilisé pour la N. Sane Trilogy, il n’est pas surprenant de constater que Crash Team Racing Nitro-Fueled est un véritable régal pour les yeux. La montagne de pixels de la version d’origine laisse désormais place à un visuel fin, soigné et beaucoup plus détaillé nous immergeant dès les premières secondes dans l’univers frais et coloré de Crash Bandicoot. Le jeu est fluide, les nombreux effets tels que la sensation de vitesse ou les explosions et les jeux de lumière sont une franche réussite et les animations sont toujours aussi funs qu’à l’époque. En d’autres termes, le charme de Crash Team Racing demeure intact, est sublimé même pourrions-nous dire. Cela vaut également pour tout ce qui concerne la bande-son, et en particulier les musiques, qui ont elles aussi subies un lifting mais qui font preuve d’un profond respect pour le travail originel. Pour les plus nostalgiques, la possibilité est tout de même offerte (du moins sur PlayStation 4) de jouer avec la bande-son de l’époque en passant par les options du jeu. Autant dire que c’est un geste que l’on apprécie grandement.

 

Crash Team Racing 1.5

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Premier élément vers lequel bon nombre de joueurs vont sans doute se tourner, le mode Aventure. Il reste évidemment très similaire à celui de 1999 puisque le pitch demeure inchangé : le méchant Nitros Oxide envoie un message à la Terre depuis l’espace afin d’informer le marsupial et toute sa bande qu’il souhaite transformer leur planète en parking. Pour éviter cela, la seule solution de Crash est de remporter un certain nombre de courses, dont quelques-unes contre des boss, afin de battre Nitros Oxide en personne dans une course finale. Rien de bien élaboré donc, mais on n’en attend guère plus d’un jeu de cette trempe, et encore moins d’un jeu de kart. C’est simple, c’est efficace et cela a le mérite de nous occuper pendant quatre à cinq heures de jeu, près du double si l’on souhaite terminer ce mode à 100% en réalisant les différents défis. Pour cela, rien de plus simple : une fois les quatre courses d’une zone remportées et le boss vaincu, il est possible de refaire chacune d’elle deux fois pour obtenir une relique et un jeton CTR, en plus de pouvoir accéder à une arène bonus (défi de cristaux) où le but est de récupérer 20 cristaux avant la fin du temps imparti. À noter que le mode Aventure est découpé en quatre zones ouvertes, à laquelle vient s’ajouter une cinquième zone dédiée aux tournois une fois le nombre de défis requis remportés.

Toutefois, à moins de sélectionner l’option « classique » pour ce mode avant de se lancer, la version Nitro-Fueled propose quelques petites nouveautés dans le gameplay. En effet, alors que seul Crash Bandicoot était jouable à l’époque, il est désormais possible de réaliser l’aventure avec le personnage de son choix (parmi une vingtaine disponible), tout en sachant que tous sont répartis en quatre catégories proposant des stats différentes. C’est au joueur de décider s’il préfère privilégier un personnage équilibré dont les stats sont toutes au même niveau, ou s’il préfère miser sur l’accélération, la maniabilité ou la rapidité. Plus encore, il est possible de personnaliser son coureur grâce à différents skins, de même que son kart dont on peut modifier le châssis, la peinture, les roues et l’autocollant, bien que le tout soit purement cosmétique. De nouveaux éléments de customisation seront débloqués tout au long de l’aventure, sur les autres modes de jeux mais aussi en réalisant certains défis quotidiens et hebdomadaires.

