Été 2020. Alors que nous sortons de plusieurs mois plus que déroutants en raison de la situation sanitaire mondiale, Sucker Punch nous offre ce qui sera la dernière exclusivité majeure de la PS4 : Ghost of Tsushima. Un moyen pour les joueurs de s’évader direction le Japon, avec une aventure qui aura séduit pas moins de 6.5 millions de joueurs en moins d’un an. Été 2021. Il est maintenant temps pour le studio de prolonger notre séjour avec Ghost of Tsushima: Director’s Cut, une réédition disponible sur PS4 et PS5 qui comprend notamment une extension narrative.

Test réalisé sur la version PS5 grâce à un code fourni par l’éditeur

En route pour l’île d’Iki

Voilà déjà plus d’un an que notre découverte des aventures de Jin Sakai s’est achevée. Rapidement devenu l’une des belles surprises vidéoludiques de l’année 2020, le titre développé par les créateurs d’inFamous et Sly n’avait toutefois pas encore dit son dernier mot, en témoigne l’arrivée de la version Director’s Cut et de l’extension qui l’accompagne. Dans ce nouvel arc narratif se déroulant en parallèle de la campagne du jeu, notre Fantôme en devenir est amené à se rendre sur une île voisine, Iki, où se trouve une tribu mongole dirigée par Ankhsar Khatun, aussi connue sous le nom de l’Aigle. Cette dernière est en effet à l’origine d’une attaque meurtrière sur Tsushima, et Jin entend bien demander des comptes afin de faire la lumière sur ce terrible événement.

Les fantômes du passé

C’est ainsi que débute ce nouveau périple dans le périple pour notre héros qui, à cette occasion, va devoir se confronter à ses propres démons. Et pour cause, il s’avère que l’histoire de l’île d’Iki est intimement liée à celle du clan Sakai, et donc à son passé. En ressort alors une aventure intéressante qui, malgré sa courte durée (environ 5-6h réparties sur neuf quêtes principales), permet d’étoffer un peu plus en profondeur la psychologie de Jin, en particulier par rapport à la relation qu’il entretenait avec ses parents. En revanche, on pourra regretter que tout cela ait fini par prendre le pas sur l’intégration des nouvelles têtes au casting qui, en dépit de leur potentiel, sont davantage traitées en surface, voire carrément en retrait pour ce qui concerne l’antagoniste.

Sans doute une poignée d’heures de jeu supplémentaire n’aurait pas été de trop pour cette extension qui, rappelons-le, est tout de même vendue entre 19.99€ et 29.99€ (cela dépend de la version concernée) pour ceux possédant déjà Ghost of Tsushima. Heureusement, on peut tout de même compter sur la présence de sept quêtes secondaires et de deux récits mythiques pour gonfler un peu la durée de vie, et ce sans que ça ne paraisse artificiel pour autant puisqu’à l’instar du jeu de base, celles-ci ont bénéficié d’un soin particulier. Mis l’un dans l’autre, comptez donc une petite douzaine d’heures environ pour arriver au bout de l’ensemble des activités disponibles sur l’île d’Iki, déblocage des trophées compris.

De nouvelles activités au programme

Bien entendu, le contenu de cette extension ne se limite pas aux différents récits principaux et secondaires. La nouvelle zone de jeu, dont la taille se veut raisonnable mais tout à fait suffisante, s’accompagne également de plusieurs quêtes annexes : une très petite quantité est similaire à celles disponibles sur Tsushima tandis que toutes les autres représentent de nouvelles activités. On trouve ainsi différents sanctuaires dédiés aux animaux (chats, cerfs et singes), qui prennent la forme d’un mini-jeu dans lequel il faut jouer de la flûte à l’aide de la reconnaissance de mouvements de la DualSense, des lieux clés nous permettant de revivre un souvenir de la jeunesse de Jin, des défis d’archerie et enfin des tournois de duel, tous donnant accès à de nouvelles récompenses (charmes, armures, skins de sabres, etc.).

Les sanctuaires sont désormais un moment de communion avec les animaux

Du côté des compétences et tactiques de combat de Jin, Ghost of Tsushima: Director’s Cut se montre malheureusement un peu plus avare. Dans l’ensemble, les principales nouveautés résultent en la possibilité de charger avec son cheval pour renverser les ennemis, en l’ajout d’une sacoche de selle permettant de stocker plus de projectiles (à l’image de Days Gone avec la moto) ou encore en la possibilité de verrouiller un ennemi. Pas de nouvelle position de combat donc, ce qui s’explique tout simplement par le fait qu’il n’existe pas de nouveau type d’ennemi majeur. On peut tout de même souligner l’apparition des chamanes, qui ont la possibilité de booster les capacités de tous les adversaires présents aux alentours lorsqu’ils sont en transe.

Pour le reste, l’ensemble de cette nouvelle extension repose sur les mêmes mécaniques de gameplay que le jeu de base et n’hésite pas à diversifier ses approches au fur et à mesure que l’on progresse dans les missions. On a donc accès à un parfait mélange entre phases d’exploration dépaysantes, phases d’action et de combats toujours aussi saisissantes et phases de plateformes très bien construites tout au long de l’aventure. Seules les phases d’infiltration restent un point noir au tableau, la faute à une IA ennemie qui n’a pas évolué d’un iota et qui tend à gâcher tout sentiment d’immersion au cours de ces séquences.

Safari next-gen

On peut néanmoins compter sur l’île d’Iki pour nous offrir ce que Ghost of Tsushima sait faire de mieux : nous faire voyager. Tout en restant dans la droite lignée des environnements rencontrés sur l’île de Tsushima, cette nouvelle zone brille elle aussi grâce à une direction artistique exceptionnellement belle, qui se voit sublimée par des jeux de lumière et une colorimétrie parfaitement étudiés à chaque instant. Autant dire que chaque nouveau décor traversé devient une incitation supplémentaire à user et abuser du mode photo. Cela continue d’ailleurs à rattraper les quelques imperfections graphiques du jeu, qui multiplie parfois les textures peu reluisantes en plus de manquer de finition au niveau de certains détails et autres animations.

Des défauts qui sautent d’autant plus aux yeux que la version PS5 propose désormais une résolution 4K en 60 fps pour un confort de jeu plus optimal que jamais. On peut cependant dire adieu aux nombreuses chutes de framerate ou encore aux temps de chargement, qui étaient pourtant déjà étonnamment courts sur PS4. Autre nouveauté intéressante, cette nouvelle mouture intègre les fonctionnalités de la DualSense afin de renforcer l’immersion de l’expérience. L’utilisation de l’arc et du grappin se ressent ainsi au niveau des gâchettes adaptatives tandis que les retours haptiques, sans être aussi percutants que dans un Returnal, se font assez nombreux. Le haut-parleur de la manette reste lui aussi très sollicité, peut-être même un peu plus encore qu’à l’origine.

Verdict

Si Ghost of Tsushima s’était révélé être une belle et étonnante surprise pour bien des joueurs, c’est sans aucune surprise cette fois que cette version Director’s Cut, et plus précisément l’extension qui l’accompagne, s’impose comme une réussite. C’est avec un immense plaisir que l’on replonge à corps perdu dans cet univers qui reste une véritable bouffée d’air frais et qui, par le biais d’un nouvel arc narratif, offre au personnage de Jin Sakai un peu plus de profondeur. Le seul frein éventuel reste sans doute le prix, qui est un peu élevé compte tenu de la durée de vie proposée… surtout pour les joueurs PS5 qui doivent payer 10€ supplémentaires de mise à niveau.

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