Top Jeux #1 : Resident Evil

1996. De Pokémon à Diablo, en passant par Les Chevaliers de Baphomet ou encore Crash Bandicoot et Tomb Raider, cette année aura vu naître de nombreuses licences emblématiques. Parmi elles se trouve notamment Resident Evil, dont le premier opus paraîtra le 1er août dans nos contrées européennes. Créée par Shinji Mikami en collaboration avec Tokuro Fujiwara et Hideki Kamiya, cette franchise deviendra rapidement l’une des plus importantes de l’histoire du jeu vidéo, s’inscrivant au passage durablement comme l’une des références ultimes dans le monde du survival-horror. Avec pas moins de 27 jeux, 10 films mais aussi des centaines de produits dérivés en tout genre, Resident Evil n’a jamais véritablement quitté le devant de la scène en l’espace de 24 ans d’existence.

Pour ma part, ma rencontre avec la licence ne s’est faite que tardivement. C’était plus précisément entre fin 2009 et début 2010, lorsque je suis tombé sur le premier Resident Evil de Paul W.S. Anderson en allumant ma télévision. Je l’ai adoré et il m’a donné envie d’en découvrir plus sur cette franchise. Après m’être renseigné, j’ai ainsi découvert qu’il était tiré d’une série de jeux vidéo dont le dernier opus était sorti quelques mois auparavant. Vous l’aurez compris, je parle de Resident Evil 5. Hé oui les enfants. Vous avez beau cracher sur les films comme sur cet opus, s’ils n’avaient pas existé, je n’aurais peut-être jamais connu Resident Evil – ou en tout cas beaucoup plus tardivement. C’est donc avec Resident Evil 5 que mon amour pour cette licence est né, puis avec ma découverte rétroactive des précédents opus qu’il a grandi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui.

Et tandis que la sortie du remake de Resident Evil 3 approche à grands pas, je me suis dit que c’était l’occasion idéale pour lancer ce nouveau format, sobrement intitulé Top Jeux. Le principe est simple, je vais me livrer à cet exercice extrêmement compliqué qu’est celui de classer par ordre de préférence tous les jeux de la licence. J’en profiterai évidemment au passage pour donner un rapide avis personnel sur chacun d’eux afin d’étayer mon propos.

Mais avant de commencer, deux petites précisions s’imposent. La première : ce top se concentrera uniquement sur les jeux constituant la franchise principale. Pas d’Outbreak, pas d’Umbrella Chronicles, pas d’Operation Raccoon City et consorts donc. La seconde : le remake de Resident Evil ainsi que les Resident Evil 2 et 3 originaux ne seront pas présents car je n’ai pas encore eu l’occasion de les faire. Cette erreur sera corrigée un jour, c’est promis.

Maintenant, trêve de bavardage : je vous embarque avec moi dans le train de l’horreur avec ce premier numéro de Top Jeux consacré à Resident Evil !

 


#10 – Resident Evil 7: Biohazard (2017)


Perçu par la plupart des fans comme une véritable renaissance de la franchise après des années d’errance, Resident Evil 7: Biohazard est à mes yeux le plus décevant. S’il renoue brillamment avec l’horreur, en tout cas durant les premières heures de jeu, il prend davantage l’allure d’un reboot qui ne s’assume pas qu’autre chose. Le passage à la vue à la première personne, la nouvelle ambiance mais aussi la nouvelle direction artistique, ouvertement inspirés des survival-horror à succès de ces dernières années, font disparaître tout le charme inhérent à Resident Evil. Et à ce stade, reprendre des mécaniques de gameplay largement copiées sur les premiers opus ne suffit plus. Pire encore, cela ne fait qu’accentuer ma sensation qu’à une époque remplie de remakes et de portages dans le catalogue de Capcom, celui-ci peine définitivement à se renouveler. Avec son nouveau protagoniste des plus oubliables mais aussi sa deuxième moitié largement moins maîtrisée et intéressante que ne peuvent l’être les premières heures, cet opus se retrouve donc à la dernière place de ce classement.

 


#9 – Resident Evil: Revelations 2 (2015)


Avec le retour de protagonistes longtemps oubliés, à savoir Claire Redfield et Barry Burton, ou encore la réutilisation d’un format épisodique qui avait largement fait ses preuves quelques années auparavant, Resident Evil: Revelations 2 avait toutes les cartes en main pour s’en sortir de la meilleure des manières. Pourtant, l’expérience se révèlera finalement être un peu plus décevante que prévu. En effet, cet opus nous plonge au cœur d’une histoire qui peine quelque peu à captiver et qui ne va pas au bout de ses idées. Loin d’utiliser ses héros emblématiques comme il se doit, il met rapidement de côté l’originalité de son concept de départ, à savoir jouer avec la peur des personnages, pour en revenir à une histoire des plus classiques dans le lore de la licence. Sans compter les nouveaux personnages secondaires, Moira Burton et Natalia Korda, que l’on se fera un plaisir d’oublier une fois l’aventure arrivée à son terme.