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Enfin, dernière petite nouveauté liée à l’option Nitro-Fueled du mode Aventure, il est désormais possible de choisir un niveau de difficulté allant de facile, moyen à difficile. Sachez que l’ensemble des éléments que l’on vient de citer sont également disponibles dans le mode Arcade, qui regroupe un certain nombre de modes de jeux différents auxquels on peut accéder à notre guise. Cela va des modes classiques pour ce genre de jeu, à savoir des courses, des tournois ou des contre-la-montre, à des modes spécifiques à la licence comme les défis CTR (qui nécessitent, pour valider la course, de récupérer les lettres C, T et R sur le circuit et d’arriver premier), les courses de reliques et les défis de cristaux. Mais on retiendra surtout le savoureux mode Bataille, véritable pépite proposant différents mini-jeux à réaliser en arène. Cela va de la bataille limite (équivalent du mode bataille de Mario Kart) à de la capture de drapeaux ou de cristal, et quelques autres encore.

Pour en finir sur ce point, notons là aussi que le contenu du mode Arcade a été étoffé grâce à l’ajout de quelques circuits provenant du jeu Crash Nitro Kart (2003), qui n’étaient donc pas présents dans le jeu d’origine. Cela permet non seulement d’apporter une touche de folie et d’originalité aux circuits de base qui, il faut l’avouer, étaient très simples et très courts, mais cela permet aussi d’éviter de tomber trop rapidement dans la redondance face à l’ensemble de ces modes qui, soulignons-le, sont également disponibles en multijoueur local et en ligne. Par ailleurs, le mode en ligne (et par conséquent le mode Arcade) sera régulièrement alimenté en nouveaux contenus grâce à la mise en place du mode Nitro Prix Grand Tour, qui fonctionnera sur un système de saisons comme cela est de vigueur sur les jeux multijoueur aujourd’hui. De quoi renouveler l’envie de jouer pour un long moment, en somme.

 

Un gameplay mal équilibré

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Passons maintenant au sujet qui fâche sur ce remake : le gameplay. Fondamentalement, ce dernier reste identique à celui d’origine : la prise en main est rapide et accessible bien que l’expérience de jeu soit volontairement nerveuse et exigeante, en nécessitant par exemple rapidement d’avoir une maîtrise parfaite des dérapages et du turbo. Sur ce point, les sensations que l’on pouvait ressentir à l’époque reste inchangées. En revanche, Crash Team Racing Nitro-Fueled s’offre à nous avec de nouveaux défauts qui en frustreront sans aucun doute beaucoup.

Pour cause, et le mot employé est murement pesé et réfléchi : l’IA est désastreuse. À l’époque, le jeu savait se montrer exigeant sans tomber dans la difficulté abusive ni même dans la facilité déconcertante. Dans le cas présent, les différents niveaux de difficulté disponibles témoignent d’un gros problème à ce niveau-là. En mode facile, la difficulté est inexistante : l’IA est constamment à la traîne, elle n’est quasiment jamais agressive et le plaisir de jeu s’en retrouve forcément amoindri. En mode moyen, c’est tout l’inverse. Elle est étonnamment agressive et injustement avantagée : elle est constamment plus rapide que nous sans la moindre raison apparente et elle réagit parfois de manière scriptée. Sur certaines courses, atteindre la première place est un véritable challenge. Inutile de préciser, donc, que le mode de difficulté le plus élevé est complètement injouable. Quitter sa place de bon dernier relève tout simplement de l’exploit.

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De la même manière, il semblerait que l’attribution des bonus soit assez anecdotique par moments. En effet, il n’est pas rare d’enchaîner les TNT et les fioles alors que l’on se situe dans les derniers et qu’on aurait justement bien besoin d’un coup de pouce. Au contraire, on se retrouve parfois avec des bonus tels que le masque Aku Aku ou la boule d’énergie censée stopper le premier de la course alors que l’on se situe à la première place. Et quand on ne pestera pas à cause de cette attribution complètement hasardeuse des bonus, on perdra inévitablement son calme en voyant qu’une fusée téléguidée sur deux manque sa cible ou part dans la mauvaise direction et que la hitbox des différents malus que l’on se prend semble bien plus large que celle nous permettant de récupérer des bonus et des objets. Visiblement, dans ce cas-là, cela se joue au pixel près. Espérons qu’une mise à jour vienne rapidement corriger tous ces éléments, sans quoi le plaisir du jeu peut parfois en prendre un sacré coup.

