Avant même sa sortie officielle, Josef Fares ne manquait pas d’éloges lorsqu’il s’agissait de présenter son prochain projet. Assurant avec la plus grande des confiances qu’It Takes Two allait réaliser un nouveau « record du monde » pour la variété de son gameplay et qu’il était prêt à « donner 1 000 dollars à quiconque dira ‘oh, je m’ennuie dans ce jeu, il ne me surprend pas’ », il n’a pas hésité un seul instant à mettre en danger sa crédibilité en jouant de sa célèbre image de créateur prétentieux. Mais le jeu en valait-il la chandelle pour cette nouvelle production d’Hazelight Studios ? L’heure est venue de le vérifier, un chèque de 1 000 dollars à la clé…

Test réalisé sur PS5 grâce à un code fourni par l’éditeur

D’amour et d’aventures

Les relations amoureuses, c’est compliqué. Tout le monde le sait. Josef Fares aussi, et il a décidé d’en faire un jeu. Dans It Takes Two, nous incarnons May et Cody, un couple marié dont la relation a atteint son point de non-retour. Alors qu’ils annoncent la triste nouvelle de leur séparation à leur fille, Rose, un étrange événement se produit : tous deux se retrouvent transformés en poupées miniatures à subir les conseils de Dr. Hakim… un livre souhaitant faire renaître la flamme entre eux. C’est ainsi que débute cette aventure fantastique qui va conduire nos deux héros à découvrir le monde qui les entoure avec un regard totalement inédit, les forçant à œuvrer main dans la main pour atteindre leur objectif : trouver un moyen de mettre un terme à cette transformation inexpliquée. Car à l’instar d’A Way Out, ce nouveau titre est une nouvelle fois exclusivement jouable en coopération à deux joueurs*, chacun incarnant l’un des parents.

À première vue, il est vrai que l’on pourrait se dire que le scénario est loin d’être extraordinaire, en particulier dans le cadre d’un jeu vidéo où il aurait tout du prétexte visant à encadrer le gameplay. Mais ce serait là une grave erreur. Ce serait sans compter sur la plume si particulière de Josef Fares et de son équipe, qui ont su nous délivrer avec It Takes Two une histoire à la fois extrêmement touchante et terriblement délirante qui ne cesse de nous émouvoir et de nous faire rire à chaque instant. Porté par une écriture maîtrisée du début à la fin, l’univers du jeu n’arrête jamais de nous surprendre avec ses nombreux dialogues qui donnent une véritable prestance à chacun des personnages rencontrés. Cela vaut plus particulièrement pour les protagonistes principaux, dont on se doit de saluer la performance des acteurs qui les incarnent et qui en vient à nous faire complètement oublier l’absence de doublage français.

Du fun et de la diversité, sans limite

Autant dire qu’avec cette dernière production, un nouveau cap a été franchi par Hazelight Studios en termes de narration et d’écriture, mais aussi de gameplay. Car si le scénario sert bel et bien de prétexte à ce dernier, c’est définitivement de la meilleure des manières. Josef Fares était extrêmement sûr de lui lorsqu’il évoquait la variété offerte par son jeu, et il avait raison : il a plus que mérité de garder son chèque de 1 000 dollars. Du long de sa quarantaine de niveaux nécessitant une bonne dizaine d’heures de jeu pour être traversés, It Takes Two réussit le pari complètement fou de ne jamais se répéter en innovant constamment dans ses mécaniques de jeu. À chaque niveau son gameplay et ses spécificités, pour une aventure toujours plus variée. De cette manière, le plaisir de la découverte est omniprésent du début à la fin et tout comme les personnages apprennent à reconstruire leur relation, les joueurs apprennent à trouver de nouveaux moyens de collaborer pour avancer.

Dans l’ensemble, le titre s’apparente surtout à un jeu d’action-aventure dans lequel il s’agit de traverser des zones jonchées de pièges et d’énigmes dont il faut comprendre le fonctionnement pour pouvoir progresser. Pour cela, il faut notamment maîtriser les équipements propres à chacun des personnages, qui sont renouvelés à chaque nouveau chapitre. Pour autant, la devise de cette aventure reposant sur la diversité, It Takes Two n’hésite pas à varier les approches dans sa mise en scène. Les séquences de plateformes peuvent ainsi laisser place à des scènes d’action aussi intenses qu’époustouflantes, ou au contraire à des moments d’exploration et de détente. Dans A Way Out, il était parfois possible de se livrer à quelques mini-jeux avec les héros, comme une partie de Puissance 4. Ici, cette idée a été poussée à son paroxysme au point de devenir une mécanique de gameplay à part entière.

