En cette période des plus inhabituelles où pénuries de consoles et reports de jeux font rage, la frustration des joueurs est plus que palpable. C’est d’ailleurs ironiquement paradoxal, puisque nombreux sont ceux qui dénoncent l’incapacité des constructeurs à fournir des machines alors même qu’ils s’insurgent en parallèle de l’absence de sorties majeures pouvant justifier leur achat. Et d’une certaine manière, c’est plutôt vrai. Néanmoins, les surprises ne sont pas toujours là où on les attend le plus. Du côté de la PlayStation 5, la production gratuite et pré-installée de la Team ASOBI (SIE Japan Studio), Astro’s Playroom, en est la preuve.

La star de l’ombre

Entre Demon’s Souls Remake, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales ou encore Sackboy: A Big Adventure, la nouvelle console de Sony est loin d’être arrivée les mains vides. Certes, c’est à un (remarquable) remake, un standalone (très) fidèle à son modèle et à un jeu de plate-forme cross-gen que nous avons affaire, mais ce n’est tout de même pas rien. C’est d’autant plus intéressant que chaque titre peut potentiellement viser un public très différent, ce qui permet à tout un chacun d’y trouver son compte d’une manière ou d’une autre. Mais en réalité, il s’avère qu’aucun des trois n’est la véritable star du lancement de la PS5. Il est peut-être plus discret, mais Astro’s Playroom est sans le moindre doute le jeu que l’on retiendra de ce début de nouvelle génération, celui avec lequel il faut absolument faire ses premiers pas sur la console de Sony. Car en l’occurrence, plus que tous les titres cités précédemment, c’est lui qui représente le mieux l’avenir que nous réserve PlayStation.

Cette licence, qui n’est peut-être pas la plus connue du constructeur, n’est pas étrangère aux amateurs de réalité virtuelle. En effet, les heureux possesseurs d’un casque PlayStation VR ont déjà eu l’occasion de faire connaissance avec le petit robot de Team ASOBI via Astro Bot Rescue Mission, un jeu de plate-forme sorti en 2018 sur PS4 et lui-même tiré de « Robot Rescue », un mini-jeu provenant de The Playroom (2013). Mais cette fois-ci, son rôle est on ne peut plus crucial. Comme évoqué plus haut, Astro’s Playroom est directement intégré à la console au moment de l’achat. La raison à cela est simple : bien plus qu’un simple jeu, son objectif est de faire office de démo technique aux heureux possesseurs de la PS5. Ceci explique pourquoi l’aventure est extrêmement courte, puisque quatre petites heures suffisent à faire tomber le trophée platine. Néanmoins, elle n’en demeure pas moins intense et remarquable pour autant. Bien au contraire.

L’histoire de PlayStation

Pour commencer, arrêtons-nous sur l’un des aspects les plus fascinants du jeu, à savoir sa narration. À première vue, le titre de Team ASOBI ne semble pas vraiment avoir d’histoire à nous raconter. Pourtant, lorsqu’on le prend dans sa totalité, on réalise qu’il nous raconte une belle et grande histoire, qui n’est autre que celle de PlayStation. Pensé comme une sorte de cours d’histoire extrêmement ludique, Astro’s Playroom met en scène l’intégralité de l’évolution de la marque japonaise génération après génération, de la première machine sortie en 1994 à la dernière en date, celle sur laquelle nous découvrons ce jeu. Autant dire que tout au long de l’aventure, la fibre nostalgique des joueurs Sony de longue date ne cesse de vibrer, encore plus lorsque l’on constate avec quel soin et quelle originalité tout cela a été pensé et mis en scène.

La nostalgie à l’état pur

Décomposé en quatre mondes de quatre niveaux chacun, chaque partie du jeu entend nous plonger dans un univers aux codes et aux mécaniques différentes afin de nous conduire, à terme, à découvrir l’un des chapitres de l’histoire du constructeur. Et tel un jeu dans un jeu, tous les niveaux traversés sont eux-mêmes bourrés de clins d’œil et de références à des moments passés de la compagnie. Par exemple, toutes les licences ayant fait les beaux jours de PlayStation sont mises en scène d’une manière ou d’une autre à un moment donné, et c’est au joueur de les débusquer. De Tomb Raider à Horizon Zero Dawn, en passant par Uncharted, Metal Gear Solid, Crash Bandicoot, Silent Hill ou encore Ratchet & Clank, ce sont au moins une trentaine de jeux qui sont dissimulés un peu partout. Un véritable plaisir, d’autant plus que certaines sont assez bien dissimulées.

Mais ce n’est pas tout. Chaque niveau renferme également deux collectibles, dits « artefacts », qui sont en fait des figurines de toutes les consoles et de tous les accessoires qui ont vu le jour au fur et à mesure des années. Des différents modèles de machines, de salon ou portables, aux éléments tels que les cartes mémoires, les manettes ainsi que les caméras, aucun ne manque à l’appel. Encore une fois, on ne peut que souligner l’originalité avec laquelle Team ASOBI s’est approprié une mécanique de gameplay dont beaucoup tendent à se lasser en la rendant à la fois ludique et instructive. Non seulement cela permet de se rappeler ces objets, potentiellement oubliés, qu’on a eu un jour en notre possession, mais en plus cela permet d’en découvrir des nouveaux dont on ne soupçonnait pas forcément l’existence. Et ce sont tous ces éléments qui font d’Astro’s Playroom le point d’entrée idéal pour découvrir la PS5, pour les fans de PlayStation comme pour les nouveaux venus.