 

Après la tornade provoquée par la N. Sane Trilogy, il ne fait aucun doute que l’arrivée d’un remake de Crash Team Racing est une véritable bénédiction, en particulier pour tous les joueurs qui avaient pu mettre la main sur le jeu il y a 20 ans. Avec un travail se situant dans la continuité directe de celui réalisé par Vicarious Visions en 2017, Beenox nous offre avec Crash Team Racing Nitro-Fueled une excellente version du jeu de kart de PlayStation, qui fait habilement preuve d’un profond respect pour le matériau originel tout en implémentant quelques nouveautés fort appréciables. Cependant, pour le moment, difficile de passer outre les gros problèmes d’IA et d’attribution des bonus qui frustreront plus d’un joueur. Espérons que les prochaines mises à jour viendront corriger ces défauts qui n’empêchent toutefois pas le plaisir de jeu d’être présent. Un must-have incontestable pour tous les fans de jeux de kart et d’univers funs et colorés !

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4 réflexions sur “Crash Team Racing Nitro-Fueled : le retour du roi

  1. Je suis pas totalement d’accord, à l’époque déjà CTR brillait par son équilibrage foireux. Bon, mes souvenirs sont loin, mais je me souviens de crises de nerf mémorables à cause de certaines courses de boss à la difficulté complètement ahurissante, à l’image des jeux de plateforme Crash Bandicoot qui n’ont jamais su gérer une véritable courbe de progression. La faute à des niveaux qui débarquent de nulle part et qui se révèlent plus difficiles que ceux qui arrivent plus tard (malgré tout l’amour que je porte à la trilogie).
    Et c’est là que le remaster m’a déçu car ils n’ont pas pris le soin de corriger ça. Avec une vraie courbe de progression et une vraie difficulté (car « normal » est parfois improbable, et « facile » est bien trop facile…) j’y aurais peut-être joué plus longtemps. Là j’ai le sentiment d’avoir jeté 20€ en l’air pour un jeu qui m’a ennuyé 2h en mode aventure avant que je l’abandonne 😦

    Bon il y aussi les circuits que je trouve très rarement inspirés, mais c’est une affaire de goût. Quant aux bonus, l’injustice qu’elle provoque fait partie du charme des Mario Kart-like haha.

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’ai jamais entendu personne se plaindre de l’équilibrage de CTR à l’époque. Au contraire, même. J’étais un gamin quand j’y jouais et je me souviens que si parfois je rageais parce que je galérais, ça restait toujours accessible et j’arrivais à finir le jeu sans trop de difficultés non plus. Dans le remake, des courses comme Piste Air sont juste un cauchemar, et surtout le boss qui se déroule sur cette piste. J’ai bien du m’y remettre une centaine de fois pour réussir les deux courses, alors que ce n’était pas le cas à l’époque.
      Pour la difficulté, oui c’était une marque de fabrique de Crash Bandicoot, mais hormis le premier opus qui était vraiment excessif par moments c’est pareil, le 2 et le 3 était beaucoup plus accessibles, voire même un peu trop pour le 3. Les jeux Crash n’ont jamais eu une échelle de difficulté parfaitement maîtrisée, mais jamais ça n’avait été aussi raté que dans ce remake.

      En tout cas, même si le mode aventure ne te convainc pas, rien ne t’empêche de t’amuser sur le mode arcade et en ligne. Le jeu n’a pas qu’un mode aventure, et tu découvriras d’ailleurs des circuits beaucoup plus inspirés dans le mode arcade avec ceux qui proviennent de Crash Nitro Kart. Puis le mode bataille est un pur bonheur, surtout entre potes !

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  2. Je songe à me le prendre malgré les quelques points négatifs que j’ai pu lire ici ou ailleurs. J’suis plus team Crash Team Racing (qui a bercé mon adolescence) que Mario Kart.
    Hâte de le tester 🙂

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