J’évoquais précédemment le manque de renouvellement de l’éditeur japonais vis-à-vis des Resident Evil. Cet opus l’illustrait également déjà. De leur énième culbute pour nous rejouer la carte « Wesker » à la réutilisation de multiples cadres environnementaux, en passant par des combats de boss au déroulement similaire à ce qui a déjà été fait par le passé, on ressort finalement de cette aventure avec un grand sentiment de déjà-vu. Alors certes, tout n’est pas à jeter et quelques bonnes idées restent présentes, mais ce n’est pas l’épisode que l’on retiendra le plus.

 


#8 : Resident Evil 6 (2012)


S’il est de loin l’épisode le plus détesté et le plus décrié par les fans, Resident Evil 6 n’en demeure pas moins pour autant une expérience complète et remarquable à bien des égards. Il est vrai qu’il s’agit de celui qui met le plus à mal les codes horrifiques de la série au profit d’une dimension résolument plus action et bourrine. Toutefois, cela reste assez bien justifié par le scénario qui nous plonge au cœur d’un combat bioterroriste se déroulant désormais à échelle mondiale, ce qui donne lieu à une véritable guerre. Et quoi qu’on en dise, la formule fonctionne plutôt bien dans l’ensemble. On pourra tout de même lui reprocher son côté beaucoup trop générique et décousu, qui entraîne régulièrement la disparition de l’esprit Resident Evil, ainsi que le côté série B complètement tiré par les cheveux de son scénario. Un scénario qui s’inscrit et exploite pourtant assez bien le lore de la franchise mais qui, sans doute par volonté de trop en faire, n’a parfois pas manqué de se perdre en route. Du long de ses quatre campagnes à l’ambiance très différente, il ne s’impose peut-être pas comme le meilleur des Resident Evil à proprement parler, mais il est assurément un très bon défouloir exploitant cet univers.

 


#7 – Resident Evil 0 (2002)


Comme beaucoup de licences, Resident Evil n’a pas échappé à la case préquel au cours de son histoire. Sobrement intitulé Resident Evil 0, cet opus revient sur les événements évoqués dans l’introduction du premier jeu mais n’ayant jamais été explicités jusqu’alors. En ce sens, il permet d’apporter davantage encore de profondeur au background de la série tout en permettant au joueur de faire la connaissance d’un nouveau protagoniste : Billy Cohen, accompagné d’un personnage secondaire du premier jeu : Rebecca Chambers. Si le développement du lore reste largement appréciable, on pourra néanmoins lui reprocher de rester trop classique dans son approche pour ce qui concerne le gameplay. Malgré la présence de nouveautés intéressantes telles que le système de « Partner Zapping » ou encore la disparition des coffres, on a globalement l’impression de jouer à une version revisitée de Resident Evil premier du nom, dont il reprend l’ensemble des codes et de la structure. Cela fonctionne toujours à la perfection, c’est certain, mais ceci explique pourquoi il reste difficile de lui accorder une meilleure place au sein de ce classement.

> Retrouvez ma critique du jeu

 


#6 – Resident Evil 4 (2005)


Dernier épisode à avoir été produit en présence de Shinji Mikami, Resident Evil 4 a marqué un tournant majeur dans l’évolution de la série. En effet, il est le premier à avoir abandonné la dimension survival-horror à l’état pur au profit d’une dimension résolument plus spectaculaire et orientée sur l’action. Il troque ainsi au passage les traditionnels plans de caméra fixe pour une vue caméra à l’épaule rendant le gameplay beaucoup plus dynamique. Ces changements, aussi risqués soient-ils, se révèleront toutefois payants puisque la nouvelle formule parviendra sans la moindre difficulté à faire ses preuves. Véritable succès critique et commercial, cet opus a su réinventer la franchise tout en gardant une grande partie de son ADN puisqu’il propose un habile mélange d’action et d’horreur. Cela explique pourquoi il reste aujourd’hui encore l‘un des jeux les plus plébiscités, aussi bien par les joueurs que par les fans de la première heure. En l’état, il est donc difficile de lui trouver de réels défauts… si ce n’est peut-être les cris horripilants d’Ashley, dont on se serait volontiers passés.