Une aventure sensationnelle

Toutefois, un tel constat ne repose évidemment pas uniquement sur cet aspect-là. Car si le lore du jeu tend à nous plonger dans le passé du constructeur, le gameplay, lui, nous donne un aperçu plus que concret de son avenir. Dans son approche la plus directe, Astro’s Playroom pourrait être décrit comme le Mario de PlayStation, en beaucoup plus accessible d’un point de vue difficulté. Ici, l’objectif n’est aucunement de mettre le joueur à l’épreuve via les phases de plate-forme ou les différents ennemis rencontrés, mais bien de lui raconter une histoire à travers le gameplay. En ce sens, la prise en main se veut relativement classique : on avance, on saute, on surmonte des obstacles, on élimine quelques rares ennemis et on esquive des pièges. De fait, l’échec ne fait pas vraiment partie de l’expérience. Et auquel cas, il nous permet de profiter des temps de chargement ultra rapides grâce au SSD, qui permet par ailleurs de rejoindre n’importe quel niveau à n’importe quel moment en l’espace de quelques secondes seulement.

Pour attraper chaque prise, il faut orienter la DualSense dans le bon sens et appuyer sur la gâchette correspondante

C’est ainsi plus précisément à ce niveau-là que le côté « démo technique » évoqué plus haut prend tout son sens. Car ne l’oublions pas, l’un de ses objectifs principaux, c’est aussi et surtout de nous faire découvrir les nouvelles fonctionnalités de la manette. Lorsque l’on se plonge dans le monde d’Astro’s Playroom avec la DualSense entre les mains, c’est un univers entier qui s’ouvre à nous, qui interagit avec nous. Retours haptiques, gâchettes adaptatives, pavé tactile, haut-parleur et micro sont couplés pour nous faire ressentir, au sens littéral, cette aventure. Et le résultat est assez bluffant. La manette parvient non seulement à nous communiquer des sensations différentes selon le climat (pluie, vent, etc.) et la texture du sol (herbe, glace, boue, etc.), mais aussi selon l’action effectuée à un moment précis (tirer à l’arc, rebondir sur un ressort, glisser sur une zone rappeuse, attraper un élément fragile, etc.). Autant de mécaniques qui ne font que renforcer l’immersion et qui promettent un bel avenir pour le jeu vidéo, à condition toutefois que tout cela ne soit pas progressivement mis à l’écart comme les nouvelles fonctionnalités des dernières DualShock.

Au cœur de la technologie

S’il va probablement encore falloir attendre la sortie des prochaines productions AAA pour découvrir ce que la PS5 a réellement dans le ventre, le titre de Team ASOBI n’en reste pas moins impressionnant pour autant. Avec son style graphique des plus singuliers, Astro’s Playroom nous emmène dans un monde à la fois mignon et coloré mais surtout bourré de détails. À travers ses différents univers, ses jeux de lumière, ses effets mais aussi plus largement ses animations, chaque élément présent a pour objectif de communiquer avec nous, de nous raconter quelque chose. C’est d’autant plus fascinant que l’ensemble a été pensé de manière originale, chaque niveau nous plongeant directement au cœur d’un élément constitutif de la console (le GPU, la RAM, le SSD, le ventilateur). Et histoire de ne pas faire les choses à moitié, le studio a également tenu à distinguer chacun des univers du jeu avec des musiques différentes. Il en ressort ainsi une bande-son signée Kenneth C M Young qui est extrêmement variée, oscillant entre des morceaux électro dignes de Daft Punk, de la synthwave sentant bon les années 1980, des bribes de disco, et plus encore. Et autant dire que le tout ne manque jamais de punch et d’énergie.

Verdict

Quelle aventure que ce Astro’s Playroom. À l’origine conçu pour être une simple démo technique destinée à mettre en avant les nouvelles fonctionnalités de la DualSense, le titre développé par Team ASOBI s’impose en réalité comme la véritable star du lancement de la PS5. Tout en étant entièrement gratuit, il nous offre une expérience unique, originale et sensationnelle, à la fois remplie de nostalgie pour les fans de PlayStation et instructive pour les moins connaisseurs. Finalement, la seule chose que l’on regrette, c’est qu’on en voit bien trop vite le bout car on en redemanderait volontiers. Espérons que nous aurons l’occasion de revoir le petit Astro Bot à l’avenir, car il a tout pour devenir le Mario de Sony.

2 commentaires sur « TEST | Astro’s Playroom : Quand le passé, le présent et l’avenir de PlayStation se trouvent entre nos mains »

  1. Le moins que l’on puisse dire est que cette « démo technique » a agréablement surpris tout le monde. Elle semble vraiment faire l’unanimité. C’était assez ingénieux de combiner un lore un peu nostalgique avec un gameplay pleinement moderne, permettant de tester les nouvelles fonctionnalités de la manette. Merci pour ton test, et sympa le nouveau design du blog. 🙂 A bientôt

    Aimé par 1 personne

    1. Je dois dire que même si tous les goûts sont dans la nature, j’ai quand même du mal à trouver ce qu’on pourrait reprocher à une expérience telle que celle-ci, sincèrement.
      Je comprends maintenant pourquoi tout le monde est unanime à son sujet. J’imagine qu’une fois que tu auras eu l’occasion de la faire, tu comprendras également.

      Merci pour ton commentaire et pour ton mot concernant le design. À très vite ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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