Annoncé lors du Xbox Games Showcase diffusé en mai dernier, Call of the Sea est le premier jeu développé par le studio indépendant Out of the Blue, disponible en exclusivité sur Xbox One, Xbox Series X|S et PC. Composée de seulement douze personnes, l’équipe espagnole a opté pour une aventure en vue à la première personne mêlant un récit plein de mystères à de nombreux puzzles à résoudre. Et après cette année 2020 plus que mouvementée, difficile de ne pas se laisser tenter par la douceur de l’appel de la mer.

« Dear old pal of mine… »

Comme son nom suffit à nous le faire comprendre, Call of the Sea est une véritable invitation au voyage et à l’aventure. Au cours de ce périple se déroulant en 1934, nous découvrons l’histoire de Norah Everhart (Cissy Jones), une jeune femme souffrant d’une mystérieuse maladie ayant déjà tué plusieurs membres de sa famille. Dans l’objectif de trouver un remède pour la sauver, son mari Harry (Yuri Lowenthal) est parti en expédition avec toute une équipe. Malheureusement, elle se retrouve alors sans nouvelles de lui pendant plusieurs mois… jusqu’au jour où elle reçoit un étrange colis contenant plusieurs indices le concernant. Comprenant que quelque chose a dû se produire, Norah décide de partir sur les traces de son cher et tendre, ce qui la conduit sur une île recelant bien des secrets à proximité de Tahiti, au beau milieu de l’océan Pacifique.

Mystères et réflexion

Jeu indépendant oblige, cinq ou six heures grand maximum suffisent à connaître le fin mot de cette histoire découpée en six chapitres. Néanmoins, c’est bien assez pour qu’Out of the Blue nous propose une expérience relativement complète. Sans être transcendant non plus, le scénario de Call of the Sea parvient sans trop de mal à captiver notre attention grâce à ses nombreux mystères attisant notre curiosité et à sa vision revisitée de l’univers d’H.P. Lovecraft qui, il faut l’avouer, est plutôt originale. En effet, les travaux de l’écrivain sont ici exploités dans une dimension onirique plutôt qu’horrifique ce qui, associé au cadre romantique qui sous-tend l’ensemble, change drastiquement de ce que l’on peut avoir l’habitude de voir. Notre principal regret sera alors finalement que la deuxième partie a quelque peu tendance à traîner en longueur pour nous conduire à une fin assez expéditive.

C’est d’autant plus dommage que le titre prend réellement le temps de nous raconter les choses et d’entretenir le mystère. Il aurait donc gagné à développer certains aspects afin de rendre la narration plus fluide et plus complète. Car s’il s’agit bel et bien d’un jeu d’aventure, c’est aussi et surtout une expérience narrative dont le gameplay, réduit au strict minimum, sert à maintenir l’attention du joueur au fur et à mesure de la progression. Ne vous attendez surtout pas à faire autre chose que de l’exploration, de la recherche de documents et de la résolution d’énigmes car ce ne sera pas le cas. Call of the Sea est un jeu extrêmement calme et contemplatif où le dynamisme n’a pas vraiment sa place. D’ailleurs, c’est tout ce que l’on attendait de lui, même s’il est vrai que les déplacements assez lents de l’héroïne dans des environnements plutôt vastes pourront parfois générer un peu de frustration.

Heureusement, cela ne devrait toutefois pas trop poser de problèmes à tous les amateurs du genre. Pour une première expérience, on peut dire qu’Out of the Blue a su maîtriser sa formule en proposant une belle combinaison d’exploration, avec parfois un léger sentiment de désorientation à la clé, et de réflexion avec des énigmes qui s’enchaînent et se renouvellent constamment. La recherche d’indices est vraiment agréable à faire sachant que le jeu ne souhaite à aucun moment nous tenir par la main et qu’en plus, elle nous permet de comprendre ce qui est arrivé à l’expédition d’Harry. Ainsi, aucune aide visuelle ou même sonore ne viennent gâcher notre enquête. Le journal de Norah, qui sert à suivre la progression de l’histoire et qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur les indices récupérés, s’avère être notre seul point d’appui.

Une expérience « carte postale »

Comme évoqué plus haut, le jeu se veut être une véritable invitation au voyage et à l’aventure. Et ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une production indépendante que la partie visuelle a été négligée, bien au contraire. On peut le dire, elle y contribue même énormément. Dès les premières secondes, Call of the Sea s’impose comme un jeu « carte postale » en nous montrant sa capacité à créer des atmosphères renversantes et dépaysantes, ce qui sera par la suite confirmé tout au long de nos pérégrinations. De l’île tropicale ensoleillée et sa palette de couleurs vives à l’inquiétante grotte sombre sous la pluie et sa palette de couleurs ternes, le titre n’hésite pas à jouer avec les ambiances sans pour autant perdre de son charme. De son côté, la bande-son n’est pas en reste et ne vient que renforcer un tableau déjà bien réussi. Et si l’expérience est parfois marquée par quelques petits bugs (affichage, collision, crash), cela n’est heureusement jamais trop handicapant.

Verdict

Voilà un petit jeu qui tombe à point nommé. Alors que les dernières semaines ont été marquées par la sortie de nombreux AAA ayant fait couler beaucoup d’encre et que les fêtes de fin d’année approchent, le moment est peut-être venu de se poser un peu et de souffler un bon coup. À ce titre, Call of the Sea semble être l’expérience idéale. Court, intriguant, dépaysant, le premier jeu d’Out of the Blue fait preuve d’un certain niveau de qualité qui ravira les amateurs d’aventures narratives indépendantes même s’il aurait sans doute eu matière à aller plus loin dans son écriture, sa narration et parfois même son gameplay. Gardons un œil sur cette petite équipe tout juste formée car il se pourrait bien qu’elle ait de belles choses à nous proposer à l’avenir.

3 commentaires sur « TEST | Call of the Sea : Un appel au voyage et à l’aventure »

  1. Je suis en retard de bien de tes articles ! Je suis ravie de voir que l’expérience Call of the Sea t’ait séduit, comme pour les autres critiques que j’ai pu lire ici et là. C’est vrai que le côté exploration et dépaysement fait du bien après tous ces temps troublés… et les jeux contemplatifs, qui proposent une émotion, un voyage, manquent parfois. Le côté relecture de Lovecraft à la sauce onirique m’intrigue aussi, je dois l’avouer. Je ne manquerai pas de donner une chance à ce jeu quand j’en aurai l’occasion ! Merci pour ce beau test encore bien complet, Matthieu !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi pour ce beau commentaire une nouvelle fois ! Connaissant un peu tes goûts, je suis persuadé que ce jeu te plaira.
      Si jamais ça t’intéresse, en ce moment le Game Pass Ultimate est disponible à 1€ pour 3 mois d’abonnement. Je ne sais pas si tu as un PC ou une Xbox pour jouer, mais ça peut être l’occasion idéale (d’autant qu’après il te restera 3 mois pour découvrir d’autres jeux du catalogue).

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