 


#5 – Resident Evil 5 (2009)


Aux yeux d’un grand nombre de fans, Resident Evil 5 a été le premier opus à marquer le déclin de la licence après le départ de Shinji Mikami. Reprenant en grande partie les codes de la nouvelle formule instaurée par son aîné, à savoir Resident Evil 4, il opère toutefois deux changements de taille. Tout d’abord dans l’équilibre entre action et horreur, le premier étant désormais prédominant par rapport au second. Puis ensuite dans le fait qu’il introduit pour la première fois une dimension coopérative dans la série. Autant dire que cela entraîne définitivement un changement dans l’approche que l’on a de l’aventure, qui peut parfois mettre à mal l’esprit Resident Evil que Resident Evil 4 avait plus ou moins réussi à maintenir. En parallèle, il continue pourtant d’assurer un suivi relativement intéressant du background, ce qui sera un peu moins le cas de Resident Evil 6 après lui. En dépit du fait qu’on puisse lui reprocher davantage de choses qu’à son prédécesseur, je garde malgré tout un affect particulier pour cet opus, qui fut mon premier. C’est pourquoi il obtient une meilleure place dans ce classement… Un choix que j’assume totalement.

 


#4 – Resident Evil 2 (2019)


Capcom, le maître du remake ? 17 ans après la sortie de Resident Evil, le remake tant apprécié du premier opus du même nom, l’éditeur japonais a renouvelé l’expérience avec un remake du deuxième. Mais cette fois-ci, la formule est différente. Là où le précédent reprenait trait pour trait la configuration et le gameplay du jeu original en y ajoutant des portions supplémentaires, notamment scénaristiques, celui de Resident Evil 2 s’en distingue par son gameplay entièrement revu. Dans le cas présent, pas de retour des plans de caméra fixe comme à l’époque par exemple : la caméra à l’épaule reste de vigueur. Si on pourra éventuellement regretter le manque de réelles nouveautés pour tout ce qui concerne la partie scénaristique – ce qui est dommage tant il y avait matière à faire –, on ne peut en revanche que se réjouir de voir qu’il est toujours possible de faire du neuf avec du vieux. La formule survival-horror, telle qu’elle a été remise au goût du jour, fonctionne à merveille et nous offre ainsi l’une des meilleures expériences horrifiques de ces dernières années. Malgré le temps qui passe, le charme de Resident Evil est toujours capable de faire effet, et ce remake en est la preuve.

> Retrouvez ma critique du jeu

 


#3 – Resident Evil: Code Veronica (2000)


Au début des années 2000, soit tout juste quelques mois après avoir mis un terme à l’arc Raccoon City avec le dénouement de Resident Evil 3, Capcom revenait avec Code: Veronica. Prolongeant l’histoire de Claire Redfield débutée lors du deuxième opus, celui-ci était alors confronté à un défi important : celui de réussir à faire perdurer l’esprit de la franchise dans un cadre totalement inédit. Un défi qui sera relevé haut la main. Sans pour autant bouleverser les mécaniques de gameplay jusqu’alors en vigueur, ce quatrième jeu parvient tout de même à offrir un certain vent de fraîcheur à la série. Et pour cause, tout en étant aussi complet mais bien plus exigeant que les précédents, il va surtout se démarquer grâce à son scénario. Bien que l’histoire de Resident Evil ait toujours eu une présence fondamentale, elle est cette fois-ci largement plus mise en avant, portée par une écriture plus profonde et plus complexe.

Ainsi, avec Code: Veronica, la licence n’avait plus seulement pour objectif d’être une expérience vidéoludique destinée à faire peur aux joueurs. Elle désirait plus que jamais leur raconter une histoire, par-delà le biais de simples documents facultatifs. Cet aspect perdurera dans les jeux suivants, mais il n’atteindra malheureusement jamais un niveau similaire à celui de cet opus.

