Dans un peu moins d’un mois maintenant, Tarsier Studios fera son grand retour avec Little Nightmares II. Étant passé à côté du premier opus à l’époque de sa sortie en 2017, j’ai profité de cette occasion pour me lancer dans l’épopée de la petite Six, qui semble avoir charmé un grand nombre de joueurs ces dernières années. Il est donc temps pour moi de vous proposer un petit retour sur cette petite pépite indépendante qui, comme vous l’aurez compris, ne prendra toutefois pas la forme d’un test.

Réalité cauchemardesque ou imaginaire enfantin ?

Si j’ai beaucoup entendu parler de Little Nightmares en l’espace de trois ans, j’avoue ne m’être jamais vraiment renseigné à son sujet. J’avais une très vague idée de la forme que prenait le gameplay ainsi que de son ambiance qui, comme l’évoque son titre, se voulait horrifique, mais c’est tout. La découverte a donc été totale lorsque j’ai lancé le jeu et effectivement, s’il y a bien une chose qui m’a frappé dès les premières minutes, c’est son ambiance. Doté d’une colorimétrie sombre et bien souvent épurée, le titre nous plonge dans un monde très glauque au sein duquel on se sent aussi minuscule que perdu. On ne sait pas où on est, on ne sait pas qui on est, on ne sait pas où on va, et on se retrouve à errer pièce après pièce avec une seule idée en tête : fuir un cauchemar face auquel on se sent totalement impuissant. Et en ce sens, le jeu parvient à véhiculer un sentiment de peur sans même avoir à trop en faire.

Dans l’idée, la construction de Little Nightmares est finalement assez similaire à ce que peuvent proposer Limbo et Inside, tous deux développés par Playdead et sortis avant lui. Pourtant, Tarsier Studios a parfaitement su s’approprier la formule pour proposer une expérience tout à fait personnelle. De la même manière que dans ces deux derniers, j’ai vraiment apprécié le fait de me retrouver complètement livré à moi-même. J’ai adoré le fait de devoir, à chaque instant, me débrouiller seul pour comprendre mon environnement et savoir comment interagir avec lui afin de pouvoir progresser. Cela a un côté très gratifiant de se dire que dans la peau de la petite Six, qui n’est qu’une enfant, on parvient à surmonter une succession d’obstacles en échappant à des monstres tous plus cauchemardesques les uns que les autres. Et c’est d’autant plus immersif que justement, on ne nous aide à aucun moment.

D’ailleurs, cette remarque est également valable pour tout ce qui concerne la partie scénario. Comme évoqué un peu plus haut, on ne sait absolument pas où on met les pieds. Qui est Six et que fait elle là ? Qui sont ces gens qui l’attaquent et pourquoi ressemblent-ils à des créatures semblant tout droit sortir du cauchemar d’un enfant ? D’où viennent ces petits gnomes terrifiés qui deviennent plus amicaux une fois qu’on les a pris dans nos bras ? Mais surtout, est-ce que tout cela est réel ? Autant de questions dont les réponses doivent être déduites par les simples éléments qui nous entourent car Little Nightmares ne contient ni dialogues, ni textes. Et si cela peut être difficile à percevoir au premier abord, il s’avère que l’univers du jeu est en réalité plus riche qu’on ne le pense. Finalement, mon seul regret sera là encore le fait que le studio est passé par du cross-média pour révéler certains détails.

Courir sans (trop) réfléchir

Un autre point que je retiendrai de Little Nightmares est son approche du gameplay, que je trouve surprenante à plus d’un titre. Pour reprendre la comparaison avec Limbo et Inside, la construction est à nouveau assez similaire : on avance sans relâche en surmontant divers obstacles et en échappant à d’éventuels dangers par la ruse. Cependant, là où les jeux de Playdead ont tendance à multiplier les énigmes nécessitant plus ou moins de réflexion, celui de Tarsier Studios se contente de pousser le joueur à avancer sans trop réfléchir. Les énigmes sont une denrée rare, pour ne pas dire qu’elles sont en fait presque totalement inexistantes. Un choix que je trouve particulièrement malin parce que cela permet de mettre l’accent sur le cœur de l’expérience, à savoir la volonté de fuir tout en cherchant à comprendre les événements qui, à eux seuls, deviennent ainsi la véritable énigme du jeu. Et c’est pourtant un gros fan d’énigmes qui écrit ces mots.

A contrario, les trois DLC prennent le contre-pied total de cette approche. Mettant en scène un autre personnage, Le Fugueur, dans une aventure se déroulant en parallèle de celle de Six, Les Secrets de l’Antre met davantage l’accent sur le gameplay que sur son univers. La fuite permanente laisse alors place à un rythme plus calme où l’on doit résoudre une multitude d’énigmes tandis que les quelques dangers que l’on rencontre semblent un chouilla plus difficiles que dans l’aventure principale. Et paradoxalement, je dois avouer que j’ai moins accroché car cette patte si propre faisant le charme de Little Nightmares s’en retrouvait quelque peu perdue. Heureusement, la troisième et dernière extension a su rattraper la donne. Son approche rendant ouvertement hommage à Resident Evil et Alan Wake a évidemment beaucoup joué, mais sa conclusion faisant brillamment (et horriblement) le lien avec le parcours de Six aussi.

