TEST | Marvel’s Spider-Man: Miles Morales – Fidèle à son modèle

Devenu la deuxième exclusivité PlayStation 4 la plus vendue derrière Uncharted 4: A Thief’s End, Marvel’s Spider-Man est parvenu à s’imposer comme l’un des titres phares de la génération en l’espace de deux ans seulement. De fait, il n’est pas surprenant de voir Sony miser sur l’un de ses meilleurs poulains pour lancer en bonne et due forme sa console next-gen, la PlayStation 5, qui s’accompagne d’un standalone intitulé Marvel’s Spider-Man: Miles Morales. Autant dire que le défi est plutôt relevé pour le jeune Miles, qui doit réussir à reprendre un flambeau héroïquement porté par le grand Peter Parker avant lui.

Test réalisé sur PlayStation 4 grâce à un code fourni par PlayStation

Les prémices d’un (super)héros

L’histoire de ce nouvel opus prend place un an après les événements survenus en 2018, durant la période de Noël plus précisément. Miles Morales a passé les derniers mois en compagnie de Peter, devenu son ami et mentor, à apprendre à devenir un véritable super-héros tout en se construisant sa propre image de Spider-Man. Mais alors que les deux agissent de concert dans les rues de Manhattan afin de protéger les citoyens, qui ont toujours du mal à réaliser qu’il existe désormais deux Spider-Man, Peter annonce une mauvaise nouvelle à son disciple : il va devoir s’absenter le temps de quelques semaines. Le moment est donc venu pour lui d’apprendre à voler de ses propres ailes, ce qui, comme on pouvait s’y attendre, ne va pas être de tout repos dans « la ville qui ne dort jamais ».

Loin d’être inexpérimenté, Miles a malgré tout encore beaucoup de choses à apprendre. Et il va le faire à ses dépends dans cette première grande aventure où il va lui aussi devoir s’imprégner du célèbre adage d’oncle Ben, à savoir qu’un « grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Fraîchement débarqué dans le quartier d’Harlem avec sa mère, il va être témoin d’une guerre sans merci que se livrent Roxxon Energy, une compagnie dirigée par Simon Krieger, et l’Underground, une nouvelle organisation criminelle avec Tinkerer à sa tête. Un combat qui va se révéler crucial à plus d’un titre pour lui dans le sens où tous ces événements vont avoir un impact significatif sur sa vie personnelle, aussi bien en tant que nouveau Spider-Man qu’en tant que Miles Morales.

Vous l’aurez compris en lisant ces lignes, il ne faut pas vraiment s’attendre à quelque chose de foncièrement nouveau avec cet épisode, qui reprend globalement les mêmes lignes directrices que celles du précédent mais dans un contexte inédit. Cela nous permet toutefois de rencontrer de nouveaux personnages qui, tout en étant un peu moins marquants et attachants que ceux de Marvel’s Spider-Man, n’en restent pas moins bien écrits pour autant. En outre, ce standalone peut se targuer d’offrir une aventure haletante et ultra dynamique portée par une mise en scène aussi épique qu’explosive, tout en maîtrisant parfaitement son rythme en dépit de sa courte durée (environ 7-8h). Miles n’a peut-être pas l’expérience de Peter, mais il n’est pas en reste lorsqu’il s’agit d’impressionner par ses multiples talents, qui ne laissent présager que le meilleur pour la suite.

Pikachu-style

À ce propos, si Marvel’s Spider-Man: Miles Morales reste dans l’ensemble très fidèle à son modèle de 2018, cela ne l’empêche pas pour autant de proposer quelques spécificités de poids. À commencer par son protagoniste : ce n’est pas parce que Miles est lui aussi Spider-Man qu’il est une copie conforme de Peter, bien au contraire. Manette en mains, le nouveau héros bénéficie d’une motion capture entièrement retravaillée, en combat comme en vadrouille, qui traduit son manque d’expérience grâce à des mouvements beaucoup moins assurés que ceux de son mentor. Plus encore, il embarque avec lui des compétences de combat et gadgets totalement inédits. Cela permet ainsi de renouveler l’approche que l’on peut avoir des affrontements sans que l’on ne soit dépaysé, sachant que le tout reste chorégraphié avec une fluidité et une classe à toute épreuve, pour notre plus grand plaisir.

Pour ce qui est des attaques les plus basiques, Miles dispose ni plus ni moins que de la même palette que celle de Peter. En revanche, il possède la capacité de produire des décharges bioélectriques de multiples sortes qui donnent lieu à des attaques dévastatrices, en plus de disposer d’un pouvoir de camouflage renforçant la part d’infiltration du jeu. Côté gadgets, il se révèle être un peu plus limité puisqu’il n’en a que quatre en sa possession, dont deux similaires à ceux de son acolyte. Mais ils permettent néanmoins d’offrir de nouvelles capacités de combat et de réaliser des combos des plus impressionnants lorsqu’ils sont couplés avec les autres pouvoirs. Enfin, le titre propose lui aussi son arbre de compétences divisé en trois branches (combat, bioélectricité, camouflage), afin de booster davantage encore les approches disponibles durant les scènes d’action. Notre seul regret concernant tout cela sera finalement que les problèmes de caméra n’ont toujours pas été réglés.