Comme l’avait, une fois encore, annoncé Josef Fares, le jeu entend prendre le contre-pied de ce qui lasse les joueurs. Pas de collectibles à gogo donc, mais de nombreuses interactions toutes plus originales les unes que les autres qui nous poussent à découvrir chacun des mondes qui nous entourent pour en débusquer tous les secrets. Et si certaines actions ont uniquement pour but d’apporter un peu d’interactivité et d’immersion pour nous amuser, d’autres, à savoir les mini-jeux, poussent les deux joueurs à s’affronter l’un l’autre dans des défis extrêmement fun et variés. Courses de vitesse, défis de score mais aussi épreuves de réflexion ou d’agilité sont ainsi au programme, et cela toujours sous une forme originale inspirée de l’univers dans lequel on se trouve. Tous ces éléments associés tendent ainsi à faire d’It Takes Two un véritable bijou d’inventivité, où aucune des séquences ne se ressemble et où le rythme ne faiblit jamais d’un iota.

Une pépite visuelle

Mais les réussites du titre ne s’arrêtent pas là. Varié, le jeu d’Hazelight Studios l’est à tous les niveaux. Cela s’applique donc également aux environnements que l’on doit traverser chapitre après chapitre et qui ne cessent d’évoluer pour parvenir à nous surprendre toujours davantage, que ce soit par leur beauté ou par leur créativité. Avec ses couleurs à la fois vives et chatoyantes qui sont le fruit d’une direction artistique des plus somptueuses, It Takes Two s’impose comme une pépite indépendante comme on en voit que très rarement. Alors qu’A Way Out pouvait par exemple souffrir de quelques faiblesses techniques à sa sortie, ce nouveau jeu multiplie les panoramas impressionnants et les séquences ultra rythmées bourrées d’effets visuels, sans jamais perdre en fluidité ou en visibilité. Un plaisir dont on se délecte jusqu’à la dernière minute, au même titre que la bande-son qui vient compléter d’une bien belle manière un tableau déjà plus que complet.

Verdict

On peut le dire, Josef Fares est une personnalité relativement atypique dans le milieu du jeu vidéo. Mais derrière le phénomène se cache un authentique passionné, qui aime profondément notre médium et qui ne cesse de le prouver davantage à chaque nouvelle production. Véritable bijou d’inventivité du début à la fin, It Takes Two s’offre à nous comme une expérience à la fois singulière et hétéroclite. Une fois lancé dans l’aventure, il devient rapidement difficile de lâcher la manette face à ce jeu qui se renouvelle constamment, sans jamais nous abandonner en cours de route. Avec son récit à la fois amusant et touchant, le titre d’Hazelight Studios s’impose ainsi comme le titre de ce début d’année, et osons le dire, peut-être même comme l’un des titres phares de 2021.


*Grâce au Pass Ami, une seule copie du jeu est nécessaire pour pouvoir jouer à deux, le possesseur pouvant alors inviter gratuitement la personne de son choix.

3 commentaires sur « TEST | It Takes Two : Un bijou d’inventivité aussi délirant que touchant »

  1. Franchement, je n’avais suivi que de très loin les nouvelles concernant It takes two, et je vois vraiment de quoi parle le jeu maintenant avec ton test. Tout ce que je peux dire, c’est que ça donne terriblement envie de l’essayer, d’autant que les jeux coop vraiment sympas sont rares ces dernières années. Josef Fares a l’air de s’en être donné à coeur joie, autant pour son propre plaisir que celui des joueurs, et ça fait plaisir quand un jeu se permet autant d’inventivité, se renouvelle, sans craindre de perdre le joueur. Et il a quand même le don de faire des histoires très touchantes (Brothers…) alors je ne doute pas de sa capacité à proposer quelque chose de ludique, mais qui bouleverse en même temps. Un magnifique article qui permet vraiment de comprendre de quel bois le titre est fait. Merci !

    Aimé par 1 personne

    1. Ravi d’avoir pu t’éclairer avec ce test ! C’est vrai qu’il place la barre vraiment haut en termes d’expérience coop sur ce coup, on voit que Josef Fares a bien appris de ses « erreurs » avec A Way Out.

      Je vous recommande chaudement de le faire avec Flo, vous allez sans aucun doute vous éclater. C’est vrai que la concurrence n’est pas très rude en ce début d’année, mais il s’est pour l’instant approprié la place de GOTY pour moi.

      Aimé par 1 personne

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