Verdict

À mon tour, j’ai donc bel et bien été charmé par Little Nightmares qui a le mérite de proposer quelque chose de véritablement singulier à partir d’une formule déjà connue. C’est avec impatience que j’attends désormais de pouvoir mettre les mains sur Little Nightmares II qui, à en croire les trailers, semble d’ores et déjà réussir à approfondir et réinventer son univers, tout en offrant quelques nouveautés dans son gameplay et sa mise en scène de l’horreur. Rendez-vous le 11 février prochain pour cette nouvelle aventure aux côtés du petit Mono.

3 commentaires sur « AVIS | Little Nightmares Complete Edition : Plongée dans l’Antre de l’horreur »

  1. J’ai un peu tardé mais j’attendais de lire ton article avec impatience. Comme tu le sais, je suis une énorme fan de Little Nightmares (et c’est d’autant plus vrai depuis que j’ai terminé le 2 (enfin, je dois encore le platiner et découvrir la fin secrète). Le jeu est très déroutant au début, mais il possède un je ne sais quoi de fascinant et d’hypnotisant, qui m’est resté en tête et ne m’a jamais quitté depuis. C’est peut-être grâce à l’OST fantastique, et ce, même si elle est finalement assez discrète durant le jeu. Après, concernant l’univers, c’est frustrant d’en savoir si peu et en même temps c’est tellement important qu’il demeure cryptique. A quoi fais-tu référence concernant l’aspect cross-media ? En tout cas, je suis assez d’accord avec ton retour, en particulier pour les DLCs. Ils sont complémentaires est très intéressants, mais aussi un peu frustrants. A bientôt !

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    1. Je suis entièrement d’accord avec toi, le côté cryptique contribue largement à rendre les deux opus de Little Nightmares fascinants. C’est toujours agréable d’avoir des jeux qui te suggèrent des choses, qui ont un sens, mais qui te laissent toi-même le définir selon ton appréhension des choses. C’est ce que j’aime dans chacun des opus également.

      Pour l’aspect cross-média, je pensais notamment au jeu mobile qui dévoilait l’origine du manteau jaune de Six (mais qui, face aux événements du 2, me paraît non-canonique du coup), ainsi qu’aux comics qui apportent quelques réponses supplémentaires concernant les événements du 1.
      J’ai du mal avec ce genre de pratique parce que le cross-media ne touche que très peu monde en général, et ça revient à priver une grande partie du public de clés importantes pour comprendre l’univers d’une œuvre.
      S’en servir pour développer certains éléments, je n’ai rien contre. Par contre, s’en servir pour dévoiler des éléments importants, j’ai vraiment du mal. En l’occurrence, il y a plusieurs choses que je n’aurais pas forcément comprises si je n’étais pas allé farfouiller sur internet pour trouver des réponses, réponses qui provenaient parfois des autres œuvres dont j’ai parlé.

      Merci pour ton commentaire en tout cas, ravi que l’article t’ait plu. Hâte de découvrir ce que tu pourras nous dire sur le deuxième épisode !

      Aimé par 1 personne

    2. Ah, c’est en partie ce qui m’a littéralement fait tomber amoureuse de cette saga. Le comic est tellement cryptique lui aussi, ahah ! J’ai un avis moins tranché que toi sur les ajouts cross-média, mais je comprends ton point de vue. Surtout quand certaines choses ne sont plus canoniques ou se contredisent ! En tout cas, mille mercis de m’avoir rappelé l’existence du jeu mobile. Je l’ai acheté et je compte le faire dès que possible pour me forger mon propre avis. Ce sera toujours utile pour un petit article futur. ^^ Après pour relativiser, je dirais que, justement, le joueur lambda peut se passer de ces informations dispensables et facultatives, tandis que le fan hardcore de la saga a quelque chose de plus à se mettre sous la dent^^ Du moment que, par exemple, le comics ou le jeu mobile ne gênent pas la compréhension des épisodes principaux ! Mais c’est vrai que d’autres licences usent et abusent de ce procédé. Je digresse un peu mais ce qui me débecte le plus est ce qu’a fait J. K. Rowling avec Harry Potter. A mes yeux, elle a ajouté des informations ultra importantes (et canons) dans des choses aussi triviales qu’un site internet ou les réseaux sociaux. Sans parler du queerbaiting autour de Dumbledore ! Mais c’est vrai que pas mal d’informations sur internet aident à mieux comprendre Little Nightmares. Après, pour revenir à ce qu’on dit, elles ne sont pas indispensables. A mes yeux, le jeu se vit et se ressent, avant tout ! Mais c’est avec grand plaisir que je t’ai lu et que j’ai cette petite discussion avec toi, ahah. A la prochaine^^

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