 


#2 – Resident Evil: Revelations (2012)


À l’origine développé en exclusivité pour la Nintendo 3DS, Resident Evil: Revelations a été porté sur l’ensemble des supports à compter de l’année suivante… Et heureusement ! Depuis le bouleversement de la saga survenu avec Resident Evil 4, il s’agit probablement de l’épisode qui parvient le mieux à mêler les côtés old-school et new-school de la franchise. Il prouve de cette manière qu’il est parfaitement possible de trouver le juste milieu idéal entre horreur et action, tant en termes d’ambiance que de gameplay. La formule n’est pas exempte de défauts mais elle fait déjà plus que largement ses preuves en l’état. Plus encore, à l’image de Code: Veronica avant lui, il se démarque des autres opus grâce à sa narration plus singulière et travaillée. Particularité de ce nouveau spin-off en devenir, l’histoire des différents binômes se retrouvant au cœur de cette nouvelle aventure est découpée en plusieurs chapitres alternant les points de vue et finissant toujours sur une sorte de cliffhanger. Ainsi, à l’instar d’une série TV, on a toujours envie de découvrir la suite et l’on se retrouve captivé de bout en bout. Dommage que son successeur, à savoir Revelations 2, n’ait pas bénéficié du même savoir-faire que celui-ci à ce niveau-là.

 


#1 – Resident Evil (1996)


Il est extrêmement rare que le premier jeu d’une licence soit le meilleur. Généralement, il n’est là que pour poser les bases d’une formule bien plus aboutie à venir. Mais pas dans le cas de Resident Evil. Dès son premier coup d’essai, Capcom a su toucher dans le mille avec un jeu exceptionnel dont la légende demeure aujourd’hui encore. Souvent imité mais jamais égalé, cet épisode a façonné l’avenir du survival-horror par son ambiance, oppressante et fascinante à souhait, mais aussi son gameplay des plus accrocheurs. Arpenter les dangereux couloirs du Manoir Spencer, résoudre des énigmes et découvrir les prémices de multiples expériences bioterroristes amenées à terrasser la population de toute une ville sont autant de moments ayant marqué notre esprit de joueur. De ce fait, il reste et restera probablement à tout jamais l’expérience Resident Evil ultime, magnifiée par la suite grâce à l’excellent remake dont il a bénéficié.

 

Voilà pour ce classement qui, il est toujours bon de le rappeler, est tout à fait personnel. Tout au long de son existence, Resident Evil a évidemment connu des hauts et des bas. Mais personnellement, il n’y a aucun opus que j’ai fondamentalement détesté… excepté peut-être Resident Evil 7, pour les raisons évoquées précédemment. Heureusement, et même s’il est regrettable de devoir passer par un remake pour cela, la sortie de Resident Evil 2 l’an dernier a plus que largement permis de redresser la barre. C’est donc avec la plus grande impatience que j’attends l’arrivée de Resident Evil 3, dont le remake (et la découverte dans mon cas) s’annonce tout aussi excellent. Le rendez-vous est pris pour le 3 avril prochain !

 


Retrouvez également la version vidéo


3 réflexions sur “Top Jeux #1 : Resident Evil

  1. C’est très intéressant d’avoir une rétrospective de la saga de la part d’un grand fan, selon toute vraisemblance. Comme tu le sais sans doute, je n’ai fait (en entier) que le 7 et le RE2 Remake. Mais je suis toutefois familière de la franchise, depuis toujours. Mon frère aîné, par exemple, ne supportait pas de jouer seul aux deux premiers opus, et je devais l’assister. 😀 Tout ça pour dire que c’est une franchise importante pour moi, même si j’ose peu y jouer. (Le pack du 0 et du 1 m’attend encore sagement dans ma pile à jouer). Pour compenser, je lis et regarde pas mal sur le sujet, afin de suivre un peu l’histoire. Capcom semble avoir trouvé l’équilibre entre de nouveaux opus radicalement différents, et une série de remakes qui ne semble pas prête de s’arrêter. Je te comprends parfaitement quand tu souhaites un nouvel épisode, mais dans la lignée des précédents ! Pour en revenir à ton article, il est comme d’habitude très intéressant et pertinent !

    Aimé par 1 personne

    1. Haha, c’est quand même comique que l’aîné demande à la petite sœur de l’assister en jouant à Resident Evil. Normalement ça devrait plutôt être l’inverse ! Mais ces moments de partage fraternels c’est ce qu’il y a de mieux dans l’enfance, je trouve. Ça crée de bons souvenirs.
      En tout cas c’est chouette que tu aies fini par t’y intéresser. J’ai aussi la compilation du 0/1 chez moi, il me reste le 1 à faire car j’ai fait le 0 l’an dernier. Est-ce que tu comptes faire aussi les suivants désormais ? (RE3 Remake et RE8 quand il sortira)

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! 🙂

      Aimé par 1 personne

    2. Dans l’idéal, je ferai effectivement les Resident Evil qui me manquent, un jour ! Ce n’est simplement pas ma priorité, même si j’en ai envie !

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s