L’araignée sympa du quartier

Pour remporter des points de compétence, pas de secret : il faut évidemment avancer dans la campagne en plus de se livrer à quelques quêtes annexes et secondaires. Et à l’instar de Marvel’s Spider-Man, ce n’est pas ce qui manque dans les rues enneigées de Manhattan, qui peuvent de ce fait retenir les joueurs quelques heures de plus. Rongés par le crime et les citoyens en détresse, les différents quartiers de la ville fourmillent d’activités diverses à réaliser, qu’il s’agisse de missions supplémentaires centralisées sur l’application « Araignée Sympa du Quartier » (ASDQ), de collectibles à ramasser ou de repaires ennemis à nettoyer. En plus de faire gagner de l’XP, cela permet d’obtenir des jetons d’activité ainsi que des pièces high-tech qui servent ensuite à débloquer de nouveaux équipements (tenues, gadgets et mods), voire à les améliorer dans certains cas. En bref, rien de bien nouveau par rapport à l’opus de 2018, si ce n’est que toutes les activités ont été adaptées à l’univers et à l’histoire de Miles. Par exemple, les sacs à dos étoffant le background de Peter ont été remplacés par des capsules temporelles évoquant son propre passé.

Étant donné que cet aspect du jeu était l’un de ceux ayant reçu le plus de critiques au moment de sa sortie, on aurait aimé davantage de changements à ce niveau-là. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Cela dit, on peut tout de même noter qu’un (très) léger effort a été fait par les développeurs sur les quêtes annexes, qui restent trop classiques et répétitives pour passionner, surtout compte tenu des possibilités offertes par le lore d’une telle licence, mais qui ont bénéficié d’un soin plus particulier. On pourra par exemple apprécier le fait que certaines d’entre elles cherchent à s’émanciper dans la forme et dans le fond, en témoignent la collecte des échantillons sonores ou des cartes postales, mais aussi les différents défis laissés par Peter (infiltration, combat, parcours) qui servent désormais à débloquer des habiletés spécifiques n’étant plus inclues dans l’arbre de compétences. Dernier point à noter qui ravira surtout les chasseurs de trophées, l’aspect aléatoire des crimes a été retravaillé de sorte à rendre leur découverte beaucoup plus facile grâce à l’application ASDQ.

Une aventure multi-générationnelle

Passons maintenant à un point qui suscite beaucoup d’interrogations : la technique. Comme évoqué plus haut, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales est un titre de lancement pour la PS5. Cependant, Insomniac Games a souhaité proposer une version cross-gen afin que les joueurs PS4 puissent également en profiter. C’est d’ailleurs sur cette dernière que se base ce test. Et autant être clair tout de suite : ce standalone s’en sort à la quasi-perfection sur la génération actuelle, y compris sur PS4 fat. Absolument somptueux, il brille notamment par ses éclairages, ses nombreux effets visuels et ses reflets qui montrent que même sans ray-tracing, il est possible de faire des merveilles. Il est vrai qu’il accuse parfois légèrement le coup sur certains aspects, comme sur le rendu des visages en fonction de l’éclairage ou sur la fluidité lors des scènes d’action les plus intenses, mais cela reste aussi rare que mineur tout au long de l’aventure. Pour ceux qui n’auront pas de PS5 avant plusieurs mois, il n’y donc aucune raison de ne pas craquer, surtout quand on sait que la mise à niveau next-gen sera gratuite.

Fait plutôt étonnant, il apparaît que les temps de chargement sont finalement assez peu nombreux et, surtout, relativement courts le cas échéant. En tout cas bien plus qu’ils ne pouvaient l’être sur Marvel’s Spider-Man à l’époque. C’est bien la preuve que la console actuelle de Sony en a encore dans le ventre malgré son absence de SSD. Tout cela n’empêche pas au passage à Manhattan d’être extrêmement vivante, les rues étant peuplées de PNJ et de véhicules circulant sans le moindre problème en cette période de fêtes hivernales. Enfin, pour boucler la boucle concernant l’immersion de ce nouvel opus, on pourra souligner le travail réalisé sur la VF, très fidèle à la VO, mais aussi et surtout la grande qualité de la bande originale composée par John Paesano. Beaucoup plus urbaine afin de coller à l’univers de Miles, elle n’en demeure pas moins épique et apporte un véritable vent de fraîcheur durant l’aventure. De quoi achever comme il se doit la distinction entre les deux Spider-Man, qui ont chacun leur univers à proposer.

Verdict

Comme cela était à prévoir, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales ne surprendra pas les joueurs ayant déjà fait leurs toiles sur Marvel’s Spider-Man, dont il reprend trait pour trait la formule. Cependant, nouveau protagoniste oblige, il s’accompagne intelligemment de quelques nouvelles mécaniques de gameplay permettant de renouveler un minimum l’expérience de jeu. Si on ajoute à cela une histoire haletante dont la mise en scène se veut toujours aussi explosive et impressionnante, on a bel et bien affaire à un standalone réussi qui séduira sans conteste les aficionados de Marvel comme les nouveaux venus en recherche d’aventure sensationnelle. Cela étant dit, le prix de départ fixé à 59.99€ semble tout de même un peu excessif, surtout quand on sait qu’un Uncharted: The Lost Legacy était vendu à 39.99€ avant lui.

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